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Attentats
de charm al-cheikh . L’enquête piétine toujours et même
si la police privilégie l’existence de liens entre cette dernière
affaire et celle de Taba, l’incertitude continue de régner.
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En
plein tâtonnement |
Charm
Al-Cheikh,
De
notre envoyée spéciale —
Deux
semaines après les trois explosions du 23 juillet qui ont
fait 67 morts et 102 blessés, les forces de sécurité n’ont
pas encore réussi à en identifier les auteurs. Mais si, selon
le ministre de l’Intérieur Habib Al-Adeli, ces attentats sont
liés à ceux de Taba qui ont eu lieu en octobre dernier, rien
ne le prouve jusqu’à présent. « Les déclarations du ministre
de l’Intérieur sont basées sur les aveux de deux accusés arrêtés
après les attentats de Taba », explique une source haut placée
au ministère de l’Intérieur. Cette même source ajoute que
les deux accusés ont avoué que leur objectif initial était
Charm Al-Cheikh et que face aux mesures de sécurité très sévères
dans cette station balnéaire, ils avaient modifié leur plan.
Les
experts affirment que la communauté bédouine d’où sont issus
les auteurs de Taba, est très fermée et tout étranger y est
très vite détecté. Selon cette théorie, les auteurs de l’attentat
doivent être parmi les bédouins. Les partisans de cette théorie
affirment qu’il est aussi impossible d’avoir apporté tous
les explosifs utilisés dans l’attentat de l’extérieur de la
région. Les bédouins seraient ainsi à nouveau accusés d’avoir
pris les explosifs utilisés dans les mines avoisinantes ou
des résidus de guerres. Toujours selon cette théorie, les
bédouins sont les seuls à connaître les chemins des montagnes
pour fuir rapidement. Certains experts sont même allés jusqu’à
présumer que Mohamad Saleh Féleifel, accusé dans l’attentat
de Taba qui a réussi à s’enfuir et qui a été tué lundi par
la police (voir sous-encadré), a participé à l’opération de
Charm Al-Cheikh.
Pour
le général Raouf Al-Ménawi, ancien président du département
des médias et des relations publiques au ministère de l’Intérieur,
il existe sûrement une relation entre le groupe de Taba et
celui de Charm Al-Cheikh. « Les deux groupes ont les mêmes
idées. Ils sont sûrement liés d’une façon ou d’une autre.
Mais en même temps, il est impossible qu’ils utilisent une
personne recherchée par la police pour perpétrer leur deuxième
attentat », affirme Al-Ménawi. De son côté, un responsable
au Parquet de la Sûreté de l’Etat estime que Féleifel est
probablement derrière les attentats de Charm Al-Cheikh : «
A mon avis, ce qui a aidé Féleifel à se déplacer librement
sans être arrêté, c’est la communauté bédouine dont les mœurs
et les coutumes interdisent de dénoncer un des leurs ». D’autre
part, des sociologues affirment que les attentats de Charm
Al-Cheikh ne sont qu’une réplique violente aux arrestations
massives de bédouins à la suite des attentats de Taba, et
à la torture de leurs proches. Ils expliquent que les bédouins
ont une mentalité bornée, et donc ils ne renonceront à leur
vengeance.
Quels
que soient les auteurs de l’attentat, les forces de sécurité
sont déployées dans toute la ville. La police fait des rafles
non seulement pour arrêter les accusés dans les attentats
terroristes mais aussi les trafiquants de drogue et d’armes
et ceux qui aident les gens à partir en Israël. Des caméras
ont été installées dans les rues et les places sont contrôlées
à partir du poste policier de Charm Al-Cheikh. Sans compter
que les forces de sécurité sont désormais équipées d’appareils
sophistiqués de détection d’explosifs. Des chiens entraînés
à la lutte contre le terrorisme ont aussi été amenés de l’étranger.
Toutes ces mesures ont été prises à la suite du changement
du directeur de la police du Sud-Sinaï après les attentats.
Car des sources informées affirment que les attentats de Charm
Al-Cheikh sont dus aux négligences de l’ancienne équipe, laquelle
avait reçu une alerte quatre jours avant l’attaque.
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| Chérine
Abdel-Azim |
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Saleh
Féleifel
abattu par la police |
Mohamad
Saleh Féleifel, l’accusé en fuite, soupçonné d’avoir joué un
rôle dans les attentats de Taba et de Noweiba (deux stations
balnéaires sur la mer Rouge) qui ont eu lieu le 7 octobre 2004
faisant 34 morts et 105 blessés, a été tué lundi après des accrochages
avec la police. Un communiqué du ministère de l’Intérieur a
affirmé que les forces de l’ordre se sont dirigées vers les
montagnes Ataqa, sur la route Le Caire-Suez, après avoir été
informées de la présence dans cette région d’un individu suspect.
A la suite d’échanges de tirs, la police a découvert que la
personne tuée n’était autre que Féleifel. L’accusé était accompagné
de sa femme qui a été blessée lors des accrochages.
Les
attentats de Taba auraient été perpétrés par 9 personnes. Ayad
Saleh, un Palestinien, soupçonné d’être l’instigateur des attentats,
a été tué dans l’explosion. Saleh a été aidé par 8 Egyptiens,
dont Hamdane Salam Salem, propriétaire d’un camp de vacances
dans le Sinaï qui a donné des renseignements à ses complices
sur deux autres camps de vacances visés par les attentats, Mohamad
Ahmad Al-Souirki qui travaillait dans le trafic des voitures
volées, Ihab Mahmoud Eid, électricien résidant à Al-Arich, a
préparé une des voitures piégées et Mohamad Sabbah Hussein,
propriétaire d’un atelier de réparation d’appareils électriques
à Nakhl sur la route de Taba. Féleifel faisait donc partie des
deux autres Egyptiens en fuite.
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