Nous avons mal
compris en Egypte la signification des « universités privées
». Prenons l’exemple des Etats-Unis où l’on trouve des universités
publiques et des universités privées. Ceci ne signifie pas
que les premières relèvent de l’Etat et que les secondes du
secteur privé. Dans ce pays, les universités privées ne sont
guère la propriété d’un groupe d’hommes d’affaires visant
à réaliser des bénéfices à travers ce genre d’investissement.
Mais il s’agit tout simplement d’universités créées et financées
par les dons des habitants de la région. Et au cas où ces
dons seraient insuffisants, le gouvernement prend part au
financement et c’est ainsi que prennent naissance les universités
d’Etat.
En Egypte, les
plans de développement de l’enseignement universitaire ces
deux dernières décennies n’ont pas réussi à saisir cette nuance
entre université d’Etat et université privée. Un autre point
qu’on n’a pas pu saisir est que dans l’enseignement moderne,
il est devenu nécessaire que chaque université ait sa propre
identité et sa spécificité qui la distingue des autres universités
locale, régionale ou internationale. Cette spécificité nécessite
qu’elle ne se concentre pas sur les sciences traditionnelles,
mais qu’elle se penche davantage sur les besoins de la société
locale, de ses objectifs et de ses orientations. C’est ce
que signifie le mot identité que l’on confond en Egypte avec
le mot privatisation qui ne vise que le gain, essence même
de l’investissement.
Reste à dire
que nous avons besoin d’examiner minutieusement l’aspect «
identité » des universités égyptiennes à l’époque de la privatisation.
Car l’un ne doit pas se faire au détriment de l’autre. Nous
avons grandement besoin de créer un lien entre la recherche
scientifique effectuée par les universités égyptiennes et
les besoins des institutions économiques privées qui profiteront
certainement de telles études. Sachant que ces institutions
devront en contrepartie financer les recherches scientifiques,
offrant ainsi une nouvelle source financière aux universités
et contribuant parallèlement à la relance du développement.
D’autre part,
d’aucuns pensent que la politique de l’enseignement gratuit
en Egypte est un don extraordinaire offert par les gouvernements
égyptiens consécutifs tout au long de ces dernières décennies.
Ceux-ci doivent comprendre que la gratuité de l’enseignement
pré-universitaire n’est guère une invention égyptienne, mais
une politique dans les pays d’économie libre et même dans
les grands pays capitalistes comme la Grande-Bretagne, la
France, l’Allemagne, les Etats-Unis et le Canada.
Selon la conception
de l’économie libre, l’enseignement pré-universitaire doit
être gratuit alors que l’universitaire doit être payant. Conception
qui est sans nul doute efficace. Surtout que l’objectif est
d’améliorer le niveau de l’enseignement pré-universitaire,
tout en créant un enseignement universitaire allant de pair
avec le rythme de l’époque.