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Syrie-liban . Le premier chef de gouvernement libanais de l’après-retrait syrien, Fouad Siniora, a effectué dimanche une visite à Damas. Objectif : améliorer les relations tendues entre les deux pays.

Prémices d’un réchauffement

Beyrouth et Damas se sont engagés à assainir leurs relations, qui se sont gravement détériorées depuis le retrait forcé des troupes syriennes du Liban, à l’occasion de la visite dimanche en Syrie du premier ministre libanais, Fouad Siniora. Ce dernier a examiné avec son homologue syrien, Mohammad Naji Otri, et avec le président Bachar Al-Assad les récents problèmes surgis entre les deux pays. « Nous nous sommes engagés à construire des relations syro-libanaises basées sur le respect mutuel (...), à faire prévaloir l’intérêt commun sur toute autre considération », ont affirmé MM. Otri et Siniora dans un communiqué commun. Siniora a également affirmé que le gouvernement libanais veut renforcer les relations bilatérales en réactivant les commissions syro-libanaises dans le but de régler tous les problèmes en suspens.

Toutefois, le blocus imposé depuis plus d’un mois par Damas au transit de marchandises libanaises vers les pays arabes figure parmi les problèmes en suspens. M. Siniora, dont c’est la première visite en Syrie en tant que chef de gouvernement, a émis l’espoir après son entretien avec M. Otri qu’une « solution rapide sera trouvée » à ce sujet.

En se rendant à Damas par route, M. Siniora a passé en revue les files de plus de mille camions paralysés à la frontière en raison du blocus. Les deux responsables ont annoncé lors d’une conférence de presse que le blocus qui asphyxiait l’économie libanaise allait être levé, sans fixer de date. « La circulation des marchandises et des personnes va être facilitée à travers les points de passage terrestres libanais et syriens », ont affirmé les deux premiers ministres libanais et syrien.

De son côté, le premier ministre syrien Otri a souligné que « tous les sujets d’intérêt entre la Syrie et le Liban ont été examinés ainsi que les mécanismes adéquats visant à éliminer tous les obstacles empêchant leur développement ». Il a précisé que « les commissions de la défense, de la sécurité, des affaires étrangères et économique vont être activées ». Outre la question du blocus, celle des disparus libanais et syriens a été évoquée. Un dossier qui n’avait jamais officiellement été ouvert dans le passé. La création d’une commission commune chargée d’éclaircir le sort des disparus a été décidée. Le gouvernement syrien doit faire part notamment à Fouad Siniora des « requêtes des familles » de 795 Syriens portés disparus au Liban, alors que des familles libanaises réclament depuis des années, sans succès, qu’elles soient fixées sur le sort de leurs proches « emprisonnés » en Syrie. La visite de Siniora intervient après plusieurs mois de tension dans les relations entre le Liban et la Syrie. Cette dernière a été montrée du doigt dans l’assassinat de Hariri, un de ses principaux alliés, qui était devenu hostile à la tutelle qu’elle exerçait depuis la fin de la guerre du Liban (1975-1990). Le premier ministre libanais Fouad Siniora est à la tête d’un gouvernement de 24 ministres appuyé par une majorité parlementaire qui réclame des relations « d’égal à égal » avec la Syrie.

Ingy Al-Qadi

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