Le président
syrien Bachar Al-Assad a affirmé que Damas coopérerait étroitement
avec la commission internationale d’enquête sur l’assassinat
de l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri. « Le chef
de la commission d’enquête, l’Allemand Detlev Mehlis, pourra
entendre chaque Syrien qu’il souhaitera », a assuré le président,
en ajoutant qu’ils ont un intérêt dans cette enquête car ils
sont convaincus qu’ils seront « blanchis des soupçons pesant
sur la Syrie, car ses conclusions ne sont pas falsifiées pour
des raisons politiques ». Le président syrien en a profité
pour réitérer que « la Syrie n’a rien à voir avec ce meurtre,
absolument rien ».
Ces déclarations
interviennent après que le Conseil de sécurité des Nations-Unies
a appelé la Syrie, sans toutefois la nommer, à apporter sa
pleine coopération à l’enquête internationale. Le secrétaire
général adjoint des Nations-Unies chargé des affaires politiques,
Ibrahim Gambari, avait estimé que la Syrie n’avait pas encore
répondu aux demandes de coopération de la commission. Côté
syrien, un responsable qui a requis l’anonymat a déclaré que
Damas avait reçu un message comportant des questions adressées
par le chef de la commission d’enquête, Detlev Mehlis, à des
citoyens syriens en tant que témoins, et que le ministre des
Affaires étrangères Farouq Al-Chareh y a répondu. Cependant,
il a poursuivi que « Mehlis n’a pas reçu la lettre à temps
en raison de ses activités et voyages » et c’est pour cela
que son rapport au Conseil de sécurité « ne mentionnait pas
» le message de la Syrie.
Pour leur part,
les Etats-Unis en ont profité pour aller une fois de plus
à la charge contre le régime syrien, dans la ligne de mire
de l’Administration Bush. « Il n’y a aucun doute, selon le
rapport que nous avons entendu, que le manque de coopération
de la Syrie avec la commission Mehlis a retardé considérablement
ses travaux », a ainsi déclaré l’ambassadeur américain auprès
de l’Onu, John Bolton, ajoutant que « ce manque de coopération
est inacceptable ». Mais Damas, qui a affirmé être prête à
poursuivre la coopération avec la commission d’enquête, a
également déclaré à plusieurs reprises que la Constitution
syrienne interdit que des responsables soient interrogés par
une partie étrangère ou jugés à l’étranger. Les responsables
syriens ont par ailleurs affirmé qu’il était interdit, selon
le même texte, à une commission d’enquête étrangère d’opérer
sur le territoire syrien, au risque de porter atteinte à la
souveraineté nationale.
Pour l’heure,
la commission Mehlis n’a pas indiqué le nom des personnalités
syriennes qu’elle souhaitait interroger en qualité de témoins.
Mais selon la presse libanaise, il s’agirait essentiellement
de l’ancien chef des services de renseignements militaires
syriens au Liban, Rustom Ghazali, et de deux de ses principaux
collaborateurs à Beyrouth, Mohamad Makhlouf et Jamaa Jamaa.
Le mandat de
la commission Mehlis expire le 15 septembre, mais sa prorogation
a été évoquée jeudi dernier par les membres du conseil qui
sont d’accord pour lui accorder un délai supplémentaire si
cela s’avère nécessaire .