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Présidentielles. Chefs de partis politiques et indépendants se sont précipités vers le bureau du Haut Comité des élections pour déposer leur candidature à l’élection présidentielle. Des personnalités qui ne manquent pas de surprendre et qui ne disposent d’ailleurs d’aucune chance de succès. Profils.

Des candidats de tous bords

Noamane Gomaa : Président du parti néo-Wafd, il est le seul chef d’un parti politique aussi important à décider de prendre part aux prochaines élections présidentielles. Né à Ménoufiya, dans la même province du président Moubarak, il a également étudié dans la même école que le chef de l’Etat. Mais Gomaa, avec ses 70 ans, est un peu plus jeune. Il a fait des études de droit et préparé une thèse en France. Toute sa carrière politique s’est déroulée dans son actuel parti fondé en 1919. C’est lui qui a d’ailleurs recréé ce parti en 1978 après 25 ans d’interruption d’activités. Sous-secrétaire puis vice-président, il est désigné président du néo-Wafd en 2000, après la mort de Fouad Séragueddine. Son programme n’est autre que celui de son parti : réforme politique avec amendement de la Constitution, annulation de l’état d’urgence, réforme des listes électorales en sont les priorités. Il dit savoir d’avance l’issue de l’élection mais pense qu’il faut tout de même profiter de l’occasion offerte pour entrer dans la course. Sa désignation a été faite à la suite d’une réunion du haut comité du Wafd. Trente membres ont voté pour sa participation aux élections présidentielles et 10 ont voté contre, dont lui.

Aymane Nour : Chef du parti libéral Al-Ghad. Né au Caire le 10 janvier 1964, il est avocat et journaliste de carrière notamment au quotidien de l’opposition Al-Wafd. A la suite de plusieurs confrontations avec les chefs du parti néo-Wafd, suivies de quelques scandales de falsifications et de plagiat, Nour a été viré avant de rejoindre le corps de la magistrature. En 1995 puis encore une fois en 2000, il a été élu député au Parlement. Fin 2004, il fonde son parti Al-Ghad qui fut accepté par le régime, alors que toutes les autres demandes ont été rejetées. Aujourd’hui, il est poursuivi en justice pour falsification de procurations nécessaires à la création du parti. Nour est en outre vu comme étant le candidat des Américains qui plaident pour sa cause auprès du gouvernement. Il fait de la lutte contre la corruption le pilier de son programme électoral. C’est le seul candidat jusqu’à présent qui a appelé à un débat télévisé en direct avec le président Moubarak.

Talaat Al-Sadate : Neveu du président Anouar Al-Sadate, il se dit le président du parti disputé Al-Ahrar. Talaat Al-Sadate est avocat à la Cour de cassation et à la Cour constitutionnelle et député au Parlement. Il préside un comité fondé en 1983 qui a pour but d’immortaliser la mémoire de son oncle. Il a aussi présidé le conseil administratif d’une association agricole en 1985 et d’un centre sportif en 1986. Il n’a joint Al-Ahrar qu’en 1995. Al-Sadate affirme que c’est uniquement au profit des pauvres qu’il se présente aux élections et que c’est sur leur demande qu’il a postulé. Il a promis une fois élu président de la République qu’il détruirait toutes les prisons du pays et procéderait à la libération des 40 000 détenus sans raison précise.

Wahid Al-Oqsori : Chef du parti Misr Al-Arabi (socialiste). Il est né en 1953. Militaire de carrière, il ne lui était pas permis de participer aux activités politiques. En 1995, il a été désigné secrétaire général du parti et l’an dernier il est devenu président du parti. Son programme électoral se base sur ce qu’il appelle la formation de l’homme. Cela exige, selon lui, l’enracinement de la démocratie et des valeurs patriotiques, religieuses et nationales. Socialiste, il veut aussi éliminer les différences entre les classes sociales et augmenter le revenu des citoyens. Il recherche un retour au secteur public qui a disparu au profit de la privatisation. Comme l’indique le nom de son parti, Al-Oqsori rêve d’une unité arabe et il va jusqu’à demander la création d’un ministère de l’Union arabe.

Réfaat Al-Agroudi : Agé de 63 ans et président du parti Al-Wifaq al-qawmi (Entente nationale), il veut réaliser le maximum d’échanges économiques entre les Etats arabes. Il a aussi déclaré son soutien à la Ligue arabe. Son programme se base également sur la lutte contre la corruption et la hausse des prix. Il veut mettre un terme à la privatisation.

Ahmad Al-Guébali : Agé de 45 ans, journaliste et président du Parti Al-Chaab al-démocrati (peuple démocratique), il a décidé de se présenter à ces élections juste pour assurer au peuple égyptien son plat quotidien de foul (fèves).

Fawzi Ghazal : Né en 1932 à Ménoufiya, il est l’auteur d’une thèse en mathématiques. Il a commencé ses activités politiques avant la Révolution avec la fondation d’une organisation dite de la presse et il a créé aussi le Front national pour la lutte contre la colonisation. Son programme électoral se concentre sur la participation totale de tous les citoyens au pouvoir, la séparation de la police et de la sécurité nationale du ministère de l’Intérieur pour qu’elles dépendent directement du président de la République aussi bien que l’indépendance des médias. Il vise aussi à modifier la répartition administrative des gouvernorats pour que chacun dispose d’un lopin de terre agricole, une partie du désert et une partie du Nil ou de la mer Rouge ou de la Méditerranée. Il propose ensuite une redistribution des citoyens sur ces nouvelles provinces.

Ahmad Al-Sabbahi : Dénommé cheikh Ahmad, il est le chef du parti Al-Omma depuis 22 ans. Il a écrit 25 livres sur la religion et l’astrologie. Il a participé aux élections de l’Assemblée du peuple en 1983 et obtenu 1 000 voix. Al-Sabbahi a été ensuite nommé par le président Moubarak comme membre de la Chambre basse pour 15 ans successifs. Il a été la victime d’un attentat manqué en 1993 au Syndicat des enseignants. Au sein du parti, il distribuait aux nouveaux membres des outils de rasage ! Une façon selon lui de trouver une solution au problème du chômage. Ce candidat affirme que sa présentation à la présidentielle n’est que pour exprimer son admiration et son soutien pour le président Moubarak. Il porte souvent une cravate avec la photo du raïs. Son programme électoral n’est en aucun cas différent de celui de Moubarak.

Mamdouh Al-Qénawi : Né à Sohag en Haute-Egypte. En 1958, il commence ses activités d’avocat, mais bien avant la Révolution de Juillet 1952, il adhère au parti Misr al-echtéraki, dont l’activité politique a été gelée depuis 1953 jusqu’à 1978. Il a participé ensuite avec Ibrahim Choukri à la fondation du parti du Travail. Il fut élu en 1984 député à l’Assemblée du peuple puis en 1989 il fut élu membre du Conseil consultatif. A 70 ans, il propose un programme de dix points dont les plus importants seraient d’établir une nouvelle Constitution. Il veut également annuler la loi sur l’état d’urgence.

Ossama Chaltout : Agé de 66 ans, président du parti Al-Takafol. Il a fait ses études à l’Académie militaire, a été officier pendant plusieurs années et s’est illustré pendant la guerre d’octobre en détruisant des objectifs ennemis à l’aide de missiles sol-sol. Ensuite, il a fait des études de commerce. Aujourd’hui, il est professeur à la faculté de commerce de Béni-Souef. Membre du Conseil consultatif, son programme électoral s’intéresse à deux problèmes fondamentaux : le chômage auquel il se donne un an pour y mettre fin et la politique extérieure avec en tête la question palestinienne.

Helmi Salem : Agé de 64 ans, se dit également chef du parti Al-Ahrar. Il était employé au ministère des Affaires sociales. S’intéressant à la question du terrorisme, il a présenté trente émissions sur ce sujet. Il a participé à la résistance populaire de 1956. Apparu en 1976, son parti est l’un des plus anciens. Salem est le successeur de Moustapha Kamel Mourad, un des Officiers libres et fondateur du parti. Selon Salem, cette élection est une chance offerte aux partis, notamment « les petits » parce qu’ils sont dispensés cette fois-ci de toutes les conditions et donc il ne faut pas la rater. Lutter contre le terrorisme et faire du diune monnaie arabe unique, deux points qui forment les idées de son programme électoral.

Ibrahim Tork : Né à Alexandrie en 1957, il a fait des études de commerce. Il a occupé le poste de directeur financier à la Banque Delta, et aujourd’hui il est homme d’affaires, propriétaire d’une usine de vêtements. Tork ne s’est intéressé aux questions politiques que récemment. Chef du parti Al-Ittihad al-démocrati (l’Union démocratique), son programme se base surtout sur la réforme économique qui, selon lui, mènera à la réforme politique. Il appelle au retour à la décision 57 de l’année 1952 qui stipule que les terres agricoles devraient appartenir aux paysans qui la cultivent et non pas aux propriétaires. L’éducation occupe aussi une partie de son programme, il insiste sur la gratuité de l’enseignement. L’université serait pourtant payante tout en développant l’enseignement artisanal.

Chaïmaa Abdel-Hamid
Aliaa Al-Korachi

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Des illustres ... inconnus

Fathi Moustapha Al-Khatib : Architecte de 62 ans. Il ne veut évoquer son programme qu’à la télé lors de l’émission très populaire Al-Beit beitak.

Abdel-Méguid Al-Qénawi : Conseiller juridique et garde séquestre. Il affirme que son programme vise à soutenir le pouvoir et l’indépendance juridique et à faire face à la hausse des prix, au chômage, au crime, à la drogue, et à l’extrémisme.

Mohamad Al-Sawi : 65 ans. Il se dit célèbre comme « le loup blanc ». Il veut devenir président pour interdire aux femmes d’apparaître à la télé afin d’éviter de séduire les jeunes.

Abdel-Monsif Ismaïl : Ancien conseiller administratif à l’Organisme des comptes. Il refuse d’afficher ses intentions et se contente de déclarer que sa valise est pleine de secrets et qu’il a des solutions à tous les maux de l’Egypte.

Mohamad Moussa : 42 ans, paysan d’Ismaïliya et propriétaire de 5 feddans. Il n’a pas obtenu son bac. La veille du dépôt des candidatures, il a rêvé du numéro 117, qui est le numéro de l’immeuble où se trouve le Haut Comité des élections. Il décide alors de se présenter.

Al-Sayed Abdel-Moneim Noun : Professeur de philosophie à la retraite. Il affirme que l’Etat a besoin de se refaire une mentalité.

Hitler Sayed Abou-Seada : Il se dit savant et expert en cosmologie et se fait déjà appeler « le prochain président de la République ». Il pense avoir la qualité innée d’un chef. Selon lui, il a pu échapper à 5 condamnations à mort et a aussi modifié la loi de la relativité générale d’Albert Einstein. Il aurait déjà reçu trois propositions de prix Nobel qu’il a toutes refusées.

 
 

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