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Athlétisme.
Le Marocain Hicham El-Guerrouj,
double champion olympique des 1 500 et 5 000 mètres, ne
participera pas aux Championnats du monde d’Helsinki.
Les résultats de son équipe risquent d’en être affectés.
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Une absence regrettable
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«
Je ne courrai pas. C’est une décision qui n’a pas été
facile à prendre », a déclaré l’athlète de 30 ans, Hicham
El-Guerrouj, dont la préparation pour les Mondiaux a été
altérée par une angine. Il évoque également la saturation,
puisque depuis dix ans il n’a jamais pris plus de trois
ou quatre semaines de vacances. « J’ai besoin de recul,
de faire un vide total. Car la tête n’y est pas », ajoute
le quadruple champion du monde du 1 500 m, qui aurait
visé à Helsinki une cinquième couronne planétaire consécutive.
« A la fin
du mois de mai, j’étais vraiment très bien, personne ne
pouvait me battre, a-t-il poursuivi. Et puis je suis tombé
malade : un virus, avec angine et fièvre, qui m’a cloué
au lit et m’a obligé à m’arrêter pendant presque dix jours.
Après ça, quand je suis retourné me préparer à Ifrane
(Maroc), la machine était cassée. Physiquement, j’étais
bien, mais mentalement je n’étais plus chaud, je n’avais
simplement plus envie ». Ainsi, pour la première fois
durant ces dix dernières années, Hicham El-Guerrouj s’abstient
de ce rendez-vous biennal d’athlétisme. Sa première participation
remonte à 1995, à l’édition de Goetburg (Suède), au cours
de laquelle il a remporté la médaille d’argent au 1 500
m derrière l’athlète algérien Noureddine Morceli.
Hicham El-Guerrouj
a fait part de son regret pour sa non participation aux
Championnats du monde d’Helsinki : « Je suis triste et
je ressens de l’amertume d’être absent pour la première
fois en dix ans aux Mondiaux ». Malgré ses sentiments
de regret, il est convaincu que sa décision de renoncer
à ces Mondiaux est arrivée au bon moment. « J’ai consenti
d’énormes sacrifices et fait preuve de beaucoup d’abnégation
pour défendre les couleurs nationales depuis ma participation
aux Championnats du monde juniors à Séoul en 1992 au cours
desquels j’ai remporté la médaille de bronze de 5 000
m et je me considérais toujours comme un soldat au service
de sa patrie », a-t-il affirmé.
C’est pourquoi,
le champion du monde et olympique a indiqué avoir décidé
que l’année 2005 serait « une année blanche », « une pause
» relevant qu’il reprendra les entraînements le plus tôt
possible pour la saison prochaine qui débutera par des
meetings en salle. « Je n’ai plus rien à prouver, tout
ce qui viendra sera du bonus. Mais si mon mental est là,
je pourrai encore faire de très belles choses. Et si je
fais 3,28 minutes ou 3,27, pourquoi même ne pas continuer
jusqu’en 2008 ? », souligne le champion olympique.
En fait,
les dix dernières années de la carrière de ce champion
ont été marquées par la réalisation de multiples records
du monde et par la même de nombreux titres, ce qui lui
confère le titre de meilleur athlète de tous les temps
du demi-fond mondial. Hicham El-Guerrouj avait remporté
deux médailles d’or aux Jeux Olympiques (JO) d’Athènes
(1 500 et 5 000 m), une autre de bronze à Sydney (1 500
m), quatre titres mondiaux du 1 500 m et deux médailles
d’argent aux 1 500 et 5 000 m. Il est également détenteur
de cinq records du monde : trois en plein air (1 500,
2 000 et mile) et deux en salle (1 500 et mile). Il avait
remporté deux fois les Championnats du monde en salle
du 1 500 à Barcelone en 1995 et à Paris en 1997 comme
il avait gagné le titre du 3 000 m à Lisbonne en 2001. |
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| Grâce
à ses performances, il a été sacré meilleur athlète mondial
en 2001, 2002 et 2003 et a remporté l’année dernière,
le prix de la meilleure performance en récompense de son
doublé historique à Athènes. Son palmarès ne s’arrête
pas là. Il compte également le Grand Prix en 1998, la
Golden League en 1998, 2001 et 2002, et le Super Grand
Prix d’athlétisme en 2003 (Série mondiale). Il faut rappeler
que la première victoire de Hicham El-Guerrouj avec l’équipe
nationale seniors remonte en 1994, à Littochoro, en Grèce,
lors des Championnats du monde de relais sur route au
cours desquels il a enregistré un record du monde mémorable
(1 h 57 min 56 sec) .
Hicham El-Guerrouj
ne sera cependant pas le seul absent de ces Mondiaux.
Kelly Holmes, la double championne olympique (800 et 1
500 m) a elle aussi déclaré forfait pour les Championnats
du monde en raison d’une blessure au tendon d’Achille.
Sans El-Guerrouj, ce seront le champion du monde du marathon
d’athlétisme de l’édition de Paris 2003, Jaouad Gharib,
et la vice-championne du 800 m aux JO d’Athènes, Hasna
Benhassi, qui conduiront la délégation marocaine participant
aux Mondiaux. Une délégation qui sera au nombre de 26
(19 hommes et 7 dames). Elle comptera entre autres l’ancien
recordman du 3 000 m steeple et médaillé d’or des derniers
Jeux Méditerranéens (JM) d’Almeria, Brahim Boulami, Mohcine
Chehibi, 4e du 800 m aux Olympiades d’Athènes, et Mina
Ait Hammou, 4e du 800 m aux Mondiaux de Paris.
L’équipe
nationale marocaine comprend également le champion du
monde du 10 000 m aux JM, Mohamad Amyn et Hicham Bellani,
médaillé d’argent au 5 000 m lors de la même édition ainsi
que Zhor El Kamch, médaillée d’or du semi-marathon aux
Jeux d’Almeria et record national du marathon, ainsi que
Bouchra Chaâbi, qui disputera le 3 000 m steeple. Et El-Guerrouj
affirme qu’il sera sur place pour les encourager. « Je
serai présent à Helsinki pour soutenir mes collègues qui
disposent d’énormes potentialités. Ils sauront préserver
l’aura et la place de l’athlétisme et du Maroc au cours
de ce grand rendez-vous mondial », a-t-il indiqué, émettant
aussi le vœu que son absence n’affecte pas le rendement
de la sélection nationale. |
Doaa
Badr |
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« J’ai
le potentiel » |
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Médaillé
d’argent à l’épreuve du marteau des Championnats du monde
juniors, Mohsen
Al-Anani sera le seul
athlète égyptien présent à Helsinki.
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Al-Ahram
Hebdo : Que représente pour vous cette participation aux
Mondiaux ?
Mohsen Al-Anani
: Je suis ému. C’est
la première fois que je participe aux Championnats du
monde seniors. Je suis donc très heureux d’avoir l’opportunité
de pouvoir me mesurer aux meilleurs athlètes du monde.
Je sais qu’il faudra avoir l’œil sur les Hongrois, les
Russes et les Biélorusses. Je suis un peu inquiet, car
je voudrais faire bonne figure durant ces Mondiaux. Il
ne faut pas oublier que je suis le vice-champion du monde
juniors de ma discipline. Cette compétition n’est qu’un
début pour moi. Car c’est grâce à mes résultats antérieurs
que je suis là, et je vais me servir de ces Championnats
du monde comme d’une nouvelle étape.
— Comment
avez-vous obtenu votre qualification ?
— Le 22 juillet
dernier, j’ai réalisé le minimum requis par la Fédération
internationale d’athlétisme (IAAF) pour se qualifier pour
les Championnats du monde d’Helsinki. En réalisant un
lancé de 75,31 m lors du Tournoi d’Egypte au Stade du
Caire, j’ai obtenu mon ticket pour Helsinki. Avant le
tournoi, je ne pensais pas du tout être capable de réaliser
une telle performance surtout après ce qui m’est arrivé
cette année …
— Pourriez-vous
éclaircir ce sujet ?
— J’ai eu
des problèmes avec la Fédération égyptienne en début d’année,
car je refusais de m’entraîner avec l’entraîneur de la
sélection nationale, Nagui Assaad. Ce dernier m’avait
persuadé de reporter mes examens afin de me concentrer
sur les Championnats du monde juniors 2004. Mais cette
année, je voulais rattraper mon retard dans les études
et j’ai pris huit matières au premier semestre. Ce qui
a rendu fou Nagui.
S’ajoutent
à cela d’autres problèmes concernant sa personnalité.
C’est pour cela que j’ai décidé en avril dernier de ne
plus m’entraîner avec lui.
— Comment
avez-vous préparé Helsinki ?
— J’ai commencé
ma préparation en avril en disputant les Jeux de solidarité
islamique en Arabie saoudite, où j’ai terminé 4e avec
un lancer de 69,50 m. Puis j’ai participé tout seul et
à mes propres frais au Tournoi de Zeitouna en Tunisie,
où j’ai réalisé 70,50 m. Enfin, j’ai disputé les Jeux
méditerranéens d’Almeria et j’ai terminé 8e avec 69,83
m. Mes performances cette année n’ont pas été excellentes,
mais tout cela est dû aux problèmes que j’ai eus avec
la Fédération égyptienne comme je vous l’expliquais.
— Vous
êtes le seul athlète égyptien présent à ces Mondiaux.
Pourquoi ?
— Il était
prévu que la championne d’Afrique de l’épreuve du marteau,
Marwa Hussein, soit présente après avoir réalisé le minimum
requis par l’IAAF en février dernier. Mais les responsables
de la Fédération égyptienne ont refusé sa participation
en raison de ses mauvais résultats durant les derniers
mois. Bien sûr, il aurait mieux valu que Marwa soit avec
moi à Helsinki. Mais malheureusement je serai seul là-bas.
— Quel
est votre objectif ?
— Mon objectif
principal est d’acquérir de l’expérience en côtoyant les
meilleurs athlètes du monde. Je suis bien conscient que
l’atmosphère des Mondiaux est totalement différente des
autres compétitions. Si j’arrive à réaliser mon propre
record, j’aurai une chance de me qualifier pour la finale
du marteau. Ce qui sera un exploit pour l’athlétisme égyptien.
Mais franchement, je considère cette compétition comme
une étape de préparation en vue de mon principal objectif,
à savoir les Jeux olympiques 2008.
— En athlétisme,
l’Egypte n’a jamais réalisé de bonnes performances à des
JO, pensez-vous être capable de changer cela ?
— Pourquoi
pas ? Je pense que j’ai le potentiel pour y arriver, mais
à une seule condition : bénéficier davantage d’attention
de la part de la Fédération égyptienne. Pour avoir un
bon niveau, je dois disputer au minimum cinq tournois
internationaux d’un niveau élevé en suivant rigoureusement
l’entraînement, avec un bon entraîneur. De plus, j’ai
besoin d’avoir un statut professionnel. |
Doaa
Badr |
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