| « Les
candidats s’approchent », « Les élections entre participation
et boycott », « Les Nassériens boycottent cette farce
d’élections », « Le candidat Hosni Moubarak promet une
nouvelle Constitution », a titré la presse nationale cette
presse. Au pouvoir depuis un quart de siècle, le président
Moubarak a annoncé qu’il briguerait un cinquième mandat
lors du scrutin du 7 septembre prochain, le premier en
Egypte au suffrage universel et multipartisme.
Cette annonce
a été l’occasion pour les analystes de faire le point
sur la candidature de Moubarak, alors que d’autres discutent
de la participation ou du boycott de l’élection par l’opposition.
« Le candidat
Moubarak », titre la couverture du magazine hebdomadaire
Rose Al-Youssef, qui consacre une dizaine de pages au
sujet. « Le président que nous voulons », titre Karam
Gaber dans Rose Al-Youssef, qui le définit comme « le
protecteur de la sécurité du pays et des citoyens. Celui
que nous voulons est celui qui poursuivra la construction
d’une Egypte démocratique forte, afin qu’elle devienne
un modèle dans la région. Nous optons pour une Egypte
qui ouvrira la porte au transfert du pouvoir ».
« A ceux
qui savent encore penser », titre Mohamad Ali Ibrahim
dans son éditorial du quotidien Al-Gomhouriya, dans lequel
il rafraîchit la mémoire de « ceux qui prétendent que
la réforme politique en Egypte s’est faite trop vite sous
l’emprise de l’amendement de l’article 76 de la Constitution
». « La réalité est qu’à l’approche des élections présidentielles,
des indépendants et des opposants tentent par tous les
moyens de mettre dans la tête des gens de fausses idées.
Il s’agit de convaincre faussement les citoyens que la
réforme politique a commencé en février, alors que la
réforme est au sein du PND depuis cinq ans », explique
Mohamad Ali Ibrahim.
Sur la question
du boycott, Chérif Al-Abd, dans Al-Ahram, reproche aux
partis d’opposition de « commettre à travers le boycott
des élections une grosse erreur dont ils pourront mesurer
la gravité très prochainement ». Certains analystes, comme
Soliman Goda, dans Al-Masri Al-Yom, reconnaît qu’« il
n’y a pas de problèmes à ce que le président Moubarak
annonce sa volonté d’annuler l’état d’urgence, ou d’élargir
les droits des partis d’opposition, ou encore de permettre
à l’Assemblée d’exercer un rôle de supervision sur l’action
du gouvernement. Le vrai problème est celui de ceux qui
vont résister avec force à l’application de ces volontés
de la part du président Moubarak. Car il y a toujours
ceux autour du président qui veulent que les choses restent
telles qu’elles sont afin de les conforter dans leurs
postes ». Alors qu’Ibrahim Eissa refuse catégoriquement
dans l’hebdomadaire Sawt Al-Omma : « La thèse selon laquelle
ce sont ceux qui entourent le président qui sont seuls
responsables de l’état d’urgence », dit-il. « Pourquoi
donc appeler au boycott des élections présidentielles
? », s’interroge l’éditorialiste Abdallah Al-Sennawi dans
l’hebdomadaire Al-Arabi. « On dira que c’est une occasion
unique pour l’opposition pour avoir un rôle dans les premières
élections présidentielles dans l’histoire politique égyptienne.
Mais en fait, ces élections ressemblent plus à un décor,
et la participation à ces élections serait comme une trahison
des citoyens », ajoute Al-Sennawi sur un ton très sévère.
« De toute
évidence, la première de ces élections est que chacun
pourra demander des comptes au président sur les promesses
faites », écrit Mohamad Al-Chébeh, dans Nahdet Misr. |