Il
semble donc que l’axe des affrontements durant
la période à venir sera entre le PND d’une part,
et les Frères musulmans d’autre part. Chaque
partie essaiera d’attirer les autres forces
en provenance des différentes scènes. Aymane
Nour pourrait avoir un rôle central dans cet
affrontement. En effet, sa performance lui prédit
de jouer un rôle éminent, notamment après l’échec
de Noamane Gomaa de le devancer au premier tour
des élections présidentielles.
Je
ne pense pas qu’il existe une coalition, ni
même un rapprochement entre Aymane Nour et le
PND. En effet, ces deux parties représentent
deux pôles radicalement opposés, notamment en
ce qui concerne leurs positions vis-à-vis de
la diplomatie américaine. Ceci a été clairement
révélé dans les paroles de Nour proclamant que
les prochaines élections seront contre Gamal
Moubarak !
Al-Ahram
a écrit : « Le choix du président de la République
parmi plusieurs candidats est la pierre angulaire
du nouvel édifice démocratique ». Ce qui signifie
que le nouvel édifice démocratique est l’opposé
de l’ancien régime basé sur un seul parti, le
PND. Il existe des conditions pour que la campagne
électorale, présidentielle ou législative, soit
réussie en ce qui concerne le nombre des candidats
ainsi que la période consacrée à la campagne
de chaque candidat. Cette période ne doit être
ni trop courte ni trop longue, juste ce qu’il
faut pour assurer la maturité du dialogue national
afin qu’il atteigne le stade de l’interaction
ou de la polarisation. Je ne pense pas que ce
qui s’est passé jusqu’à présent ait abouti à
la meilleure situation. Au contraire, il a permis
de nombreuses lacunes dont nous devons tirer
des leçons avant la campagne électorale de l’Assemblée
du peuple.
Il
faut d’abord que nous marquions une pause pour
déterminer les aspects positifs et les aspects
négatifs de tout le processus des élections
présidentielles. Il est indispensable d’opérer
une autocritique avant de passer à la prochaine
étape, celle des élections législatives.
Dans
ce contexte, je pense que le Rassemblement Progressiste
Unioniste (RPU) a pris une décision importante
qui a fait l’objet d’un dialogue sérieux, mais
aussi de différends relatifs au boycott des
élections. Cette décision était-elle juste ou
fausse ? Est-elle encore correcte à la lumière
de la réélection du président Moubarak pour
un nouveau mandat avec les résultats officiels
annoncés, des estimations contradictoires de
la part des différents partis d’opposition ?
Se préparer à une révision de décisions importantes
et en vérifier le caractère opportun dans un
contexte très compliqué est une chose vitale
en ce moment délicat. En ce qui me concerne,
je dois reposer cette question : Avais-je raison
ou tort en demandant à Khaled Mohieddine dans
mon article d’Al-Ahram de présenter sa candidature
à la présidence en tant que représentant du
RPU ? Il ne s’agit pas de sa santé ou de son
âge, ni des considérations du règlement du parti
qui impliquaient que je consulte son parti,
voire même sa personne avant de franchir un
tel pas. Puis, quel est le pas suivant ? Quelles
sont les questions qu’il faut soulever pour
poursuivre le processus de réforme avant l’inauguration
de la nouvelle session de l’Assemblée du peuple
? Est-il valable de nous contenter de l’amendement
de l’article 76 de la Constitution ou bien faut-il
considérer la réforme de la Constitution comme
un tout indivisible impliquant l’amendement
d’autres articles, comme l’a signalé le président
Moubarak à plus d’une reprise ?
Il
s’agit d’un mécanisme où il faut poursuivre
les opérations de développement de manière continue
en tant que tout indivisible. S’il est vrai
que le choix du président de la République parmi
plusieurs candidats est la pierre angulaire
du nouvel édifice démocratique, mettre un terme
à l’état d’urgence est la pierre angulaire de
l’instauration du nouveau régime.