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La vie mondaine

Terrorisme . En se référant aux attentats des Etats-Unis, de Madrid et Londres, un de nos lecteurs tunisiens souligne le besoin de lutter d’abord contre les dictatures régionales pour faire valoir la cause arabe et musulmane.

Epargnons les civils occidentaux !

Suite aux événements du 11 septembre, l’Union des écrivains danois a réuni un petit nombre d’intellectuels arabes et occidentaux pour élaborer une prise de position commune et un ouvrage collectif en opposition à la notion de choc des civilisations. Notre dialogue avec nos confrères occidentaux était parfois vif et amer, sans masques ni complaisance. Bref, nous avons exprimé ce que nous avions sur le cœur. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le courage de Jalel Sadok Al-Adhem, qui a reconnu que sa première réaction à l’annonce de la destruction des deux tours du World Trade Center a été de la chamata (terme intraduisible signifiant, à peu près, « bien fait pour eux »). Et qu’il a dû se battre contre lui-même avant de se débarrasser d’un sentiment qu’il était le premier à reconnaître infertile et futile.

Il est certain que c’est ce que ressentent de nombreux Arabes et musulmans en voyant les arrogants pays occidentaux vivre ce que connaissent bien les peuples d’Iraq, de Palestine et d’Afghanistan au milieu du silence et de l’indifférence généralisés. Le monde ne devient sens dessus dessous que quand les victimes sont des civils occidentaux. Soit ! Y a-t-il l’ombre d’un doute qu’il existe un deux poids, deux mesures, un silence sélectif d’un côté et un vacarme assourdissant de l’autre ?

Mais du malheur de qui allons-nous nous réjouir cette fois ? De celui du peuple britannique qui s’est opposé, encore plus que les peuples arabes, à la guerre en Iraq ? Allons-nous exprimer notre chamata vis-à-vis des principes et des règlements qui permettent à des milliers d’Arabes et de musulmans de fuir des dictatures qui occupent militairement et policièrement nos pays, pour se réfugier en Grande-Bretagne ? Et à quoi a servi notre chamata contre le peuple espagnol qui a été, lui aussi, un des peuples européens les plus opposés à la guerre en Iraq et qui a profité d’une élection démocratique pour virer son premier ministre va-t-en guerre ? Quoi dire de l’agression de New York ? Devait-on être content du meurtre de 3 000 civils qui n’ont rien à voir dans les politiques de leur pays, comme si ce qu’ils avaient vécu allait venger la mort de milliers d’Arabes et de musulmans, victimes de ces mêmes politiques américaines.

Si la politique signifie la poursuite de grands objectifs — et pas juste l’accumulation de réactions absurdes ou de vengeances aveugles —, elle doit être jugée sur ses résultats et non pas sur les intentions. En voyant les résultats inéluctables des attentats de Londres — qui sont une poursuite d’actions militaires contre des cibles civiles et en dehors du terrain réel de combat — nous découvrons à quel point ces derniers sont néfastes pour toutes les causes que nous défendons. Premièrement, ils contribueront à renforcer la mauvaise image des Arabes et des musulmans partout dans le monde. Ils compliqueront la vie à ceux qui vivent en Europe ou en Amérique qui seront toujours des suspects en puissance. Ils donneront plus d’échos aux groupes extrémistes en Occident qui haïssent les Arabes et les musulmans et qui pousseront vers la guerre des civilisations, cette grande catastrophe qu’il faut absolument éviter. Ils conforteront les solutions sécuritaires des gouvernements occidentaux. Et conduiront ces dernières à soutenir les dictatures les considérant comme leur dernière ligne de défense, alors qu’elles (les dictatures) sont la cause de la situation épeurante à laquelle nous sommes tous arrivés, Arabes et occidentaux. Ces attentats débiles auront donc servi les pires ennemis de la oumma (la communauté des croyants), en frappant de plein fouet nos meilleurs amis dans les sociétés civiles occidentales et toutes nos chances de casser l’alliance contre-nature entre nos régimes dictatoriaux et les régimes démocratiques. C’est une stratégie sotte qui s’est toujours retournée contre nous comme individus, comme peuples et nations. La vraie lutte est et restera à l’intérieur même de nos pays et pas en dehors. Contre la dictature et non pas contre les civils occidentaux. En utilisant des méthodes pacifiques et non pas des tueries aveugles qui satisfassent certains esprits malades, mais ne changent rien à notre déplorable situation.

Moncef Marzouki, Tunisie.



Remerciements

Nous tenons à vous remercier chaleureusement pour l’article « L’art conjugué au quotidien » publié dans le numéro 568 d’Al-Ahram Hebdo et consacré à l’île de Bein Al-Bahrein, à proximité de Guiza. Cet article a parfaitement décrit l’atmosphère, les questions et les enjeux de l’exposition. Nous ne manquerons pas de le joindre au rapport que nous devons remettre à nos partenaires et à le diffuser auprès de nos amis.

Franziska Matter,Francy Schori, Le Caire.



Adieu la morale !

Il est vrai que nous vivons l’ère de la vitesse. Mais c’est aussi l’ère de l’impatience et de l’irrespect de toute forme de morale. Aujourd’hui, la société a beaucoup changé. La circulation automobile est par exemple devenue un énorme problème : les conducteurs roulent à toute vitesse et profitent de n’importe quelle occasion pour doubler, à l’aide souvent d’insultes ! Les feux rouges ne sont pas respectés, et le code de la route n’en fait jamais suivi. Aussi les moyens de transport publics dans lesquels les jeunes ne cèdent plus leurs places assises aux femmes enceintes ou personnes âgées. Où sont donc passées nos traditions et notre morale ?

Sarah Mohamed Chéhata, Le Caire.



Aux enfants de Palestine

Chaque jour, en lisant la presse, nous voyons des milliers d’enfants palestiniens qui refusent la présence d’ennemis sur leur terre, dans leur pays. Ces enfants sont des héros malgré leur jeune âge. Ils ont choisi de dire non, de mourir chaque jour au lieu d’accepter l’injustice. Peut-être que ce qui s’est passé à Gaza donne à tous les Palestiniens plus d’espoir. Mais ce que je veux dire vraiment, c’est courage à tous nos enfants palestiniens, continuez et n’ayez pas peur !

Ne pleure pas mon oiseau

Je suis là avec toi

Tu peux chanter haut

Si tu penses avec moi

Essaye de sortir de ta cage

Essaye de vivre ton âge

Essaye de sortir à la lumière

Ne pense pas au chasseur

Nous pourrons lui faire face

Avec nos armes et nos pierres.

Si tu te tais

Qu’y a-t-il de pire ?

Que peux tu sentir

Sans ta liberté

On ne peut pas tuer la lune

On ne peut pas t’empêcher de voler.

La vie consiste à chanter

Sans être terrorisé.

Ne pleure pas mon chéri

L’amour est dans nos vies.

Riham El Sayed Moustafa, Le Caire.



Pourquoi cette différence ?

Je suis un ressortissant algérien établi depuis peu en terre égyptienne, pour des raisons professionnelles. Depuis notre arrivée au Caire, ma famille et moi, nous nous sommes sentis membres d’une famille arabe et notre intégration se fait sans heurts particuliers. Nous relevons qu’un système, apparemment non transcrit sur des textes réglementaires ou légaux, gère nos relations avec beaucoup de personnes de différentes sphères de la vie quotidienne. Je vise par là la distinction fondée sur la nationalité (la race) qui sépare le citoyen égyptien de l’étranger (même arabe) quant au paiement de nombreux services parfois vitaux, comme les soins.

Ce n’est un secret pour personne que les médecins, les radiologues et autres praticiens chargés de la santé, dans le secteur privé, font payer 2 à 3, à 4 fois (200 à 400 %) l’étranger plus que le national. Pourquoi cette ségrégation ? En quoi est-elle légale ? En quoi serait-elle morale ? Un médecin, dans le monde, est-il dans l’obligation de connaître la nationalité, voire la race, de son malade avant de l’assister et de le soigner ? En quoi sont différents le traitement et les soins prodigués à un malade parce qu’il est égyptien par rapport à un autre malade ? Où est le serment Hippocrate ? C’est honteux et scandaleux d’agir ainsi.

Un autre exemple : à Zamalek, une école de musique annonce pour la prochaine rentrée des étudiants que le paiement des frais est fixé à 300 L.E. pour les Egyptiens et 1dollars pour les étrangers ! Si ce n’est pas du racisme légalisé, au vu et au su des autorités de l’Etat, dites-moi ce que c’est !

En quoi une école de musique serait-elle autorisée à collecter des devises et à en disposer comme une banque commerciale ? Ne serait-il pas logique de fixer les mêmes montants pour tous les étudiants, sans considération de leurs origines, couleur de peau, nationalité, race ?

L’Etat égyptien en laissant faire ces véreux, ces esclaves du dollar, ces escrocs, devient leur complice. C’est ternir l’image de marque du pays, de son peuple et son Etat, de son prestigieux passé, de sa culture et de sa générosité légendaire, que de croire que l’Egypte ne peut vivre que par le gain et le profit malhonnêtes.

Il est temps de tirer la sonnette d’alarme et d’exiger un minimum d’humanisme et de correction de la part de nombreux Egyptiens dont certains intellectuels, médecins, avocats, enseignants, etc. qui salissent l’image de l’Egypte généreuse et fière.

Nous ne demandons pas un traitement de faveur en tant qu’Arabes, nous ne demandons pas la charité, mais de la considération pour l’être humain que nous sommes tous. Si demain l’Etat égyptien s’engage légalement à prendre en charge une partie des frais des Egyptiens démunis, qu’il le fasse légalement et que cela soit affiché publiquement.

En attendant, nous continuons à faire les frais de l’absurdité égyptienne d’un racisme lattent que l’on ne voit nulle part ailleurs.

K. Abdelnadjid, Le Caire.
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