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Charm Al-Cheikh.
Un peu plus d’un mois après
les attentats qui l’ont secouée, la cité balnéaire a voulu,
par un grand concert, retrouver sa place dans le tourisme. Pour
le moment, on ne peut faire état que d’un optimisme modéré. |
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Chanter pour la vie |
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De notre envoyée spéciale
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«
Le défi de la paix pour la ville de la paix », c’est le slogan
qu’a adopté la ville de Charm Al-Cheikh pour dire « non » au
terrorisme.
Après
les derniers attentats qui ont visé le site balnéaire le 23
juillet dernier, deux grands hommes d’affaires, Naguib Sawirès,
président d’Orascom (MobiNil) et Mohamad Nosseir, président
de Click Vodafone, ont décidé de réagir contre le terrorisme
et de mener une initiative pour démontrer que la ville refuse
le sort qu’on veut lui faire subir ainsi qu’à tout le pays,
c’est-à-dire adopter un profil bas. Et pour ce faire, rien de
plus beau et de plus efficace qu’un grand concert. Non seulement
la musique, comme d’ailleurs toutes les formes artistiques,
est l’expression de l’amour de la vie, mais elle crée un sentiment
de convivialité et de fraternité. Ainsi, un concert regroupant
cinq chanteurs arabes et un groupe égyptien a été organisé,
outre l’Italien Nek et l’Anglais Craig David. Ces stars étaient
donc au rendez-vous avec près de 30 000 spectateurs, eux aussi
animés du même sentiment et du même but, celui de dire « non
» au terrorisme. Le choix de l’endroit du concert était aussi
significatif : il a été organisé à 500 m de l’hôtel Ghazala,
qui a été complètement ravagé. L’union des deux grands businessmen
a surpris un grand nombre de personnes et a suscité des interrogations.
Comment se fait-il que MobiNil et Vodafone, les deux grands
et pour le moment seuls maîtres des réseaux de téléphonie mobile
sur le marché égyptien, organisent et s’unissent dans une telle
manifestation ? Mais le patriotisme était le plus fort face
à toute concurrence. Une manifestation qui a coûté la bagatelle
de 6,5 millions de L.E., ce qui ne les a pas du tout découragés.
Il était donc normal de retrouver un très grand
nombre de personnes s’associer à une telle manifestation. Pour
l’Anglais Craig David, pop star de l’année 2004 et l’une des
plus grandes célébrités, le fait de venir à Charm était pour
lui un défi. « On est tous entourés par le terrorisme, cela
ne m’empêchera jamais de faire ce que je veux », a-t-il dit
lors d’une conférence de presse organisée avant le concert à
l’hôtel Savoy, à Charm Al-Cheikh. Et d’ajouter : « C’est un
grand honneur pour moi de participer à ce concert qui a une
très grande signification. L’important n’est pas de savoir qui
chante, l’essentiel c’est le message à transmettre, à savoir
qu’un tel concert est un mélange de culture qui unit et qui
prouve que la solidarité et la paix sont un moyen de combattre
le démon du terrorisme », a-t-il dit.
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Entre espoir et réalité |
Le chanteur italien
Nek est du même avis. « Je suis là pour représenter les Italiens
considérés comme les touristes numéro 1 à Charm ». C’était presque
une banlieue italienne, disaient les visiteurs. Nek, lui, a
parlé lors d’une conférence de presse qui a eu lieu à l’hôtel
Four Seasons. La musique, à son avis, est un langage universel
susceptible de combattre la peur ; elle réunit et ne divise
pas. « Plusieurs Italiens m’ont conseillé de ne pas venir en
Egypte, mais pour ma part, je devais venir pour combattre ma
peur ; je suis là pour dire à tous les Italiens que la vie continue
». Pour lui, un tel concert est à même de changer l’image du
pays, seulement cela prendra du temps.
Après une telle
manifestation, une question se pose : un concert pareil peut-il
vraiment être efficace pour relancer le tourisme à Charm Al-Cheikh
? Habitants, touristes et responsables sont optimistes à cet
égard. Les professionnels du tourisme estiment, eux, que c’était
peut-être prématuré d’organiser un tel concert. « J’espère qu’une
telle manifestation pourra être efficace, mais il y a seulement
presque un mois que les attentats ont eu lieu », estime Youssef
Al-Fattah, vice-président des ventes à l’hôtel Coral Bay. Aujourd’hui,
le taux d’occupation de ce dernier est de 50 à 53 %, nombre
restreint par rapport à la même période des années précédentes.
« Le mois d’août est connu pour être le mois le plus prospère
en termes d’occupation », assure Amr Assem, visiteur fréquent
de la ville. Si la moyenne du taux d’occupation est de 50 %
(voir encadré), les rues de Charm Al-Cheikh et ses plages sont
toujours vides. La vie n’est pas comme avant l’attentat. Les
propriétaires de magasins crient au secours : « Notre revenu
pendant le mois d’août équivalait presque à la moitié de ce
qu’on faisait pendant toute l’année », souligne Samir William,
propriétaire d’un bazar à Neama Bay, l’endroit le plus fréquenté
à Charm. Bien qu’on croise des étrangers, la grande majorité
des visiteurs de la ville sont actuellement des Egyptiens et
des Arabes.
Si le taux d’occupation
reste modeste, les habitants, qui travaillent presque tous dans
le secteur du tourisme, affichent un optimisme modéré : « On
a déjà des réservations pour les trois jours du petit Baïram
(Aïd al-fitr) et on espère qu’elles atteindront les 100 % pour
la semaine du jour de l’an », souligne Youssef Al-Fattah. Selon
lui, la reprise est facile parce qu’aujourd’hui, les attentats
ne se limitent pas à l’Egypte, c’est devenu un phénomène mondial.
Et les gens se sont peu à peu habitués à ce genre d’attentat.
Si le concert a
regroupé des milliers de personnes, dont la plupart sont des
Egyptiens, il est évident que c’est une initiative non seulement
pour le tourisme égyptien, mais aussi pour le message qu’il
transmet : celui de combattre le terrorisme et la peur qui en
résulte . |
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Hala
Fares
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Taux d’occupation
à Charm Al-Cheikh
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Coral Bay 50
%
Hyatt 68 %
Ritz Carlton 47
%
Intercontinental
42 %
Sofitel 56 %
Marriott 48 %
Savoy 37 %
Mövenpick 47 %
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