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Palestine. A peine la bande de Gaza évacuée, Israël a repris sa politique de colonisation et ses opérations militaires visant les activistes palestiniens, mettant en doute les perspectives de paix au Moyen-Orient.

Les tensions demeurent vives

Les craintes palestiniennes autour des véritables raisons du retrait de la bande de Gaza viennent d’être vérifiées. En effet, le premier ministre israélien Ariel Sharon ne cherchait qu’à renforcer davantage la colonisation et la mainmise de l’Etat hébreu sur la Cisjordanie tout en réduisant à néant la résistance palestinienne. Ce faisant, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbass a appelé dimanche les Israéliens à « redonner des motifs d’espérer » aux Palestiniens, dans une interview à la radio publique israélienne. Il a appelé dans ce but le gouvernement israélien à geler la colonisation et en particulier la « judaïsation » de Jérusalem-Est, et à stopper la construction du Mur de séparation en Cisjordanie. Pour le président palestinien, le retrait israélien de Gaza « n’est qu’un début », et les Etats-Unis et l’Europe doivent faire pression sur les Israéliens pour qu’ils retirent leurs colonies de Cisjordanie. Selon les chiffres mêmes du ministère israélien de l’Intérieur, plus de 12 000 Israéliens se sont installés dans des colonies de Cisjordanie entre septembre 2004 et juillet 2005, 6 000 pour la seule année 2005. Comme le retrait de Gaza n’a concerné officiellement que 8 500 personnes, le solde de la colonisation reste nettement positif : le nombre des colons dépassant désormais 250 000 en Cisjordanie.

Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a ainsi accusé Israël dimanche de mettre en péril la viabilité d’un futur Etat palestinien en poursuivant la colonisation autour de Jérusalem, lors d’une réunion de son gouvernement tenue dans la périphérie de la Ville sainte. M. Qoreï a déclaré à l’issue de la réunion que la politique israélienne de colonisation autour de Jérusalem-Est annexée ainsi que la construction du Mur de séparation autour de la ville, visaient à confiner 220 000 Palestiniens habitant Jérusalem dans des « ghettos ». « L’application d’une telle politique ne laisse que peu de place à la création d’un Etat palestinien viable », a déclaré M. Qoreï à des journalistes, tout en insistant sur le fait que « l’Etat palestinien doit être établi aux frontières de 1967 (avant l’occupation israélienne) et les Palestiniens n’accepteront aucune concession sur ce point ».

En mars dernier, le gouvernement avait annoncé son intention de construire 3 500 logements à Maalé Adoumim, la plus importante colonie de Cisjordanie, avec 28 000 habitants. Si ce projet, qui avait été critiqué par les Etats-Unis, est appliqué, la Cisjordanie pourrait se trouver coupée en deux, selon les Palestiniens. Jeudi dernier, un responsable israélien avait également annoncé que l’Etat hébreu allait bâtir le quartier général de la police pour la Cisjordanie près de Maalé Adoumim. L’objectif est de relier Maalé Adoumim aux quartiers de colonisation israéliens de Jérusalem-Est dont cette implantation urbaine est distante d’une dizaine de kilomètres. La veille, les autorités israéliennes avaient ordonné la confiscation de 120 hectares de terres palestiniennes afin d’ériger une barrière autour de Maalé Adoumim. Cette décision avait provoqué la colère des Palestiniens.

Outre la reprise de la colonisation et les tentatives de judaïsation de Jérusalem, les Palestiniens, notamment les habitants de Gaza, craignent de se retrouver plus que jamais dans une vaste prison et ce parce que la libre circulation des biens et des personnes de et vers Gaza est encore loin d’être tranchée. Le statut du terminal de Rafah (à la frontière avec l’Egypte), unique porte de sortie pour les 1,3 million d’habitants du territoire palestinien, n’est toujours pas fixé, Israël souhaitant maintenir son contrôle sur ce point de passage ou le déplacer plus au sud. La remise en service de l’aéroport de Rafah et la construction d’un port à Gaza sont également pour le moment des projets dans les limbes, soumis au feu vert israélien .

Rania Adel

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