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Le cinquième mandat

Par Salama A. Salama

La fête est terminée et la reconduction du président Moubarak à la tête du pays est un fait accompli. Le battage des campagnes électorales qui se déroulaient sous le contrôle d’une commission a pris fin sans qu’il ne tienne compte des problèmes des listes électorales imprécises, ni des détails minutieux des procédures de vote facilitant à tout électeur l’exercice de son droit. Au terme de tout cela, on s’est trouvés hésitants et perplexes, ne sachant trop si nous devons nous féliciter pour les acquis ou si nous devons dénoncer les irrégularités relevées.

A un moment où les paroles prennent une dimension exagérée, il devient nécessaire de reconsidérer les différentes défaillances qui ont entaché le processus électoral afin d’assurer la régularité des prochaines élections générales. C’est à ce moment-là seulement que nous pourrons parler d’« événement important et d’une traversée historique vers l’avenir ». Une responsabilité qui doit être partagée par la commission et le ministère de l’Intérieur, une fois qu’ils auraient écouté les remarques des magistrats et les rapports des ONG et du Conseil national des droits de l’homme. Des mesures qui éviteraient non seulement le recours aux méthodes primitives qui consacrent toutes sortes de falsifications, mais trouveraient aussi la solution adéquate qui dépendrait sur les pièces d’identité et les bases modernes d’informations.

Si nous passons maintenant au fond, c’est-à-dire à l’objectif des élections présidentielles, qui est le passage à la démocratie, on affiche notre disposition à patienter pour réaliser de grands acquis. Il s’agit de mettre un terme au chômage, à la corruption, de réformer l’enseignement et de vaincre la pauvreté pour qu’une véritable détente politique et constitutionnelle enracinant l’espoir voie le jour.

Certains partis ont boycotté les élections pour des raisons qui passent difficilement inaperçues et qui relèvent des carences au niveau des amendements constitutionnels. Il serait bénéfique alors d’entreprendre des pas dans le sens d’une réforme constitutionnelle globale en promulguant une nouvelle loi pour les élections par scrutin de liste enrichissant la vie partisane et mettant un terme au monopole du parti unique.

Les partis-clés qui ont soit participé, soit boycotté les élections se trouvent obligés de réorganiser leurs structures sur des bases démocratiques. Des rumeurs circulent selon lesquelles les personnes qui ont orchestré la campagne du président Moubarak se trouveront à l’avant-garde de tout changement prochain. Un changement devant impérativement s’opérer au sein du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) qui doit présenter de nouvelles figures au peuple qui est fatigué par l’ancienne garde. Notamment après l’avance réalisée par Aymane Nour.

L’abrogation de la loi d’urgence et les autres mesures exceptionnelles s’avèrent être les aspirations primordiales des citoyens à l’avenir. Citons également la libération des prisonniers et l’application des verdicts juridiques tout en accordant un soutien au pouvoir juridique. Il est indispensable de reconsidérer les élections comme le moyen démocratique adéquat pour sélectionner les gouverneurs, les conseils municipaux, les universités et les syndicats. Ainsi, le peuple sera en mesure d’assumer sa responsabilisé dans la lutte contre la corruption et la négligence qui causent des catastrophes comme l’incendie terrifiant du palais de la culture de Béni-Souef.

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