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Les universités privées en question

Ibrahim Soliman
Département des sciences
économiques de l’Université de Zagazig

Nous avons mal compris en Egypte la signification des « universités privées ». Prenons l’exemple des Etats-Unis où l’on trouve des universités publiques et des universités privées. Ceci ne signifie pas que les premières relèvent de l’Etat et que les secondes du secteur privé. Dans ce pays, les universités privées ne sont guère la propriété d’un groupe d’hommes d’affaires visant à réaliser des bénéfices à travers ce genre d’investissement. Mais il s’agit tout simplement d’universités créées et financées par les dons des habitants de la région. Et au cas où ces dons seraient insuffisants, le gouvernement prend part au financement et c’est ainsi que prennent naissance les universités d’Etat.

En Egypte, les plans de développement de l’enseignement universitaire ces deux dernières décennies n’ont pas réussi à saisir cette nuance entre université d’Etat et université privée. Un autre point qu’on n’a pas pu saisir est que dans l’enseignement moderne, il est devenu nécessaire que chaque université ait sa propre identité et sa spécificité qui la distingue des autres universités locale, régionale ou internationale. Cette spécificité nécessite qu’elle ne se concentre pas sur les sciences traditionnelles, mais qu’elle se penche davantage sur les besoins de la société locale, de ses objectifs et de ses orientations. C’est ce que signifie le mot identité que l’on confond en Egypte avec le mot privatisation qui ne vise que le gain, essence même de l’investissement.

Reste à dire que nous avons besoin d’examiner minutieusement l’aspect « identité » des universités égyptiennes à l’époque de la privatisation. Car l’un ne doit pas se faire au détriment de l’autre. Nous avons grandement besoin de créer un lien entre la recherche scientifique effectuée par les universités égyptiennes et les besoins des institutions économiques privées qui profiteront certainement de telles études. Sachant que ces institutions devront en contrepartie financer les recherches scientifiques, offrant ainsi une nouvelle source financière aux universités et contribuant parallèlement à la relance du développement.

D’autre part, d’aucuns pensent que la politique de l’enseignement gratuit en Egypte est un don extraordinaire offert par les gouvernements égyptiens consécutifs tout au long de ces dernières décennies. Ceux-ci doivent comprendre que la gratuité de l’enseignement pré-universitaire n’est guère une invention égyptienne, mais une politique dans les pays d’économie libre et même dans les grands pays capitalistes comme la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, les Etats-Unis et le Canada.

Selon la conception de l’économie libre, l’enseignement pré-universitaire doit être gratuit alors que l’universitaire doit être payant. Conception qui est sans nul doute efficace. Surtout que l’objectif est d’améliorer le niveau de l’enseignement pré-universitaire, tout en créant un enseignement universitaire allant de pair avec le rythme de l’époque.

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