« Les
élections présidentielles ... Juste un préalable aux élections
parlementaires », « Un programme électoral ou un bilan
? », titre la presse. Intitulé « Les réformes politiques
et la construction d’une société contemporaine », l’éditorial
du quotidien Al-Akhbar salue de son côté « l’intégrité
et la transparence de ces élections qui ont lieu au milieu
d’une neutralité totale des appareils d’Etat et d’un contrôle
judiciaire total ».
Des promesses,
beaucoup trop de promesses sont aussi formulées pendant
cette campagne électorale. Comparant celles du PND à
« la caverne d’Ali Baba », Mohamad Ibrahim, rédacteur
en chef du quotidien Al-Gomhouriya, affirme que « le
programme du PND a trouvé de vraies solutions aux fléaux
chroniques ».
Soutenant
l’idée des rencontres entre les candidats et les électeurs,
l’éditorial d’Al-Ahram affirme que les « élections présidentielles
ou toute autre élection ne sont pas uniquement des réceptions
ou des festivités, mais aussi des conférences où les
gens se réunissent de façon pacifique pour discuter
de leurs problèmes et trouver les meilleures solutions
».
« Et puisque
le président de la République a demandé à son peuple
de lui demander des comptes au moment de l’application
de son programme électoral, affirmant par là qu’il ne
fait pas de fausses promesses, alors nous aussi nous
voulons demander des comptes au prochain gouvernement.
Le temps des gouvernements qui restent pendant de longues
années et partent sans reconnaître pourquoi ni comment
ils sont arrivés au pouvoir, doit prendre fin », explique
Karam Gabr dans le quotidien Rose Al-Youssef. Sur ces
mêmes problèmes, Sayed Abdel-Ati dénonce dans le quotidien
Al-Wafd ce qu’il appelle le parti des promesses. « Le
parti au pouvoir n’est pas capable de résoudre les problèmes
des citoyens, et devra donc partir pour laisser la chance
au néo-Wafd, qui a un programme très ambitieux ».
Abdel-Halim
Qandil critique sévèrement, dans Al-Arabi, le candidat
du PND : « Le problème n’est pas l’âge du président
Moubarak (77 ans) qu’il veut cacher, le problème est
dans le régime de Moubarak qui a mené le pays vers la
vieillesse et l’incapacité ».
L’écrivain
de gauche Nabil Zaki n’a quant à lui pas hésité à critiquer,
dans l’hebdomadaire Al-Ahali, les « fameuses promesses
de Moubarak, qui s’est engagé à créer entre autres 4
millions d’emplois ».
Dans cette
dernière ligne droite avant le scrutin du 7 septembre,
Mohamad Al-Chéba, éditorialiste du quotidien indépendant
Nahdet Misr, ne peut s’empêcher de remarquer que « L’unique
réalisation dont la démocratie égyptienne peut tirer
de l’expérience des élections présidentielles, est la
capacité à débarrasser la vie des partis politiques
des autres partis qui sont devenus des partis-dessins
animés, et d’emblée matière à rire ». Mais les politiciens
ne sont pas les seuls acteurs de cette expérience électorale.
Le peuple égyptien a également une part de responsabilité
très grande. « Mais ce peuple a-t-il vraiment la culture
des élections présidentielles suffisante ? », s’interroge
Alaa Bayoumi dans le quotidien Al-Ahrar. La campagne
électorale tire à sa fin et dans le magazine hebdomadaire
Rose Al-Youssef, l’éditorialiste Abdallah Kamal en dresse
déjà le bilan : « La gauche s’est suicidée en boycottant
les élections, d’où l’absence d’équilibre entre les
partis de droite et du centre. Tous les candidats sans
exception ont ignoré le problème des sans domicile,
peut-être parce que leur voix n’a aucune influence.
Enfin, aucune politique étrangère n’a été mentionnée
», ajoute-t-il dans son éditorial.