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Des clips tirés
des films Bouha, Yana ya khalti (Ma tante ou moi), et Harim
Karim (Le Harem de Karim) sont diffusés en boucle par les diverses
chaînes satellites musicales comme Mazzika, Melody Hits ou Rotana.
Chantés par des stars de la chanson qui se sont mises au cinéma
ou par des acteurs qui poussent la chansonnette, ces clips font
désormais office de bandes-annonces pour les multiples comédies
d'été.
Le procédé sympathique,
léger et loufoque plaît aux spectateurs. Les réalisateurs l'ont
compris et exploitent le phénomène à fond. A travers une nouvelle
émission présentée par Hala Sarhane sur Rotana, Al-Cinéma wal
seif (Ciné d'été), les acteurs sont même invités à interpréter
les chansons du film en direct. Même si souvent la qualité musicale
laisse à désirer, l'engouement pour ces clips n'est pas sans
pallier un vide cinématographique. Il est vrai, comme le remarque
le critique Mahmoud Qassem, que le cinéma égyptien a connu la
comédie musicale depuis les années 1940 avec des chanteurs qui
sont entrés dans le monde du cinéma à la recherche de l’enrichissement
de leur expérience. Mohamad Abdel-Wahab, Oum Kalsoum, Farid
Al-Atrach, Chadia et Abdel-Halim Hafez en étaient des exemples.
« Mais la majorité des films actuels n’ont rien à voir avec
les comédies musicales. L'actuelle tendance vise simplement
la promotion des nouveaux acteurs-chanteurs », fait remarquer
Qassem, ajoutant que « dans les films d'antan les chansons avaient
un vrai but dramatique. Maintenant, le public ne se presse pas
à aller voir des chansons qu'il peut regarder à domicile à travers
les chaînes musicales ».
Le déclic de ces
chansons interprétées par des acteurs a été le film Ismaïliya
rayeh gay (Ismaïliya, aller retour) avec le chanteur Mohamad
Fouad et l’acteur Mohamad Héneidi, ayant interprété leur hit
Kamananna. La notoriété de ces deux initiateurs a donné de l'élan
à d’autres chanteurs-acteurs. Or auparavant, des comédiens comme
Mahmoud Abdel-Aziz ou Ahmad Zaki ont eux aussi poussé la chansonnette.
Ce dernier aimait chanter et il l’a souvent fait comme dans
Arbaa fi mohimma rasmiya (Quatre personnes dans une mission
officielle) de Ali Abdel-Khaleq ou Al-bey al-bawab (Le Concierge)
en 1987. Pourtant, ces chansons n’ont pas été utilisées à des
fins commerciales ou comme arguments de vente pour les films.
Car il n’y avait pas encore de chaînes musicales. La qualité
cinématographique n’était pas aussi médiocre et ne nécessitait
pas autant de promotion. Nader Eloui, responsable de la chaîne
Melody Hits, précise : « Au départ, c’étaient les producteurs
qui nous faisaient cadeau des clips ou bandes-annonces. Ensuite,
en découvrant leur impact publicitaire, on a décidé de les faire
payer. Le coût d'une minute varie entre 3 000 et 5 000 L.E.
Tout dépend de nos relations avec les producteurs ». Un autre
filon d'or.
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