La
fête est terminée et la reconduction du président Moubarak
à la tête du pays est un fait accompli. Le battage des campagnes
électorales qui se déroulaient sous le contrôle d’une commission
a pris fin sans qu’il ne tienne compte des problèmes des listes
électorales imprécises, ni des détails minutieux des procédures
de vote facilitant à tout électeur l’exercice de son droit.
Au terme de tout cela, on s’est trouvés hésitants et perplexes,
ne sachant trop si nous devons nous féliciter pour les acquis
ou si nous devons dénoncer les irrégularités relevées.
A un moment où
les paroles prennent une dimension exagérée, il devient nécessaire
de reconsidérer les différentes défaillances qui ont entaché
le processus électoral afin d’assurer la régularité des prochaines
élections générales. C’est à ce moment-là seulement que nous
pourrons parler d’« événement important et d’une traversée
historique vers l’avenir ». Une responsabilité qui doit être
partagée par la commission et le ministère de l’Intérieur,
une fois qu’ils auraient écouté les remarques des magistrats
et les rapports des ONG et du Conseil national des droits
de l’homme. Des mesures qui éviteraient non seulement le recours
aux méthodes primitives qui consacrent toutes sortes de falsifications,
mais trouveraient aussi la solution adéquate qui dépendrait
sur les pièces d’identité et les bases modernes d’informations.
Si nous passons
maintenant au fond, c’est-à-dire à l’objectif des élections
présidentielles, qui est le passage à la démocratie, on affiche
notre disposition à patienter pour réaliser de grands acquis.
Il s’agit de mettre un terme au chômage, à la corruption,
de réformer l’enseignement et de vaincre la pauvreté pour
qu’une véritable détente politique et constitutionnelle enracinant
l’espoir voie le jour.
Certains partis
ont boycotté les élections pour des raisons qui passent difficilement
inaperçues et qui relèvent des carences au niveau des amendements
constitutionnels. Il serait bénéfique alors d’entreprendre
des pas dans le sens d’une réforme constitutionnelle globale
en promulguant une nouvelle loi pour les élections par scrutin
de liste enrichissant la vie partisane et mettant un terme
au monopole du parti unique.
Les partis-clés
qui ont soit participé, soit boycotté les élections se trouvent
obligés de réorganiser leurs structures sur des bases démocratiques.
Des rumeurs circulent selon lesquelles les personnes qui ont
orchestré la campagne du président Moubarak se trouveront
à l’avant-garde de tout changement prochain. Un changement
devant impérativement s’opérer au sein du Parti National Démocrate
(PND, au pouvoir) qui doit présenter de nouvelles figures
au peuple qui est fatigué par l’ancienne garde. Notamment
après l’avance réalisée par Aymane Nour.
L’abrogation
de la loi d’urgence et les autres mesures exceptionnelles
s’avèrent être les aspirations primordiales des citoyens à
l’avenir. Citons également la libération des prisonniers et
l’application des verdicts juridiques tout en accordant un
soutien au pouvoir juridique. Il est indispensable de reconsidérer
les élections comme le moyen démocratique adéquat pour sélectionner
les gouverneurs, les conseils municipaux, les universités
et les syndicats. Ainsi, le peuple sera en mesure d’assumer
sa responsabilisé dans la lutte contre la corruption et la
négligence qui causent des catastrophes comme l’incendie terrifiant
du palais de la culture de Béni-Souef.