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Liban . Les festivals d’été sont l’une des caractéristiques du pays du Cèdre. Parmi les plus célèbres figure celui de l’ancienne ville de Byblos. Des spectacles avec des stars étrangères et locales sont organisés au cours de cette manifestation. Visite dans ce site touristique dont le festival commence le 22 juillet et se termine le 19 août prochain.

Une cité antique qui vit toujours

Byblos,
De notre envoyée spéciale —
A près de 40 km de Beyrouth, gît une des plus anciennes cités du monde : Byblos. Elle s’appelle aussi Jbeil. Un nom qui veut dire « poterie » en phénicien. Cette appellation décrit parfaitement ce site touristique gigantesque, archaïque, mystérieusement beau au point de ressembler à une pièce de poterie fabriquée à merveille par les mains d’un artisan talentueux. Le nom de Jbeil serait également dérivé de la contraction de deux mots « Jeb », qui veut dire puits ou source et « El », dieu le père, dans la triade adorée par les Phéniciens et les Cananéens. Encore une nomination qui reflète à fond l’esprit de cette région d’une ambiance légendaire.

Byblos est aussi connue pour être la ville des lettres. Les Phéniciens y ont effectivement développé un nouveau système d’écriture, à savoir l’alphabet phonétique. L’une des plus anciennes inscriptions utilisant cet alphabet est celle gravée sur le sarcophage du roi Ahiram de Byblos.

Ce site touristique exceptionnel situé au bord de la mer attire touristes et habitants locaux. Les premiers ne pouvant se permettre de rater une tournée dans la cité des lettres, et les deuxièmes, notamment les jeunes amoureux, sachant que c’est le lieu idéal pour passer une soirée romantique.

L’histoire de Byblos a commencé il y a plus de 7 000 ans. Elle est née lorsque des pêcheurs ont construit leurs cabanes au bord de la mer. Ce n’était alors qu’un petit village qui plus tard, aux alentours de 3000 av. J.-C., s’agrandit et connaît un épanouissement économique important grâce à son commerce avec l’Egypte. Byblos exportait le bois d’œuvre de ses montagnes, qui servait aux pharaons pour leurs constructions navales, et importait des objets en or et en albâtre, des rouleaux de papyrus et des tissus de lin. Ces relations commerciales ont réussi à créer de puissants liens culturels avec l’Egypte Ancienne.

Au cours de ces 7 000 ans d’histoire, Byblos est envahie à plusieurs reprises. D’abord, par les Amorrites, peuples de la mer, ensuite par les Perses. Mais c’est Alexandre le Grand qui fut le premier conquérant à laisser des traces sur cette ville antique. A l’époque romaine, Byblos change complètement de peau. Elle connaît désormais les temples, les thermes et les édifices publics. Au cours des deux époques, byzantine puis arabe, l’importance de Byblos ternit. D’ailleurs, la ville porte très peu de vestiges de ces deux époques. Ce n’est que pendant les Croisades que la ville retrouve son importance. On y construit une église — Saint Jean-Marc — , une citadelle et des remparts. A l’époque ottomane, Byblos tombe dans l’oubli. Même ses habitants la désertent. Elle revit grâce à des fouilles archéologiques débutées en 1860. Aujourd’hui, Jbeil est une ville qui déborde de vie, nuit et jour.

Pour arriver au site, le visiteur traverse une ville d’un style exceptionnel comparé au reste du pays. En fait, une fois à Jbeil, on se trouve noyé dans une ambiance des plus antiques. On oublie les bâtiments, les magasins et les restaurants modernes que l’on peut rencontrer un peu partout au Liban.


Une randonnée à pied

La voiture peut sûrement faire le tour du site, même dans les ruelles les plus étroites. Pourtant, le visiteur avisé doit se garer et faire la tournée à pied afin de déguster la beauté du site. La première chose à voir est le vieux port. Comme toutes les villes côtières phénico-cananéennes, Jbeil possédait deux ports, l’un situé au nord, l’autre au sud. C’est ce premier qui existe encore. Niché dans une petite baie, on peut toujours y voir de petits bateaux de pêche très typiques qui viennent ajouter de la profondeur à ce paysage qui donne l’impression qu’on a fait un voyage dans le temps.

A partir du port, on peut apercevoir la citadelle de Byblos. L’emplacement de ce château était occupé par une fortification plus ancienne datant de l’époque fatimide. La citadelle est aujourd’hui connue également sous le nom de Château des croisés. Car, les croisés y ont construit au début du XXe siècle une puissante forteresse composée d’un donjon central, d’une cour et d’une enceinte formée de quatre tours d’angle et enfin d’une cinquième tour construite au milieu du mur nord et destinée à mieux assurer la défense de l’entrée. L’ensemble était entouré d’un fossé. Les archéologues affirment que les croisés ont utilisé des matériaux arrachés à des monuments plus anciens dans la construction de la forteresse. En entrant dans la citadelle, on peut voir un rempart et un glacis qui datent des IIIe et IIe millénaires av. J.-C. Ces remparts montrent plusieurs étapes de construction et de réfection au cours de cette longue période de l’histoire de la ville. Le glacis construit en gros blocs remonte à l’époque des Hyksos.

Egalement à partir du port, le visiteur peut se diriger vers la gauche pour visiter l’ancien souk qui s’est développé en dehors de l’enceinte médiévale. C’est là donc que l’on peut s’acheter des souvenirs traditionnels faits par des artisans qui maintiennent vivantes jusqu’à nos jours certaines traditions. A l’intérieur de la citadelle se trouve également le musée de Byblos. Fondé en 2002, il regroupe les fouilles archéologiques du site.

La visite du souk implique aussi que le visiteur jouisse de la vue des maisons de l’époque pré-urbaine qui date de la fin du IVe millénaire. Ces maisons très anciennes, dont les murs sont en pierre, font aujourd’hui rêver beaucoup de Libanais au goût très raffiné. Mais les maisons classiques ne sont pas la seule chose qui caractérise cet endroit féerique. Il est très normal qu’en passant, les yeux du visiteur tombent sur des maisonnettes toujours construites en pierre où vivent les pêcheurs. Souvent, les portes de ces maisons humbles sont ouvertes et on peut apercevoir à travers elles les pêcheurs et leurs enfants assis, en train de regarder la télé ou même d’observer curieusement les passants.

Un peu plus vers le fond, on peut visiter la très fameuse église Saint Jean-Marc. Située en dehors du site archéologique de Byblos, elle a été construite au début du XIIIe siècle par les croisés selon l’art roman simple. Elle a été détruite par un tremblement de terre puis sa façade sud a été reconstruite. Selon les architectes, une copie identique de cette église se trouvait à Beyrouth et a été transformée en mosquée. La simple présence dans cette église en pierre, très simple et très traditionnelle, donne au visiteur un sentiment de recueillement.


Multiples témoins

Il est aussi impossible de dire qu’on a visité Byblos sans avoir vu la mosquée, le théâtre romain et les temples. La mosquée à coupole simple, austère et petite, a été construite par l’émir Youssef Chéhab, au XVIIe siècle. Son minaret octogonal perpétue une tradition orientale vieille de plusieurs siècles. Le théâtre romain, qui date de l’an 218 de notre ère n’est pas du tout à rater. Même si ses deux tiers manquent aujourd’hui. Ce théâtre se trouvait à l’origine entre la porte de la ville et les deux temples superposés. Il fut reconstruit à son emplacement actuel près du rivage. Les galets noirs qui ornent son estrade remplacent de nos jours une mosaïque exposée au musée national de Beyrouth. De petites niches à colonnes ornent le mur de scène et lui donnent toute son originalité.

Trois temples sont caractéristiques de la ville de Byblos : le temple en L, celui aux obélisques et celui de Baalat Gebal. Le premier doit son nom à la forme de son plan et date du IIIe millénaire. Jadis consacré à une divinité indéterminée, il est formé d’un ensemble de pièces et de cours desservant un sanctuaire composé de trois cellas. Détruit par les Amorrites, il a été reconstruit plus tard selon un plan différent pour donner un temple où devaient trôner des obélisques. Le temple aux obélisques, lui, était construit à l’origine à la placedu temple en L. Mais il a été déplacé par les archéologues qui voulaient poursuivre leurs fouilles. Il se compose d’un sanctuaire entouré d’une cour et d’un couloir. La cour est garnie de petits obélisques, dont certains ne dépassent pas 25 cm. Ces obélisques étaient des offrandes au dieu Reshef. A cet endroit furent trouvés des objets comptant parmi les plus précieux découverts à Byblos. Le dernier temple à visiter est celui de Baalat Gebal. Ce dernier date de 2700 av. J.-C. Construit à l’origine en l’honneur de la dame de Byblos à l’époque où la ville avait d’étroites relations avec l’Egypte, il fut reconstruit à plusieurs reprises. Il est resté en usage pendant deux millénaires jusqu’à l’époque romaine où il fut remodelé selon le goût de l’époque.

Quand on a terminé la visite de Byblos, on découvre qu’on a tourné en rond. En fait, après avoir fait la tournée, on se retrouve facilement au parc de l’ancien port.

Yolande Youssef
 
 

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