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La vie mondaine

Rétrospective . Le peintre Fathi Afifi, dont l'œuvre s'apparenterait à une sorte de réalisme fantastique, chante la vie et décrit le monde avec une note d'inquiétude.

Joie et angoisse

25 ans d'art, une exposition à la Salle Ratib Sadeq de l'Atelier du Caire, représente certaines des œuvres qui sont les plus chères à Afifi. Sa « collection », comme il le dit. Des œuvres représentatives d'un artiste qui se situe d'emblée dans un courant à part. C'est surtout son évocation de l'univers du travail qui est quasiment unique. Si son choix est celui de l'art figuratif, il lui donne parfois une touche de fantastique.

Homme de l'usine, défenseur de l'ouvrier, certes. Mais le monde du travail ne manque pas d'être oppressant et parfois chargé d'un silence inquiétant et incompréhensible. Telles les toiles représentant le jour de la paye. Le caissier derrière la vitre, les ouvriers présentés de profil. On ne peut que se sentir opprimé, inquiet et solitaire. L'espoir est dehors. Dans un autre univers même s'il peut relever du tragique tel son Guevara, un de ses héros favoris avec Nasser, représenté en enfant Jésus protégé par la Vierge. Cette dernière semble pleine de vigueur et de tendresse. Elle fait partie de la tradition populaire.

Fathi est bien né à Sayeda Zeinab, quartier où se trouve le mausolée de cette dame patronnesse qui est sans doute l'héritière de tout un cérémonial qui a commencé avec Isis. Ce quartier est d'ailleurs celui de toutes les extravagances, comme il est celui de tous les métiers et les professions. Un tissu urbain qui donne une sorte de joie de vivre et d'évasion Fils de Sayeda Zeinab donc, il en a épousé les différents rites où tout se mêle : fêtes célébrant la vie et l'initiation à celles-ci, circoncision, soboue, zar et même commémorant la mort.

Fasciné par cet univers qui est l'existence même, il cherchera à le peindre. Ses autres héros sont là et reflètent cet esprit : Oum Kalsoum, la diva, représentée comme dans les imageries populaires, avec un parti pris de tendresse. Abdel-Mottaleb, lui, semble être un chanteur forain. La vie populaire. Parfois l'approche est plus ironique. Tel ce grand tableau d'un MacDonald sortant la langue semblant narguer son monde et ajusté sur motifs et ornementations populaires.

Ahmed Loutfi

Fathi Afifi, « 25 ans d'art », jusqu'au 19 septembre, à l'Atelier du Caire. 2, rue Karim Al-Dawla, centre-ville. Tél. : 574 67 30

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