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Iraq-Syrie. La tension monte entre Bagdad et Damas qui est accusée de soutenir la rébellion armée.

Escalade verbale

La traque aux rebelles continue d’arrache-pied en Iraq, et avec elle l’imputation de la violence aux pays frontaliers. Lundi, les forces américaines ont souligné que les rebelles se sont évaporés de Tall Afar, ville du nord de l’Iraq proche de la Syrie, où l’armée iraqienne soutenue par des troupes américaines mène une offensive de grande envergure. « La nuit a été calme. Rien de significatif à part des tirs contre deux postes de contrôle et l’explosion d’une bombe artisanale », a indiqué le commandant américain Derrick Baxter.

L’armée américaine et le gouvernement iraqien sont persuadés que cette ville est devenue une base pour les combattants étrangers qui s’infiltreraient de Syrie, accusée de ne rien faire pour stopper le flux d’insurgés. Ainsi, le gouvernement iraqien a annoncé la fermeture, à partir de dimanche, d’un poste frontalier avec la Syrie, proche de la ville Tall Afar.

« Le gouvernement a décidé de fermer la frontière avec la Syrie au poste de Rabia, à l’exception des véhicules autorisés par le ministère de l’Intérieur », a annoncé le ministre de l’Intérieur Bayane Baqer Soulagh.

Face à ces accusations, le ministère syrien des Affaires étrangères a réfuté lundi les déclarations du ministre iraqien de la Défense qui a appelé la Syrie à cesser d’exporter la destruction en Iraq en parlant de l’offensive dans la ville de Tall Afar, à la frontière avec ce pays. « La Syrie s’étonne et dénonce avec vigueur ces déclarations qui sont contraires à la réalité », a affirmé une source officielle au ministère des Affaires étrangères, en ajoutant également que les responsables iraqiens savent très bien que la Syrie fait tout son possible pour contrôler la frontière du côté syrien, et que la responsabilité de la sécurité est de l’autre côté de la frontière. Selon la source officielle syrienne, les déclarations iraqiennes « font partie de la campagne de pressions politiques et médiatiques exercées sur la Syrie et visent à couvrir l’échec à assurer la sécurité en Iraq ».

Pour sa part, le premier ministre Ibrahim Jaafari a annoncé que « le gouvernement ne ménagera aucun effort pour faire rétablir l’ordre et préserver l’unité des Iraqiens », a ajouté M. Jaafari, disant espérer nettoyer Tall Afar des éléments terroristes avant le référendum sur le projet de Constitution prévu le 15 octobre, de manière à permettre à ses habitants d’exercer leurs droits politiques.

Côté américain, on prévoit une fin rapide de l’opération lancée à Tall Afar. Ce sera fait avant le 15 septembre, a déclaré dimanche près de Tall Afar, un commandant de l’armée américaine sur le terrain. « Les rebelles ont été isolés dans le quartier Saray dans le sud-est de la ville, et il n’y a plus de zones qu’ils contrôlent. Ils sont soit en fuite soit morts », affirme le commandant. L’armée américaine avait indiqué que « les forces de sécurité iraqiennes, appuyées par les soldats américains ont tué ou capturé près de 200 terroristes durant la semaine passée ».

« Ces forces ont riposté de manière rapide et décisive à des attaques terroristes menées au milieu d’intimidations de la population ». Il a affirmé également que les rebelles et les combattants arabes ont multiplié pendant la semaine les tirs à partir des mosquées, les attentats suicide et ont miné un bâtiment de cette ville de quelque 300 000 habitants.


Multiples menaces

Les groupes extrémistes, avec en tête Al-Qaëda, ont de leur côté multiplié les menaces contre l’Iraq au moment où leurs fiefs, le long de la frontière avec la Syrie, subissent la pression de l’armée iraqienne et de la Force multinationale.

C’est ainsi qu’un groupe lié au réseau terroriste d’Al-Qaëda, le bureau militaire de Jaïch Al-Taïfa al-Mansoura, a menacé d’employer des armes chimiques en riposte à cette offensive, la septième d’ampleur depuis l’ouest rebelle du pays. « Si l’opération ne cesse pas dans les 24 heures, le groupe frappera des objectifs stratégiques et sensibles appartenant aux forces d’occupation et aux forces iraqiennes à Bagdad, à l’aide d’armes non conventionnelles et chimiques », a annoncé le groupe.

Pour sa part, l’armée islamique en Iraq, qui a revendiqué des enlèvements et assassinats d’étrangers, a offert une prime à tout combattant qui tuerait le premier ministre Ibrahim Jaafari, le ministre de l’Intérieur Bayane Baqer Soulagh, et celui de la Défense Saadoun Al-Doulaïmi, pour se venger de cette opération.

Le commandement général de l’armée islamique a également ordonné à tous ses partisans du nord au sud de l’Iraq, de multiplier leurs opérations et d’asséner des coups douloureux aux ennemis pour venger « nos frères sunnites partout (en Iraq) et riposter au génocide perpétré dans la ville de Tall Afar ».

Le chef d’Al-Qaëda en Iraq, Abou-Moussab Al-Zarqaoui, a également fait entendre sa voix après le lancement de l’opération, accusant les forces américaines d’utiliser des gaz mortels contre les habitants de Tall Afar, et appelé ses partisans à se préparer pour la bataille décisive.

Inès Eissa
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