| Un
homme prévenu en vaut deux. Quatre ans après le lancement de
ses premières obligations en dollars sur le marché international,
le gouvernement a eu recours la semaine dernière et une fois
de plus à ce genre d'endettement extérieur. La somme rapportée
par ces titres sera majoritairement allouée au ministère du
Pétrole. C’est pourquoi on leur a donné le nom d'« obligations
pétrolières ». L'émission en Bourse de New York la semaine dernière
a été couverte presque trois fois, soit 4,3 milliards de dollars,
bien que le montant désiré soit de 1,5 milliard de dollars.
Mais
l'expérience amère des premières obligations émises en 2001
a assombri l'événement. Plusieurs indicateurs ont néanmoins
démontré que le gouvernement avait évité ses erreurs du passé.
Tout d'abord, l'époque choisie pour le lancement est favorable.
Elle ne peut même être meilleure, selon une source du ministère
du Pétrole. Car ce dernier a profité de l’envolée des cours
du pétrole sur le marché international. Il a également choisi
de garantir ces obligations par des contrats à terme de vente
en dollars de brut avec des multinationales présentes en Egypte.
« Le brut enregistre des cours records avec presque 60 dollars
par baril », explique une source du ministère qui a requis l'anonymat.
Elle ajoute que le gouvernement Nazif a réussi à créer un climat
de confiance auprès des institutions financières internationales,
car il entreprend des réformes rigoureuses longuement revendiquées
par des institutions comme la Banque mondiale.
Le
taux d'intérêt sur les obligations est aussi favorable. Le ministère
du Pétrole a en effet lancé ces obligations en trois tranches.
La première à un taux d'intérêt de 4,6 %, la deuxième à un taux
de 4,3 %. L'année d'échéance de ces tranches est 2010. Quant
au taux d'intérêt de la troisième, il s'élève à 5,2 %, pour
une échéance fixée à 2011. « Le ministère du Pétrole a voulu
donner plus de choix aux investisseurs étrangers », explique
le ministre du Pétrole, Sameh Fahmi, dans un communiqué de presse.
Une stratégie réussie puisque, comme le note Ahmad Esmat, analyste
des obligations à la banque d'investissement EFG-Hermes, « la
troisième tranche était la plus demandée par les institutions
financières étrangères et les investisseurs parce que son taux
d'intérêt est relativement plus élevé. De même, les prix de
l'ensemble des obligations égyptiennes étaient inférieurs à
ceux des autres obligations offertes sur le marché international
».
En
réalité, ces taux d'intérêt sont considérablement inférieurs
à ceux des deux tranches d'obligations émises en 2001, qui sont
de 7,6 % et 8,7 %. Dans le temps, le gouvernement égyptien avait
obéi à la demande d'un nombre restreint d'investisseurs privés
qui désiraient emprunter sur le marché international. Et l'opération
devient moins coûteuse quand le gouvernement est déjà présent
sur le marché. Ismaïl Hassan, ancien gouverneur de la Banque
Centrale d'Egypte, se défend : « Rien n'est gratuit. Nous avons
dû payer le prix pour nous introduire sur le marché international.
Ce prix était d'assumer un taux d'intérêt élevé, afin d'attirer
les investisseurs ». Hassan avoue pourtant que cela « a fait
porter au gouvernement un lourd fardeau. Malheureusement, l'émission
des obligations de 2001 n'a pas servi à l'économie égyptienne
».
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Pire
encore, le gouvernement n'avait aucune idée préalable du mode
d'investissement de ces sommes en 2001. « Une partie de l’argent
emprunté provenant de ces obligations a été consacrée à l’achat
de bons du Trésor américains à un taux d'intérêt de 8,75 %,
afin de profiter de la différence de taux », a-t-il souligné.
A l'inverse, cette fois, le gouvernement semble avoir une vision
plus précise. Le ministre du Pétrole a déclaré qu'une partie
des obligations pétrolières sera consacrée au financement public
des projets de découverte de gaz naturel et de pétrole. La source
au ministère a assuré que d'après les études de faisabilité
de ces projets, le ministère du Pétrole gagnera dans cette transaction
car les revenus annuels moyens de ces projets s'élèvent à plus
de 20 %. « C'est un taux élevé qui dépasse de loin le fardeau
des taux d'intérêt des obligations », dit-elle.
Mais
il semble que le ministère des Finances tirera aussi profit
de l'émission de ces obligations. « Une partie de la somme empruntée
servira aussi à remplacer une partie de la dette intérieure
exorbitante. Le taux d'intérêt de cette dernière étant beaucoup
plus élevé », souligne la source du ministère du Pétrole.
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