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Les présidentielles ... une expérience inédite
Maghaweri Shehata Diab
Professeur de sciences politiques à l’Université de Hélouan

Existe-t-il des raisons nous incitant à nous départir de notre habituelle passivité pour nous rendre aux urnes et participer positivement à cette expérience démocratique inédite ? La conjoncture politique en Egypte a-t-elle vraiment changé ? La participation aura-t-elle des répercussions positives ? Conduira-t-elle à une évolution démocratique, sociale et économique ? Beaucoup de questions que se posent les Egyptiens. Les plus optimistes pensent qu’il s’agit d’une véritable expérience démocratique. La preuve en est la présence de nombreux candidats se mesurant au président Moubarak, le candidat du PND. Ces optimistes trouvent que chaque citoyen doit se rendre aux urnes pour donner sa voix au candidat qu’il juge le plus adéquat. Quant aux pessimistes, ils pensent que le climat de la scène politique n’a pas changé et que l’amendement de l’article 76 de la Constitution a vidé cette expérience de son contenu démocratique en imposant des conditions restrictives sur les candidatures. Sans compter qu’ils doutent déjà de l’intégrité des élections avant même leur tenue. Enfin, ils pensent qu’il n’y aura pas de concurrence réelle et qu’il est bien connu que c’est Moubarak qui l’emportera. La participation d’après eux est donc vaine.

De quel côté faut-il donc se ranger ? De fait, maintes considérations nous incitent à envisager de nouveau la situation et à participer activement à la nouvelle expérience. D’abord, dans un monde en pleine évolution et en pleine mutation, à un moment où les peuples s’accrochent partout à leurs droits et à leurs libertés, il n’est plus question que l’on reste toujours passifs. Il n’est plus admis que le peuple égyptien reste dans cet état de stagnation sous prétexte que « rien ne sert » et que tous les efforts seront vains. La participation sera certainement bénéfique. Le citoyen y trouvera une confirmation de soi et de sa citoyenneté. Il est donc de son devoir de couper court à ceux qui veulent l’éloigner de la scène pour qu’ils puissent faire « tout ce qu’ils veulent ». Ensuite, cette fois, les partis et les mouvements d’opposition ont entrepris des pas importants sur le chemin de l’appel au changement. Enfin, personne ne peut nier que de véritables mesures ont été prises sur la voie de la réforme politique et démocratique. Il est vrai que les opposants jugent ces efforts insuffisants mais reste que de nombreux pas positifs ont été entrepris : l’article 76 de la Constitution a été amendé, la loi sur l’élection du président de la République a été élaborée ainsi que des lois sur les partis et sur l’exercice des droits politiques, etc. Les élections présidentielles au suffrage universel direct vont se dérouler pour la première fois le 7 septembre prochain. Il y a plusieurs candidats à la présidence, chacun a son programme. Tous ces programmes abordent les problèmes dont souffre la société égyptienne. Ils contiennent tous des promesses de démocratie et de réforme. Chacun émet son point de vue et avance les mécanismes qui lui permettraient de mettre en application son programme. Pourquoi donc hésiter à choisir ?

A la lumière de toutes les considérations internationales, on peut dire que le programme du président Moubarak, le candidat du PND, est le plus exécutable pour de nombreuses raisons. Premièrement, le PND est le plus organisé des partis égyptiens. Deuxièmement, des indices portent à croire que ce parti agit dorénavant sur la base de nouvelles croyances politiques. De nombreuses voix s’élèvent dans ses rangs appelant à la réforme démocratique et politique.

Par ailleurs, les déclarations du président Moubarak et du parti sur l’orientation vers davantage de réformes constitutionnelle, législative et économique traduisent un véritable désir de changement au cours du prochain mandat. Les opposants peuvent se demander : pourquoi le président et le parti n’ont-ils pas fait ceci au cours des 24 dernières années ? Nous disons que chaque phase a ses spécificités. Mais, c’est au citoyen égyptien de dire le dernier mot. Il est temps qu’il joue un rôle efficace dans la politique de son pays, qu’il s’empare de ses droits politiques, qu’il délaisse l’indifférence.

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