Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
ONU. Les réformes envisagées s’annoncent toujours difficiles à la veille du sommet mondial qui s’ouvre à New York, ce mercredi 14 septembre.
Espoirs mesurés

La réforme de l’Onu qui pourrait voir le jour, vendredi prochain, à l’issue d’un des plus grands sommets de l’histoire, risque d’être beaucoup moins ambitieuse que ne l’avait envisagé le secrétaire général, Kofi Annan.

Ce mercredi 14 septembre, le gotha du pouvoir mondial est attendu à New York pour un sommet de trois jours, qui réunira plus de 150 chefs d’Etat ou de gouvernement, destiné en principe à réformer l’Onu et réaffirmer l’engagement de la communauté internationale dans la lutte contre la pauvreté et pour le développement, mais l’ambitieux projet de réforme pour le 60e anniversaire de l’Onu s’est réduit comme « peau de chagrin ». « Entre le texte très ambitieux proposé par le secrétaire général, Kofi Annan, qui a permis de partir sur une base de négociations avec la barre haute, et un texte qui serait insignifiant, de quelques pages, nous allons avoir un juste milieu qui devrait, à mon sens, être satisfaisant », a estimé, optimiste, le président de l’Assemblée générale, le Gabonais Jean Ping. « On aura soit un succès relatif, soit un fiasco total », a dit, plus circonspect, l’ambassadeur des Philippines, Lauro Baja.

Lors d’une réunion de préparation, qui a débuté il y a deux semaines et qui a pris fin dimanche dernier au sein d’un groupe restreint de 12 à 15 membres afin de produire un texte proche de sa version définitive, les diplomates réunis ont fait état de certains progrès, dimanche, mais ont affirmé la difficulté de trouver un accord sur un document final pour le sommet. « Les progrès sont lents, mais il y a des progrès », a déclaré, samedi, l’ambassadeur d’Allemagne à l’Onu, Gunter Pleuger. « On est optimiste, je crois que ça avance », a dit son collègue de l’Ile Maurice, Jagdish Koonjul. Les discussions ont porté essentiellement sur sept grandes questions : développement, terrorisme, responsabilité de protéger les peuples menacés de génocide, non-prolifération, droits de l’homme, consolidation de la paix, et surtout élargissement du Conseil de sécurité, élément phare de la réforme de l’Onu. Selon un diplomate qui a participé à la réunion de préparation, les progrès les plus marquants concernent la question du développement. « Comme c’est le thème qui importe le plus à 80 % des Etats membres, cela nous donne espoir », a-t-il dit sans entrer dans les détails des progrès effectués. « Nous avons toujours des problèmes sur certaines questions majeures, comme le Conseil des droits de l’homme, car il y a une opposition très décidée », a-t-il ajouté. Le remplacement de l’actuelle Commission des droits de l’homme, discréditée par un conseil dont les membres seraient tenus à de stricts critères en la matière, se heurte à l’opposition de nombreux pays du tiers-monde, ainsi que de la Chine et de la Russie. Une autre question difficile, a-t-il poursuivi, est celle de la responsabilité de protéger les peuples menacés de génocide. L’idée est d’autoriser l’action contre les Etats non désireux ou incapables de protéger leurs populations, pour éviter un nouveau Rwanda. Ce concept rencontre l’opposition du groupe des 77.

Le dossier le plus épineux de la réforme s’avère être l’élargissement du Conseil de sécurité, censé permettre à l’Onu d’élargir la présence du tiers-monde. Sa version la plus prometteuse était la proposition déposée en juillet à l’Assemblée générale par le G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) visant à faire passer le Conseil de sécurité de 15 à 25 membres, avec six nouveaux sièges permanents sans droit de veto et quatre non permanents. Selon ce schéma, les nouveaux sièges permanents devaient aller au G4 et à deux pays africains à désigner par l’Union Africaine (UA). Mais les Africains, menés par l’Algérie et l’Egypte, ont insisté pour présenter leur propre projet, prévoyant un Conseil de sécurité de 26 membres, avec six nouveaux sièges permanents dotés du droit de veto, dont deux attribués à des pays africains, et cinq sièges non permanents, dont deux iraient également à l’Afrique. Cette position est considérée comme irréaliste car les cinq permanents actuels (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) refusent de partager le privilège du droit de veto. Selon les experts, l’élargissement du Conseil de sécurité est remis aux calendes grecques et nul ne sait s’il verra le jour. Pessimiste, Kofi Annan a exclu un accord sur ce sujet lors du sommet : « Il n’y aura pas d’accord sur ce point lors du sommet. Les Etats membres ne sont pas prêts à une telle réforme pour le moment », a dit M. Annan, espérant parvenir à un accord « d’ici la fin de l’année ». Tout au long de cette semaine, M. Annan n’a cessé d’exprimer son inquiétude quant à la possibilité de l’échec du sommet. « L’heure tourne. Je suis très inquiet à l’idée, qu’en dépit de quelques signes de progrès, la réforme puisse ne pas être finie à temps », a mis en garde M. Annan, appelant le monde entier à travailler côte à côte pour rendre la planète plus juste, plus libre et plus sûre.

Maha Al-Cherbini
Retour au sommaire
 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631