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Palestine
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Malgré le prochain retrait
israélien de Gaza, la relance de l’économie est compromise.
Le besoin, entre autres, d’investissements étrangers est
considérable. Eclaircissements. |
La
richesse reportée |
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Gaza,
De notre envoyé spécial —
Interrogé
sur son objectif essentiel, le président palestinien Mahmoud
Abbass (Abou-Mazen) répondait toujours : assurer le gagne-pain
et la sécurité des Palestiniens, tout en protégeant leurs
propriétés. Ce qui est difficile à réaliser sous le joug
de l’occupation israélienne s’emparant des territoires
palestiniens ainsi que l’énorme destruction ayant accablé
l’économie palestinienne tout au long des années de l’Intifada
actuelle déclenchée en septembre 2000. Et aujourd’hui,
les Palestiniens attendent le retrait israélien de Gaza
et de la Cisjordanie prévu pour la mi-août. Ce grand événement
était censé être une lueur d’espoir en un avenir plus
prospère. Mais paradoxalement, un sentiment de déception
et de pessimisme s’est installé chez les Palestiniens.
Et ce puisqu’Israël n’a jusqu’à présent offert aucune
garantie selon laquelle le retrait sera global et transparent
conformément à la Feuille de route qui se réfère aux lignes
de 1967. Plus encore, aucune réponse n’a été donnée concernant
le passage de Rafah, unique voie terrestre entre Gaza
et le monde extérieur, et s’il sera sous contrôle international
ou bien conjoint entre les Israéliens et les Palestiniens.
D’autres questions restent toutefois en suspens : à savoir
la situation des autres passages de la Cisjordanie, la
construction du port et de l’aéroport de Gaza et la liaison
entre la Cisjordanie et Gaza après le retrait. Dans un
colloque tenu à Ramallah sur l’avenir de l’économie palestinienne
après le retrait de Gaza et du nord de la Cisjordanie,
Nickolas Kraft, membre de la Banque mondiale et assistant
de James Wolfenson représentant du Quartette (Etats-Unis,
Union européenne, Russie et Onu) chargé du suivi du dossier
du retrait, a exclu la possibilité d’une activation de
l’économie palestinienne après le retrait. Et ce, si les
garanties de la circulation des marchandises, individus
et des investissements entre la Cisjordanie et Gaza ne
sont pas assurées. Plus encore, Kraft a avoué que les
Israéliens se focalisent, dans leur rencontre avec Wolfenson,
sur la dimension sécuritaire et non pas sur les moyens
de développer l’économie palestinienne. Pour le ministre
palestinien de l’Economie, Mazen Sonkrat, le refus d’Israël
de donner des réponses précises concernant son plan est
« une tentative de saper les efforts de l’Autorité de
gérer Gaza après le retrait ».
Partant,
nul n’aborde le sujet de l’investissement, et les responsables
palestiniens n’ont jusqu’à présent pas dévoilé ouvertement
comment ils seront introduits dans ces colonies. Toutefois,
des sources palestiniennes non officielles parlent de
projets conjoints auxquels contribueront des hommes d’affaires
palestiniens, des Européens et des Israéliens. Projets
touristiques et immobiliers qui seront financés par la
BM et instaurés dans ces colonies. Il est à noter que
la bande de Gaza en général manque de ressources naturelles
et dépend dans ses activités économiques sur les services,
une activité agricole limitée et la main-d’œuvre travaillant
avant l’Intifada en Israël. De plus, la densité élevée
de la population et le nombre d’habitants s’élevant à
plus de 1,5 million qui vivent actuellement sur une superficie
de 365 km2. Bref, Gaza figure parmi les régions palestiniennes
les plus pauvres et parmi les régions les plus pauvres
du monde.
Le
ministère palestinien de l’Economie a, pour sa part, élaboré
un plan pour l’activation de la situation économique à
Gaza après le retrait incluant 13 objectifs stratégiques
visant essentiellement à lutter contre la pauvreté et
le chômage. « Le gouvernement palestinien est prêt à mettre
en exécution des projets économiques dans toute région
de laquelle se retirent les Israéliens », a-t-il annoncé.
Mais un effort de la part de l’Autorité palestinienne
seule n’aboutira pas à grand-chose, ce que le ministre
ne manque pas de mentionner : « Il faut reconnaître que
l’aboutissement d’un projet économique quel qu’il soit
est lié à l’élimination des obstacles semés par Israël.
Or, ceci nécessite une intervention de la part de la communauté
internationale avec en tête le Quartette et la Banque
mondiale, afin d’imposer des politiques rigoureuses sur
la partie israélienne pour mettre un terme aux mesures
oppressives imposées à la vie palestinienne », poursuit
Mazen Sonkrat qui, pour donner espoir, remarque qu’il
existe une harmonie entre l’Autorité palestinienne et
les pays donateurs en ce qui concerne un nombre de questions
économiques à même de relancer l’économie palestinienne
: instauration du port à Gaza ainsi qu’un passage la liant
à la Cisjordanie, poursuite des subventions de l’Autorité,
etc.
Mais
dans la réalité, rien ne porte à l’optimisme. A vrai dire,
le rapport de l’Organisme général palestinien pour les
informations, qui est de fait une institution officielle,
note que le nombre de chômeurs dans les territoires palestiniens
a atteint 287 000, alors que le taux de pauvreté s’est
élevé à 67 % du total des habitants de Gaza et de la Cisjordanie,
estimé à plus de 3 millions d’habitants. Par ailleurs,
la superficie des terres confisquées par Israël durant
l’Intifada afin de construire le mur de séparation défini
par les experts comme « raciste » est évaluée à 214 km2.
Le nombre de maisons endommagées par l’agression israélienne
est de 69 843 parmi lesquelles 7 438 complètement dévastées,
dont 4 595 à Gaza. Plus encore, pas moins de 590 sièges
et bâtiments sécuritaires ont été endommagés, alors que
la superficie des terres détruites par les bulldozers
israéliens a atteint 76 471 km2 et le nombre d’arbres
fruitiers déracinés s’est élevé à 2 054 121. Sans oublier
les dizaines de puits d’eau détruits !
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Nécessité
de l’aide étrangère
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Plusieurs
experts et membres de l’Autorité Palestinienne (AP) constatent
qu’avec les capacités limitées et le manque de ressources
naturelles, l’AP ne peut rien offrir à ses citoyens sans
aides extérieures. Un rapport de la Banque mondiale, intitulé
« Stagnation ou renaissance ? Perspectives sur le désengagement
israélien et l’économie palestinienne » publié en décembre
2004, a aussi souligné la nécessité d’un afflux soutenu
d’aide étrangère. Cependant, il affirme que l’aide étrangère
ne constituerait pas le facteur-clé dans la perspective
d’une renaissance économique palestinienne. Surtout que
pendant l’Intifada, les pays donateurs ont doublé leurs
versements annuels pour atteindre presque un milliard
de dollars par an, soit 300 dollars/habitant/an. Et pourtant,
sur la même période, le revenu palestinien par habitant
a baissé quasiment de 40 % en données réelles. « Ce n’est
que si l’environnement politique se modifie que l’aide
étrangère pourra être efficace », souligne le rapport.
Par « environnement politique », il faut surtout entendre
les restrictions de circulation imposées aux biens et
aux personnes pendant l’Intifada. « Ces restrictions ont
tant nui au fonctionnement de l’économie que les retours
sur investissements sont aujourd’hui pour la plupart négligeables
», ajoute le rapport qui finit par donner une recette
au gouvernement israélien et à l’Autorité palestinienne.
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| Mohamad
Moustapha |
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