Aymane Nour : Chef du parti libéral
Al-Ghad. Né au Caire le 10 janvier 1964, il est avocat
et journaliste de carrière notamment au quotidien de
l’opposition Al-Wafd. A la suite de plusieurs confrontations
avec les chefs du parti néo-Wafd, suivies de quelques
scandales de falsifications et de plagiat, Nour a été
viré avant de rejoindre le corps de la magistrature.
En 1995 puis encore une fois en 2000, il a été élu député
au Parlement. Fin 2004, il fonde son parti Al-Ghad qui
fut accepté par le régime, alors que toutes les autres
demandes ont été rejetées. Aujourd’hui, il est poursuivi
en justice pour falsification de procurations nécessaires
à la création du parti. Nour est en outre vu comme étant
le candidat des Américains qui plaident pour sa cause
auprès du gouvernement. Il fait de la lutte contre la
corruption le pilier de son programme électoral. C’est
le seul candidat jusqu’à présent qui a appelé à un débat
télévisé en direct avec le président Moubarak.
Talaat Al-Sadate : Neveu du président
Anouar Al-Sadate, il se dit le président du parti disputé
Al-Ahrar. Talaat Al-Sadate est avocat à la Cour de cassation
et à la Cour constitutionnelle et député au Parlement.
Il préside un comité fondé en 1983 qui a pour but d’immortaliser
la mémoire de son oncle. Il a aussi présidé le conseil
administratif d’une association agricole en 1985 et
d’un centre sportif en 1986. Il n’a joint Al-Ahrar qu’en
1995. Al-Sadate affirme que c’est uniquement au profit
des pauvres qu’il se présente aux élections et que c’est
sur leur demande qu’il a postulé. Il a promis une fois
élu président de la République qu’il détruirait toutes
les prisons du pays et procéderait à la libération des
40 000 détenus sans raison précise.
Wahid Al-Oqsori : Chef du parti
Misr Al-Arabi (socialiste). Il est né en 1953. Militaire
de carrière, il ne lui était pas permis de participer
aux activités politiques. En 1995, il a été désigné
secrétaire général du parti et l’an dernier il est devenu
président du parti. Son programme électoral se base
sur ce qu’il appelle la formation de l’homme. Cela exige,
selon lui, l’enracinement de la démocratie et des valeurs
patriotiques, religieuses et nationales. Socialiste,
il veut aussi éliminer les différences entre les classes
sociales et augmenter le revenu des citoyens. Il recherche
un retour au secteur public qui a disparu au profit
de la privatisation. Comme l’indique le nom de son parti,
Al-Oqsori rêve d’une unité arabe et il va jusqu’à demander
la création d’un ministère de l’Union arabe.
Réfaat Al-Agroudi : Agé de 63
ans et président du parti Al-Wifaq al-qawmi (Entente
nationale), il veut réaliser le maximum d’échanges économiques
entre les Etats arabes. Il a aussi déclaré son soutien
à la Ligue arabe. Son programme se base également sur
la lutte contre la corruption et la hausse des prix.
Il veut mettre un terme à la privatisation.
Ahmad Al-Guébali : Agé de 45 ans,
journaliste et président du Parti Al-Chaab al-démocrati
(peuple démocratique), il a décidé de se présenter à
ces élections juste pour assurer au peuple égyptien
son plat quotidien de foul (fèves).
Fawzi Ghazal : Né en 1932 à Ménoufiya,
il est l’auteur d’une thèse en mathématiques. Il a commencé
ses activités politiques avant la Révolution avec la
fondation d’une organisation dite de la presse et il
a créé aussi le Front national pour la lutte contre
la colonisation. Son programme électoral se concentre
sur la participation totale de tous les citoyens au
pouvoir, la séparation de la police et de la sécurité
nationale du ministère de l’Intérieur pour qu’elles
dépendent directement du président de la République
aussi bien que l’indépendance des médias. Il vise aussi
à modifier la répartition administrative des gouvernorats
pour que chacun dispose d’un lopin de terre agricole,
une partie du désert et une partie du Nil ou de la mer
Rouge ou de la Méditerranée. Il propose ensuite une
redistribution des citoyens sur ces nouvelles provinces.
Ahmad Al-Sabbahi : Dénommé cheikh
Ahmad, il est le chef du parti Al-Omma depuis 22 ans.
Il a écrit 25 livres sur la religion et l’astrologie.
Il a participé aux élections de l’Assemblée du peuple
en 1983 et obtenu 1 000 voix. Al-Sabbahi a été ensuite
nommé par le président Moubarak comme membre de la Chambre
basse pour 15 ans successifs. Il a été la victime d’un
attentat manqué en 1993 au Syndicat des enseignants.
Au sein du parti, il distribuait aux nouveaux membres
des outils de rasage ! Une façon selon lui de trouver
une solution au problème du chômage. Ce candidat affirme
que sa présentation à la présidentielle n’est que pour
exprimer son admiration et son soutien pour le président
Moubarak. Il porte souvent une cravate avec la photo
du raïs. Son programme électoral n’est en aucun cas
différent de celui de Moubarak.
Mamdouh Al-Qénawi : Né à Sohag
en Haute-Egypte. En 1958, il commence ses activités
d’avocat, mais bien avant la Révolution de Juillet 1952,
il adhère au parti Misr al-echtéraki, dont l’activité
politique a été gelée depuis 1953 jusqu’à 1978. Il a
participé ensuite avec Ibrahim Choukri à la fondation
du parti du Travail. Il fut élu en 1984 député à l’Assemblée
du peuple puis en 1989 il fut élu membre du Conseil
consultatif. A 70 ans, il propose un programme de dix
points dont les plus importants seraient d’établir une
nouvelle Constitution. Il veut également annuler la
loi sur l’état d’urgence.
Ossama Chaltout : Agé de 66 ans,
président du parti Al-Takafol. Il a fait ses études
à l’Académie militaire, a été officier pendant plusieurs
années et s’est illustré pendant la guerre d’octobre
en détruisant des objectifs ennemis à l’aide de missiles
sol-sol. Ensuite, il a fait des études de commerce.
Aujourd’hui, il est professeur à la faculté de commerce
de Béni-Souef. Membre du Conseil consultatif, son programme
électoral s’intéresse à deux problèmes fondamentaux
: le chômage auquel il se donne un an pour y mettre
fin et la politique extérieure avec en tête la question
palestinienne.
Helmi Salem : Agé de 64 ans, se
dit également chef du parti Al-Ahrar. Il était employé
au ministère des Affaires sociales. S’intéressant à
la question du terrorisme, il a présenté trente émissions
sur ce sujet. Il a participé à la résistance populaire
de 1956. Apparu en 1976, son parti est l’un des plus
anciens. Salem est le successeur de Moustapha Kamel
Mourad, un des Officiers libres et fondateur du parti.
Selon Salem, cette élection est une chance offerte aux
partis, notamment « les petits » parce qu’ils sont dispensés
cette fois-ci de toutes les conditions et donc il ne
faut pas la rater. Lutter contre le terrorisme et faire
du diune monnaie arabe unique, deux points qui forment
les idées de son programme électoral.
Ibrahim Tork : Né à Alexandrie
en 1957, il a fait des études de commerce. Il a occupé
le poste de directeur financier à la Banque Delta, et
aujourd’hui il est homme d’affaires, propriétaire d’une
usine de vêtements. Tork ne s’est intéressé aux questions
politiques que récemment. Chef du parti Al-Ittihad al-démocrati
(l’Union démocratique), son programme se base surtout
sur la réforme économique qui, selon lui, mènera à la
réforme politique. Il appelle au retour à la décision
57 de l’année 1952 qui stipule que les terres agricoles
devraient appartenir aux paysans qui la cultivent et
non pas aux propriétaires. L’éducation occupe aussi
une partie de son programme, il insiste sur la gratuité
de l’enseignement. L’université serait pourtant payante
tout en développant l’enseignement artisanal.