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Baalbeck.
Cette cité antique, dans la plaine de la Békaa, est composée
de ruines de l'époque gréco-romaine avec des traces plus anciennes
de l'époque sémitique.Le visiteur du pays du Cèdre ne doit pas
raterce site figurant
sur la liste du patrimoine culturelmondial
de l'Unesco. |
L'Héliopolis
du Liban |
| De
notre envoyée spéciale — |
| Trois temples géants. Voilà ce que
le visiteur de la cité historique
de Baalbeck, dans la plaine libanaise de la Békaa, s'attend généralement
à voir. Toutefois, même les personnes possédant l'imagination
la plus féconde ne peuvent découvrir la véritable grandeur de
ces monuments magnifiquement conservés qu'après les avoir visités.
Arrivé
à Baalbeck, le touriste se trouve bel et bien au milieu de la
riche et fertile plaine de la Békaa. Là, on peut contempler
non sans éblouissement les monuments gigantesques et austères
plantés avec orgueil au milieu de cette terre fertile et verdoyante.
C'est au milieu de ce paysage exceptionnel que gît la cité antique
de Baalbeck, classée au patrimoine culturel mondial de l'Unesco.
L'histoire de Baalbeck remonte au moins à la fin du IIIe millénaire
av. J.-C. Baalbeck était une ville phénicienne florissante où
était célébré le culte de Baal, le dieu solaire des Syro-Phéniciens,
ensuite identifié au dieu cananéen Hadad. A cette époque, le
culte s'adressait donc à trois divinités orientales : Hadad,
dieu de la foudre qui donnait aussi les pluies bienfaisantes,
Atargatis, qui assurait l'humidité du sol et la fécondité des
hommes et des bêtes, et Adonis, jeune dieu de la végétation
en qui s'incarnaient le renouveau et la force vitale des plantes
et des troupeaux.
La ville a ensuite été baptisée
Héliopolis, « Ville du soleil ». Selon certaines théories, ce
nom a été donné à la Baalbeck de l'époque hellénistique car
les Grecs identifiaient Hélios, dieu du soleil, à Hadad. D'autres
affirment que la ville antique a reçu ce nom à l'époque romaine,
lorsque Marc-Antoine l'a concédée à Cléopâtre. Les vestiges
visibles remontent surtout à l'époque romaine.
La ville a été conçue sur un
plan classique. Les rues s'y organisent en damier sur la base
de deux grandes artères, le decumanus et le cardo. Le site comporte
trois sanctuaires principaux : ceux de Jupiter, de Bacchus et
de Vénus.
C'est
pour montrer toute la puissance de l'Empire romain qu'Auguste
décida la construction d'un grand sanctuaire à Héliopolis. Les
travaux commencés sous son règne se sont pourtant prolongés
jusqu'à la fin du IIe siècle. Le sanctuaire a été bâti en conformité
avec les principes caractérisant l'architecture religieuse romaine,
et les éléments du décor sont empruntés au répertoire ornemental
gréco-romain, mais l'organisation tient compte des usages religieux
de l'Orient. A titre d'exemple, les autels de Baalbeck sont
beaucoup plus importants que ceux des sanctuaires romains. En
fait, les temples comportent des escaliers, à côté de leur entrée
principale, qui permettent d'accéder au toit. Ceci servait sans
doute à des activités cultuelles orientales. Or, ce genre d'escaliers
n'existent pas dans les temples romains.
A l'époque romaine donc, les
cultes orientaux originaux se sont transformés en cultes mystiques
destinés à consacrer la renaissance après la mort. Dans ce contexte,
le sanctuaire de Bacchus a commencé à connaître un grand succès,
notamment dans les cités de la côte phénicienne. Puis, les mystères
de Bacchus ont conquis Rome. Cette évolution a donc fait qu'Adonis
a été assimilé à Bacchus, et non à Hermès, et à lui dédier un
grand temple dont la décoration intérieure comporte maintes
allusions à sa personnalité divine.
La célébrité des sanctuaires
de Baalbeck et ses divinités ont eu une influence énorme sur
l'ensemble du monde romain. Outre les sacrifices, les cultes
donnaient lieu à des pratiques sacrées et Baalbeck possédait
un oracle célèbre. Baalbeck était tellement importante que les
rites qui y dominaient étaient répandus dans les mondes occidental
et oriental de l'époque.
C'est pour cette raison que
les rites païens d'Héliopolis ont persisté jusqu'en 554, malgré
l'interdiction de ce culte par Théodose, vers la fin du IVe
siècle au début de l'ère chrétienne. C'est en fait à cette époque
qu'une basilique a été construite après la destruction des symboles
de ce culte païen.
Plusieurs tremblements de terre,
destructions et autres constructions médiévales ont fait perdre
à Baalbeck une partie de sa splendeur ancienne. Le festival
d'été de Baalbeck, qui a commencé en 1955, a pourtant fait revivre
la Ville du soleil (voir encadré).
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En déambulant de par la cité
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Un tour guidé dans la cité de Baalbeck mènera
tout d'abord au sanctuaire de Bacchus. Construit au IIe siècle,
il est le mieux conservé. On y pénètre par un escalier à trois
volées, comme dans le temple de Jupiter. Le temple lui-même
est périptère. Bien que de dimensions inférieures à celles du
temple de Jupiter (69 mètres de long sur 36 de large), il figure,
lui aussi, parmi les plus grands temples du monde romain. Il
se composait d'un pronaos précédé de huit colonnes et d'une
cella, entourée de demi-colonnes, comportant au fond un escalier
menant à un adyton où trônait la statue du dieu. Ses 42 colonnes
supportent un entablement relié au mur de la cella par d'énormes
dalles. Sur l'un d'entre eux qui est à terre, on voit un serpent
mordre Cléopâtre. Ce portail très fin est classé parmi les plus
beaux du monde romain. A l'angle sud-est du temple, se dresse
une tour mamelouke datant du XVe siècle. Elle servait de résidence
au gouverneur de la citadelle. Derrière le mur fortifié et le
temple, se trouve encore une mosquée remontant au temps des
Ayyoubides.
On
doit ensuite passer par la grande Cour ou la Cour des sacrifices.
Celle-ci, aux dimensions remarquables (134 et 112 mètres), était
entourée d'un élégant portique dans lequel s'ouvraient quatre
exèdres semi-circulaires et huit rectangulaires. Au centre de
ce vaste espace, s'élevaient un autel pour les sacrifices et
une tour flanquée de deux colonnes de granit rouge et gris dont
il ne reste que de rares vestiges. La tour servait probablement
de lieu utilisé par les pèlerins pour suivre les cérémonies.
Elle a été détruite vers la fin du IVe siècle pour donner place
à une basilique chrétienne qui a, elle aussi, été détruite à
une époque ultérieure. Il ne reste de la basilique que quelques
parcelles de l'autel, notamment des parties en bois qui abritaient
les fidèles ainsi que de grandes parties du portique et de ses
éléments décoratifs.
A partir de la Cour des sacrifices, on peut
passer à la cour hexagonale construite dans la première moitié
du IIIe siècle. Cette cour à ciel ouvert, de 50 mètres de long,
était entourée à l'origine d'un portique de 30 colonnes et de
quatre exèdres rectangulaires richement décorés. Cette cour
a également été transformée en église dédiée à la Sainte Vierge
entre la fin du IVe et le début du Ve siècles.
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Chez le roi des dieux
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Le sanctuaire de Zeus, le plus ancien, fut
construit en plusieurs étapes. Le temple était déjà bien avancé
sous Néron, mais l'ensemble ne fut achevé et inauguré qu'au
IIIe siècle. On y accède par un propylée : un escalier monumental
conduit à un portique à douze colonnes encadré de deux tours.
Selon une inscription latine, un légionnaire aurait fait recouvrir
d'or l'un des deux chapiteaux des colonnes. Par un escalier
monumental à trois volées, les prêtres atteignaient le temple
de Jupiter dont ne subsistent que les colonnes, hautes de vingt
mètres. Ce temple est le plus grand (88 mètres sur 48) de tout
le monde romain. Il était probablement périptère, avec dix colonnes
en façade et dix-neuf sur les longs côtés. Si son plan intérieur
était similaire à celui du temple de Bacchus, il comportait
un pronaos précédé de huit colonnes et d'une cella.
Vient ensuite le temple de Vénus. Ce dernier
se caractérise par l'originalité de son plan circulaire ainsi
que par l'harmonie de ses formes, dans une cité dont les autres
sanctuaires sont marqués par le gigantisme.
A la sortie de la cité antique, le touriste
égyptien se croirait soudainement tombé dans son pays natal
et plus précisément aux Pyramides. En fait, après avoir fini
sa tournée, le visiteur se ten face de vendeurs de souvenirs
qui essayent de vendre leur marchandise à tout prix tout en
faisant des escomptes si le touriste est avisé, et de personnes
offrant des promenades à dos de cheval .
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Yolande Youssef
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Une ville de
festivals |
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Il est impossible de visiter le Liban pendant
l'été et ne pas assister à l'une des nuits féeriques du Festival
international de Baalbeck. Il s'agit de l'événement culturel
le plus ancien et le plus prestigieux du Moyen-Orient. Chaque
année, le Festival se déroule durant les mois de juillet et
d'août. Cette année, il s'est tenu du 7 juillet au 6 août.
Dès 1955, des activités culturelles sont organisées
au sein des ruines romaines. En 1956, gérée par des bénévoles,
l'Association prend le nom officiel de « Festival international
de Baalbeck ». Cette institution, soutenue par le président
de la République à l’époque, Camille Chamoun, devient alors
une des institutions officielles du gouvernement dont la mission
est de promouvoir la vie culturelle et touristique du pays.
En 1966, le festival fonde une école d'art dramatique dans le
but de promouvoir le théâtre Libanais.
En 20 ans, le Festival international de Baalbeck
développe une renommée internationale et les artistes de par
le monde viennent se produire sur ses planches.
Les activités du Festival international de
Baalbeck sont interrompues en 1975, durant la guerre civile.
Et, en 1997, le festival retrouve sa gloire.
Désormais, chaque été, il accueille les plus
grands artistes du monde attirant plus de 40 000 spectateurs
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