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Présidentielles.
Am Abdel-Fattah est le
citoyen qui suit le plus la campagne électorale. Ce n’est
pas par passion pour la politique, mais pour tenter de
résoudre les problèmes de ses 5 enfants, tous chômeurs.
Reportage. |
| Une
famille qui bat le pavé |
Abdel-Fattah
Ali, père de sept enfants, quatre filles et trois garçons,
était mécanicien dans une société publique dépendante
de l’Organisme du Canal de Suez. Pour augmenter son
revenu, il réparait, sans pour autant avoir son propre
garage, les voitures des voisins et clients de son quartier
populaire. Cinq de ses enfants sont diplômés et au chômage.
L’aîné cherche un travail depuis 1988. Aujourd’hui âgé
de 66 ans, il est à la retraite. Pourtant, il est obligé
de continuer à faire ces petits travaux ou même à travailler
à temps partiel dans un garage privé malgré sa faible
santé. Il est impossible de subvenir aux besoins de
cette famille aussi nombreuse avec les 120 L.E. de sa
pension de retraite. En menant ces travaux supplémentaires,
son revenu total atteint parfois les 600 L.E.
Am Abdel-Fattah, comme on le surnomme
dans son quartier, est aujourd’hui plongé dans la déprime.
Il suit depuis trois semaines la campagne électorale
pour les présidentielles, il sillonne l’Egypte du nord
au sud. Il suit les candidats dans leurs différents
meetings électoraux pour pouvoir les rencontrer et leur
présenter ses doléances. Il ne cherche ni à obtenir
un crédit bancaire ni un appartement. Tout ce qu’il
souhaite, c’est que ces candidats lui promettent d’embaucher
ses enfants chômeurs.
« Mon drame dure depuis 1988, lorsque
mon fils aîné, Hossam, a obtenu sa licence universitaire.
Pourtant, à ce moment-là, je croyais que c’était le
début de l’eldorado. Or, ce qui s’est passé était tout
à fait le contraire », se rappelle Am Abdel-Fattah.
Et de raconter sa misère : « Nous avons fait toutes
les procédures officielles pour qu’il obtienne un emploi
gouvernemental. Nous avons présenté ses papiers au bureau
de la main-d’œuvre. Mais les années se sont écoulées
sans qu’on n’obtienne de réponse ». Il a essayé de rencontrer
un haut responsable pour résoudre le problème de son
fils. Après huit mois de recherche ardue, il a réussi
à rencontrer un responsable au ministère de la Main-d’œuvre.
La rencontre était plus choquante pour lui. Le responsable
lui a affirmé que la seule solution à son problème était
de trouver un piston puissant. « Il m’a carrément dit
que dans notre pays, celui qui a un piston ne perd aucune
bataille. Mais comme je ne suis qu’un simple et modeste
citoyen, on m’a mis à la porte », lâche-t-il.
Hossam a appris à conduire pour devenir
chauffeur de taxi, mais le salaire que lui proposait
le propriétaire lui suffisait à peine comme argent de
poche. Humilié à cause de son incapacité à aider son
père, Hossam a quitté la maison et n’y est jamais retourné.
« Ma femme est tombée malade à cause du départ de Hossam.
Elle me supplie de partir à sa recherche. Mais pour
dire la vérité, moi je n’ai pas envie de le chercher
pour ne pas avoir de nouveau à le prendre en charge.
Je prie seulement pour que Dieu m’aide à continuer à
financer les études de mes deux autres enfants et à
résoudre les problèmes des quatre autres ».
Sahar, 31 ans, diplômée de la même
faculté que son frère aîné Hossam, n’a pas non plus
réussi à trouver un emploi dans les secteurs public
ou privé. Du coup, elle a perdu tout espoir de se marier
parce que son père n’en a pas les moyens financiers.
Quant à Norhane, 28 ans, elle n’a pas cherché à travailler.
Elle a accepté d’épouser un ingénieur divorcé de 20
ans son aîné. Son père est très content parce qu’elle
est partie avec son époux en Arabie saoudite, où il
travaille. Son frère, Mohamad, 21 ans, est parti avec
elle à la recherche d’une opportunité de travail. Mais
une fois sur place, son patron l’a obligé à signer un
papier où il atteste avoir obtenu tous ses dus. Trois
ans plus tard, Mohamad a voulu rentrer en Egypte. «
Son patron n’a pas voulu lui donner son argent puisqu’il
a le papier qui atteste qu’il ne lui doit rien. Mohamad,
qui s’est senti victime d’une injustice, a frappé son
patron et est maintenant en prison ». Abdel-Fattah Ali
affirme que son fils a subi tous ces déboires à cause
du chômage dans son pays. Quant à sa fille, Héba, 18
ans, qui vient d’obtenir un diplôme en commerce, a trouvé
un emploi mais on lui a demandé d’apporter un papier
signé du ministre de la Main-d’œuvre pour qu’elle puisse
occuper le poste. « Je suis allé rencontrer le député
du PND à l’Assemblée du peuple pour obtenir cette signature.
Il m’a demandé 10 000 L.E. en contrepartie ! ». Am Abdel-Fattah
s’inquiète car les jours passent, la vie aussi. « Les
clients qui venaient me demander de leur faire des petits
travaux de mécanique ont désormais recours à des mécaniciens
plus jeunes qui peuvent finir la tâche beaucoup plus
vite », se plaint Am Abdel-Fattah, sans pour autant
perdre complètement espoir .
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| Héba
Nasreddine |
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L’objet
de tous les programmes |
Le gouvernement
n’a cessé de faire des promesses pour réduire le chômage.
Rétrospective du dernier mandat de Moubarak. |
| 2000
: Le chef du gouvernement,
Atef Ebeid, annonce la mise en place d’une stratégie pour
augmenter les emplois. La stratégie devait, selon lui,
être appliquée sur trois axes : nommer des jeunes diplômés
dans les postes vacants dans le secteur administratif
gouvernemental, notamment dans les ministères de l’Education,
de la Santé et des Waqfs ; créer de nouvelles opportunités
de travail dans le secteur privé et encourager les petits
projets.
2001 : Le gouvernement débloque
4,65 milliards de L.E. pour embaucher 800 000 diplômés.
2,6 milliards de L.E. devaient servir aux différents programmes
de crédits, 300 millions aux emplois dans le secteur gouvernemental,
420 millions pour le recyclage des fonctionnaires et 110
millions pour les emplois des centres d’information dans
la campagne.
2002 : Le président Moubarak souligne
dans son discours prononcé lors de la séance inaugurale
de la session parlementaire, la nécessité de faire face
aux défis sociaux : « Le gouvernement doit poursuivre
ses efforts dans le domaine des réformes économiques,
notamment en ce qui concerne la réduction du taux de chômage,
la lutte contre la pauvreté et la hausse des prix, et
l’assistance accordée aux catégories à revenus limités
».
2003 : Dans son discours de politique
générale du gouvernement à l’Assemblée du peuple, le premier
ministre Atef Ebeid affirme : « Le problème du chômage
s’aggrave en raison de la croissance démographique. Le
gouvernement ne peut pas fournir plus de 150 000 emplois
par an. Cependant, nous espérons que le secteur privé
pourra atteindre 350 000 emplois ». Il annonce la création
d’un fonds pour le chômage. Un fonds destiné à financer
des projets pour les familles défavorisées dans 4 580
villages. « Il faut permettre aux jeunes de participer
à la gestion du travail partisan et leur donner l’occasion
de proposer des idées et d’expliquer leur vision pour
assurer la continuité entre l’expérience du passé et l’ambition
du futur », a insisté le chef du gouvernement.
2004 : Le président Moubarak évoque lors
de son traditionnel discours inaugural de la session parlementaire,
un assouplissement de la législation douanière et une
modernisation radicale du système fiscal égyptien. Ces
mesures visant, selon le chef de l’Etat, à soulager les
souffrances des familles égyptiennes et à attirer les
investissements étrangers pour créer davantage d’emplois.
Le chef du gouvernement, Ahmad Nazif,
déclare : « Les commissions formées il y a trois mois
(en septembre de la même année) pour trouver des solutions
au problème du chômage ont recommandé la privatisation
d’un certain nombre de services assurés par l’Etat ».
2005 : Le premier ministre Ahmad
Nazif, en faisant le bilan d’un an de travail à la tête
du gouvernement, déclare : « Notre gouvernement n’est
pas celui des hommes d’affaires. Nous encourageons le
secteur privé égyptien et étranger à élargir ses investissements
afin de créer de nouveaux emplois ».
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| Etabli
par Ola Hamdi |
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