Le
Festival international du Caire de la chanson se placera cette
année sous le signe de la nouveauté avec les ministères du Tourisme
et de la Culture comme organisateurs . « Cette manifestation,
qui était exclusivement organisée par le ministère du Tourisme
pour promouvoir les divers sites touristiques égyptiens, aspire
aussi cette année, grâce à la participation du ministère de
la Culture, à promouvoir la musique et le chant », déclare l’ambassadeur
Salah Sélim, directeur du comité exécutif et président du festival.
Ceci dit, ce festival essaye de tirer profit de cette collaboration
entre les deux ministères, pour étendre son activité tant aux
sites archéologiques qu’à ceux culturels au Caire, à Alexandrie,
à Gouna et à Charm Al-Cheikh. La cérémonie d’ouverture, prévue
le 4 août, qui prenait d’habitude lieu au Palais des congrès
cairote, se passera, pour la première fois, au Grand théâtre
de l’Opéra du Caire.
La cérémonie sera signée par le chorégraphe
Walid Aouni qui a pris la mise en scène en charge, faisant appel
aux chanteurs Nour Méhanna (Syrie), Chaïmaa Saïd (Egypte), Karima
Nytt (Algérie) et Nancy Agram (Liban). Durant cette première
soirée, le festival rendra hommage, entre autres, au poète dialectal
Salah Jahine (1930-1986), au compositeur Ammar Al-Cheréï, aux
chanteurs Samir Al-Iskandarani, Nour Méhanna, Leïla Nazmi et
Nancy Agram. « Cette dernière avait participé pour la première
fois au festival lors de sa 2e édition, en 1997. Devenue l’une
des stars incontestées de la chanson, le festival lui rend aujourd’hui
hommage, comme pour encourager l’une de ses découvertes », précise
l’ambassadeur Salah Sélim.
Pour
que les nouveaux talents se fassent remarquer par les paroliers
et compositeurs de renom, le festival fera revivre dès l’an
prochain les deux compétitions de chants arabes et étrangers.
Des compétitions qui avaient été suspendues lors de ces dernières
années. Mais pour cette édition, l’on se contentera de faire
appel à des jeunes stars comme le chanteur Mahmoud Al-Esseili,
dont l’album Rayeh ala fein (Où vas-tu ?) a eu beaucoup de succès,
et Chérine, dont la voix puissante et mélancolique a suscité
l’admiration de tous. Tous les deux se produiront le 5 septembre,
au Jardin chinois, à Madinet Nasr.
Au bout de 10 ans, le festival a en effet acquis
une grande notoriété, notamment en accueillant lors de ses éditions
précédentes des vedettes internationales de la chanson, à l’instar
d’Andrea Bocelli, Demis Roussos et Lionel Richy. « La présence
de ces chanteurs internationaux attribuait au festival une valeur
accrue et l’a placé sous les feux de la rampe », indique Salah
Sélim. Poursuivant cette même tactique, le festival accueillera
cette année la troupe de tango argentin Sexteto Danial Viacava
et la chanteuse portugaise Katia Guerreiro. Sexteto Danial Viacava
a déjà animé de nombreuses festivités internationales au Brésil,
Taiwan, en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis. Elle regroupe
8 danseurs et porte le nom de son chorégraphe, pianiste et compositeur
Danial Viacava. Elle prendra part à la cérémonie d’ouverture,
pour se produire ensuite le 8 septembre, toujours au Grand théâtre
de l’Opéra. La troupe sera accompagnée par la fameuse chanteuse
Karima Rivera lors d’une autre soirée, prévue le 7 septembre
au théâtre Sayed Darwich, à Alexandrie.
La chanteuse Katia Guerreio pour sa part est
attendue le 6 septembre, au palais cairote de Manesterli, à
Manial, et le 7 septembre au théâtre Sayed Darwich, à Alexandrie.
Réputée pour sa voix dense, chaude, ample, passant du son le
plus délicat à la plainte passionnée. « A travers sa voix, elle
crée une émotion à l’état pur, sans retenue … Les mots frappent
l’imaginaire à la manière la plus simple qui soit, c’est-à-dire
naturellement », précise à cet égard le critique Sami Sadeq.
Avec une telle programmation qui se rapproche
pour beaucoup de celle des années précédentes, la contribution
du ministère de la Culture sera mise à rude épreuve. Une comparaison
s’imposera par la force des choses.