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Festival de la musique arabe . Alors qu’il est habituellement organisé en hiver, l’édition de cette année aura lieu en pleine saison estivale à Alexandrie, du 6 au 12 août, au théâtre Sayed Darwich. Présentation.

A l’heure d’été

C’est une première. La ville d’Alexandrie organise une version estivale du Festival de la musique arabe. L’idée est née lors de la conférence de presse tenue au Caire à l’occasion de la 13e et dernière édition du festival, l’an dernier. Il y a en effet été proposée la tenue d’une version estivale 2005, au théâtre Sayed Darwich. L’idée est aussi le fruit d’une sollicitation d’un public alexandrin, mélomane et grand amateur de musique arabe. Dotée d’une riche histoire en la matière, la ville d’Alexandrie a vu naître des musiciens mythiques tels Abd Al-Hamouli, Sayed Darwich et Salama Hégazi. Elle reste d’ailleurs le berceau de grands talents musicaux. Du coup, la direction du festival a tenu à ce que la version estivale porte un cachet purement alexandrin. D’abord, elle rendra hommage au compositeur alexandrin Mahmoud Al-Chérif, décédé dans les années 1990 et dont le répertoire compte plus de 800 chansons. « Ce compositeur alexandrin mérite vraiment d’être à l’honneur. Il n’a pas eu la même chance que son maître Sayed Darwich, reconnu comme étant le père de la musique égyptienne contemporaine », souligne Ratiba Al-Hefni, secrétaire générale du festival. Ainsi, une soirée spéciale sera dédiée à Mahmoud Al-Chérif, le 7 août, avec la participation de deux belles voix alexandrines qui interpréteront ses compositions, à savoir Marwa Nagui et Hamdi Hachem. « On m’a demandé de chanter les œuvres de Mahmoud Al-Chérif que j’admire énormément. D’ailleurs, le public connaît ses chansons par cœur. Cependant, on ignore qu’il en était le compositeur », dit Marwa Nagui qui chantera Ya Attarine dellouni (Prêtez-moi conseil, les herboristes) et Otlob Eïni (Demandez mes yeux). « Ce festival est une bonne occasion pour rendre hommage aux pionniers qui ont bouleversé le mouvement musical en Egypte et dans le monde arabe », précise Hamdi Hachem qui chantera Bahr al-hawa (La Mer de l’amour), Wala ya wala, Baïe al-hawa (Vendeur d’amour).

Pour la cérémonie d’ouverture, le 6 août, le patrimoine alexandrin sera passé en revue, à travers une mise en scène de Gihane Morsi. Des contes anciens narrés par les comédiens Mohamad Wafiq et Samira Abdel-Aziz feront le lien entre les diverses chansons évoquant l’itinéraire des grands musiciens alexandrins à partir de la fin du XIXe siècle. Citons-en : Salama Hégazi, Kamel Al-Kholaï, Sayed Darwich et Salah Al-Charnoubi. Douze concerts seront au menu, avec la participation de 11 chanteurs. Mohamad Sarwat se produira le 7 août, Ahmad Ibrahim et Afaf Radi, le 10, Mohamad Al-Helw le 11, et enfin, May Farouk et Medhat Saleh, le 12. Ces chanteurs seront accompagnés par trois troupes différentes de musique arabe : celle d’Abdel-Halim Noweira, la Troupe nationale de la musique arabe et la troupe de l’Opéra d’Alexandrie. Au-delà du thème alexandrin, le festival consacre également des soirées à des chanteurs phares de la musique arabe, comme Mohamad Abdel-Mottaleb, vedettes de la chanson populaire des années 1940 et 50. L’invité d’honneur du festival, le Marocain Fouad Zabadi, en est d’ailleurs un spécialiste. Il animera le 9 août une soirée de chant où il interprétera bon nombre d’œuvres du style Abdel-Mottaleb.

En dépit de son budget limité, ce festival tente de satisfaire tous les goûts. C’est pourquoi des jeunes et des moins jeunes seront à l’affiche. De quoi soulever parfois des contestations comme c’est le cas pour la participation de Khaled Sélim, le 11 août. Etant l’une des stars incontestées des vidéoclips très à la mode en ce moment, il s’agit pour lui de prouver qu’il est capable de chanter des œuvres classiques, dont l’interprétation est difficile. Une ambition que soutient Ratiba Al-Hefni, à l’origine de sa venue. Une autre soirée sera exclusivement consacrée au pianiste et compositeur de renom, Omar Khaïrat, qui devrait réunir de même une audience jeune, éprise de ses œuvres semi-classiques.

Enfin deux colloques spécialisés se tiendront en marge du festival, abordant les problèmes actuels de la musique arabe. Ils se dérouleront respectivement les 7 et 9 août et auront pour thèmes La Chanson arabe dans les médias arabes et La Chanson dramatique arabe.

Névine Lameï

 

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