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Existe-t-il
des raisons nous incitant à nous départir de notre
habituelle passivité pour nous rendre aux urnes
et participer positivement à cette expérience
démocratique inédite ? La conjoncture politique
en Egypte a-t-elle vraiment changé ? La participation
aura-t-elle des répercussions positives ? Conduira-t-elle
à une évolution démocratique, sociale et économique
? Beaucoup de questions que se posent les Egyptiens.
Les plus optimistes pensent qu’il s’agit d’une
véritable expérience démocratique. La preuve en
est la présence de nombreux candidats se mesurant
au président Moubarak, le candidat du PND. Ces
optimistes trouvent que chaque citoyen doit se
rendre aux urnes pour donner sa voix au candidat
qu’il juge le plus adéquat. Quant aux pessimistes,
ils pensent que le climat de la scène politique
n’a pas changé et que l’amendement de l’article
76 de la Constitution a vidé cette expérience
de son contenu démocratique en imposant des conditions
restrictives sur les candidatures. Sans compter
qu’ils doutent déjà de l’intégrité des élections
avant même leur tenue. Enfin, ils pensent qu’il
n’y aura pas de concurrence réelle et qu’il est
bien connu que c’est Moubarak qui l’emportera.
La participation d’après eux est donc vaine.
De
quel côté faut-il donc se ranger ? De fait, maintes
considérations nous incitent à envisager de nouveau
la situation et à participer activement à la nouvelle
expérience. D’abord, dans un monde en pleine évolution
et en pleine mutation, à un moment où les peuples
s’accrochent partout à leurs droits et à leurs
libertés, il n’est plus question que l’on reste
toujours passifs. Il n’est plus admis que le peuple
égyptien reste dans cet état de stagnation sous
prétexte que « rien ne sert » et que tous les
efforts seront vains. La participation sera certainement
bénéfique. Le citoyen y trouvera une confirmation
de soi et de sa citoyenneté. Il est donc de son
devoir de couper court à ceux qui veulent l’éloigner
de la scène pour qu’ils puissent faire « tout
ce qu’ils veulent ». Ensuite, cette fois, les
partis et les mouvements d’opposition ont entrepris
des pas importants sur le chemin de l’appel au
changement. Enfin, personne ne peut nier que de
véritables mesures ont été prises sur la voie
de la réforme politique et démocratique. Il est
vrai que les opposants jugent ces efforts insuffisants
mais reste que de nombreux pas positifs ont été
entrepris : l’article 76 de la Constitution a
été amendé, la loi sur l’élection du président
de la République a été élaborée ainsi que des
lois sur les partis et sur l’exercice des droits
politiques, etc. Les élections présidentielles
au suffrage universel direct vont se dérouler
pour la première fois le 7 septembre prochain.
Il y a plusieurs candidats à la présidence, chacun
a son programme. Tous ces programmes abordent
les problèmes dont souffre la société égyptienne.
Ils contiennent tous des promesses de démocratie
et de réforme. Chacun émet son point de vue et
avance les mécanismes qui lui permettraient de
mettre en application son programme. Pourquoi
donc hésiter à choisir ?
A
la lumière de toutes les considérations internationales,
on peut dire que le programme du président Moubarak,
le candidat du PND, est le plus exécutable pour
de nombreuses raisons. Premièrement, le PND est
le plus organisé des partis égyptiens. Deuxièmement,
des indices portent à croire que ce parti agit
dorénavant sur la base de nouvelles croyances
politiques. De nombreuses voix s’élèvent dans
ses rangs appelant à la réforme démocratique et
politique.
Par
ailleurs, les déclarations du président Moubarak
et du parti sur l’orientation vers davantage de
réformes constitutionnelle, législative et économique
traduisent un véritable désir de changement au
cours du prochain mandat. Les opposants peuvent
se demander : pourquoi le président et le parti
n’ont-ils pas fait ceci au cours des 24 dernières
années ? Nous disons que chaque phase a ses spécificités.
Mais, c’est au citoyen égyptien de dire le dernier
mot. Il est temps qu’il joue un rôle efficace
dans la politique de son pays, qu’il s’empare
de ses droits politiques, qu’il délaisse l’indifférence.
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