Je
commencerai mes propos en abordant rapidement et brièvement
la question du blé. Bien que cette affaire soit différente
de celle des insecticides, les deux sont le résultat de tentatives
délibérées de masquer la vérité.
Une
des accusations lancées contre la politique agricole en Egypte
au cours des années 1982-2004 est d’avoir négligé la culture
du blé et abandonné la politique visant à augmenter l’autosuffisance
en la matière. A ceux qui tiennent ces propos, je dirai qu’il
n’y a de réponse plus éloquente que le communiqué publié récemment
par le ministère de l’Agriculture sur cette question. Il s’agit
du communiqué du président de la Compagnie nationale pour
le blé dans lequel il a précisé que la surface cultivée en
blé est passée de 1,3 million de feddans en 1983 à 2,5 millions
en 2003. Le volume de la production a évolué de 2,06 millions
de tonnes à 6,8 millions au cours de la même période. Selon
ce même communiqué, la productivité du feddan est passée de
9 boisseaux à 18,5, ce qui a conduit à l’augmentation du taux
d’autosuffisance de 20 % à 55 % au cours de cette même période.
Ces chiffres prouvent que le ministère a réussi dans ce domaine
malgré la croissance démographique et l’augmentation de la
consommation moyenne par individu.
Concernant
la question des insecticides qui a été abordée massivement
par les médias ces derniers temps, j’ai préféré garder le
silence jusqu’à ce que les procédures judiciaires prennent
fin. J’ai témoigné devant le tribunal et présenté des documents
certifiés par l’Agence américaine pour la protection de l’environnement
(EPA). Ceux-ci montrent que tous les insecticides mentionnés
dans le procès sont enregistrés dans les pays d’origine et
qu’ils sont utilisés aux Etats-Unis, le pays qui obéit le
plus aux normes d’utilisation de ces produits. J’ai présenté
également le livret de recommandations techniques publié par
le ministère en 2001, élaboré par 31 professeurs, experts
et spécialistes et qui montre que tous les insecticides mentionnés
dans le procès sont autorisés. Cela, outre une copie officielle
du procès-verbal de la réunion de la commission des insecticides
qui confirme la salubrité de tous ces insecticides. Mais les
médias ont abordé l’affaire d’une manière sans précédent.
Il y avait certes ceux qui étaient pleins de bonnes intentions
mais il y avait aussi ceux qui ne l’étaient pas. Cette rumeur
a eu un impact négatif sur l’opinion publique qui a été finalement
submergée par les mensonges. Le porte-parole de la Commission
européenne a déclaré il y a quelques jours que les exportations
agricoles égyptiennes vers les pays de l’Union européenne
n’ont jamais témoigné de la présence de résidus d’insecticides
prohibés. Est-il logique que l’Europe importe des produits
agricoles de pays qui utilisent des insecticides dangereux
pour la santé ?
Il
faut premièrement reconnaître une vérité importante : le fait
de diminuer au maximum l’utilisation des composés chimiques
dans la production agricole, malgré leur nécessité pour la
protection du produit, est un objectif auquel aspirent tous
ceux qui travaillent dans le domaine de l’agriculture partout
dans le monde.
L’OMS
publie toujours des documents comportant les listes d’insecticides
jugés dangereux et interdits. Ces listes sont disponibles
sur Internet et on peut s’y référer pour s’assurer que l’Egypte
n’en a utilisé aucun au cours de la période 1982-2004. Bien
plus, lorsque l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation
et l’agriculture a pris une décision interdisant l’utilisation
de certains insecticides chimiques, on a découvert que l’Egypte
les avait déjà interdits 20 ans plus tôt.
Deuxièmement,
de 1982 à 2004, le ministère de l’Agriculture a toujours disposé
d’un organisme spécialisé pour la supervision de l’utilisation
des insecticides même si son nom a changé à plusieurs reprises.
Par exemple, en 1999, le département chargé de répertorier
les insecticides au ministère de l’Agriculture s’est substitué
à l’ancienne commission des insecticides. Cette mesure avait
pour but d’assurer davantage de contrôle sur le processus
d’enregistrement des insecticides et non le contraire comme
on veut le faire croire.
D’autre
part, le ministère a tenu à fournir aux parties qui utilisent
des insecticides ayant un mode d’emploi particulier, toutes
les informations nécessaires afin que ceux-ci soient utilisés
de manière sûre. Ce qui fait qu’aucun cas d’intoxication dû
à ces insecticides n’a été détecté durant ces 23 dernières
années.
Troisièmement,
le ministère a pris la décision d’interdire définitivement
l’utilisation des avions arroseurs et ce, depuis le début
des années 1990. Il a mis au point des espèces de plantes
qui résistent aux fléaux sans que le recours aux insecticides
soit nécessaire. Des décisions ministérielles ont été prises
aussi pour interdire l’usage des insecticides chimiques dans
les projets du sud de la vallée qui constituent un noyau de
la production agricole sans composés chimiques. On a également
créé un laboratoire central pour l’agriculture biologique
au Centre des recherches agricoles englobant toutes les activités
du ministère dans ce domaine. En juin 2004, nous nous sommes
procuré un appareil qui permet d’analyser les impuretés dans
les insecticides, un bon ajout aux mesures prises pour s’assurer
de la salubrité du produit mais qui n’a pas été mis en fonction
jusqu’à présent.
Grâce
à toutes ces mesures, la quantité des insecticides utilisés
en Egypte a diminué pour passer progressivement de 28 841
tonnes en 1981 à 4 151 tonnes en 2003. Les attaques et les
critiques actuelles sont donc mal fondées vu la valeur des
exportations agricoles qui a augmenté dix fois par rapport
à 1982 pour atteindre actuellement environ 5,5 milliards de
L.E.