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Terrorisme.
La
mort de deux officiers de police alors qu'ils traquaient des
terroristes présumés dans la région du Sinaï dévoile les difficultés
auxquelles le ministère de l'Intérieur est confronté dans cette
région. |
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L'épine du Sinaï |
Il était 17h
jeudi 25 août, à 60 km d'Al-Arich, lorsque tout près de la
montagne d'Al-Halal, deux mines (posées par les terroristes)
explosent au passage d'un véhicule blindé de la police. Bilan
: léral et un colonel). 13 autres policiers ont été blessés.
Ils traquaient des terroristes présumés dans le cadre de l'enquête
sur les attentats de Charm Al-Cheikh du 22 juillet dernier.
C'est la première fois depuis 1996 que des officiers supérieurs
perdent la vie dans un acte terroriste. Les funérailles des
deux officiers tués ont eu lieu vendredi 26 août au Caire.
Ces derniers ont été promus à des grades supérieurs à titre
posthume par décret présidentiel. L'incident est révélateur
des difficultés auxquelles le ministère de l'Intérieur est
confronté dans cette région. « Ces mines ont été posées par
des criminels retranchés dans la montagne. Ces engins ont
été posés tout au long des axes qui mènent vers la montagne
d'Al-Halal et la zone dans laquelle nous opérons d'une superficie
de 140 km2 », explique un haut responsable du ministère de
l'Intérieur. Les appareils de sécurité sont engagés depuis
quelques semaines dans une vaste opération de traque de terroristes
présumés suite aux attentats de Charm Al-Cheikh qui avaient
fait 67 morts. « Nous travaillons dans des conditions très
difficiles. Le plan des forces de police chargées de purifier
cette montagne des terroristes consistait à frapper puis retourner
aux bases. Les terroristes l'ont compris. Ils ont remonté
le chemin parcouru par les forces de sécurité et l'ont parsemé
de mines », affirme la source. C'est probablement ce même
scénario qui s'est produit la semaine dernière dans la région
d'Al-Gawara, où une mine avait explosé au passage d'un autobus
des forces des multinationales, faisant deux blessés. Des
terroristes et des criminels de différents bords sont retranchés
dans la montagne. Il y a parmi eux des trafiquants de drogue
et des trafiquants d'armes. « Ils ont développé leur système
de défense. Le chef de cette bande de criminels s'appelle
Sallem Chanoub. C'est un trafiquant d'armes, il est donc normal
que ces terroristes disposent de mines et de matières explosives
», explique un observateur.
La région du Sinaï a été pendant longtemps
négligée par l'Etat. Il s'agit en outre d'une région montagneuse
très difficile. Seuls les bédouins en ont une bonne connaissance.
« La mort des deux officiers montre les difficultés auxquelles
est confronté le ministère de l'Intérieur dans cette région.
Nous avons du mal à mobiliser les bédouins et à avoir des
informations », reconnaît une source de la police. Elle ajoute
que les coutumes et les mœurs des bédouins empêchent ces derniers
de dénoncer les citoyens de leur région. En réalité, si les
bédouins se montrent peu coopératifs, c'est parce que les
services de sécurité ont été coupables de mauvais traitements
envers la population de la région. Le premier ministre, Ahmad
Nazif, a reconnu cette semaine dans des déclarations au New
York Times que les mauvais traitements infligés par les appareils
de sécurité à la population après les attentats de Taba auraient
incité les bédouins à commettre un acte de représailles à
Charm Al-Cheikh. D'après plusieurs ONG œuvrant dans le domaine
des droits de l'homme, 2 500 personnes, dont des femmes, ont
été arrêtées par la police dans le cadre des attentats de
Taba. Le ministère nie bien évidemment cette hypothèse. «
Si nous admettons que les attentats de Charm Al-Cheikh étaient
une réaction aux mauvais traitements, ceux de Taba étaient
une réaction à quoi ? », se demande un responsable du ministère.
Le ministère de l'Intérieur a mis au point
un plan pour contrôler tous les axes de la montagne d’Al-Halal
en augmentant les effectifs de la police. 3 500 policiers
sont actuellement déployés dans la région. Le ministère les
a équipés d'appareils très sophistiqués pour repérer les mines.
« A présent, chaque région dans laquelle passe la police est
surveillée 24 heures sur 24. Je pense que dans quelques jours
on arrêtera ces terroristes, surtout qu'on a découvert leurs
méthodes d'action », explique un des policiers engagés dans
la traque des terroristes. Il pense que les terroristes seront
contraints de se rendre lorsque la nourriture et l'eau seront
épuisées. Des efforts sont déployés par le député d'Al-Arich,
Al-Kachef Mohamad Al-Kachef, pour tenter d'obtenir la reddition
des terroristes retranchés. Sallem Chanoub, âgé de 32 ans,
surnommé le diable de la montagne par les habitants de la
région, est un trafiquant de drogue et d'armes. Les bédouins
disent de lui qu'il prend son petit-déjeuner dans le Sinaï
et son dîner en Israël .
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Chérine Abdel-Azim |
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