Nombreux
points d’interrogation ont été soulevés en ce qui concerne
le chercheur égyptien Magdi Al-Nachar et sa relation avec
l’un des accusés dans les attentats de Londres. Les soupçons
se sont rapidement multipliés au point que de nombreuses
personnes en Egypte n’ont pas exclu l’implication d’Al-Nachar
sans se donner la peine d’examiner les circonstances de
ces attentats.
Mais heureusement
pour Al-Nachar, les autorités britanniques se sont montrées
plus réservées et prudentes et ont pris le soin de ne
pas lui adresser directement d’accusations. Elles ont
voulu plutôt rassembler des informations après avoir trouvé
son nom et son numéro de téléphone dans les papiers d’un
suspect pakistanais. Pour les autorités égyptiennes, il
n’a pas été difficile d’arrêter Al-Nachar, puis de mener
des investigations. Et les enquêtes ont prouvé ce qui
suit :
Premièrement,
Al-Nachar n’a rien à voir ni avec Al-Qaëda ni avec les
explosions de Londres. Deuxièmement, l’unique relation
qui le lie au suspect pakistanais est de l’avoir aidé
à louer une chambre dans un appartement, comme le font
tous les étudiants. L’accusation selon laquelle des traces
de charges explosives ont été trouvées dans l’appartement
d’Al-Nachar était donc sans aucun fondement. La question
qui s’impose est donc la suivante : si la police égyptienne
l’a lavé de tout soupçon et que le Conseil des ministres
a publié un communiqué à cet égard, pourquoi Al-Nachar
n’a-t-il pas été jusqu’à présent libéré ?
Il faut reconnaître
que les mesures sécuritaires abusives donnent parfois
naissance au terrorisme. Ainsi, à Londres, seuls une vingtaine
de suspects ont été arrêtés, alors qu’à Charm Al-Cheikh
après les attentats, plus de 200 personnes ont été détenues
...
Cela dit,
l’affaire Al-Nachar a quelques séquelles en Grande-Bretagne.
A Londres, et selon des sources britanniques, les services
sécuritaires ont récemment restreint les études supérieures
dans les universités britanniques à plus de 200 étudiants
étrangers de crainte qu’ils ne constituent une menace
terroriste. En effet, selon le Guardian, les universités
britanniques ont interdit aux savants étrangers de faire
les études suivantes : chimie, biotechnologie et microbiologie.
Or, il est bien connu qu’Al-Nachar étudiait la biochimie
et a obtenu son doctorat de l’Université de Leeds. Il
est donc possible que la source des suspiscions soient
les études suivies par Al-Nachar.
Ceci nous
amène à souligner une vérité importante souvent négligée.
Il existe en effet des accords conclus depuis longtemps
entre les Etats-Unis et certains pays européens imposant
des restrictions à l’étude de certaines branches et spécialisations
scientifiques avancées pour certains pays parmi lesquels
l’Egypte, l’Inde et le Pakistan. Nos jeunes ne doivent
donc pas être fascinés par les bourses d’études offertes
par les ambassades américaine et britannique. |