Suite à l’annonce de la nouvelle de l’achat
de 70 % des actions de la Misr International Bank (MIBank)
par la National Société Générale Bank (NSGB), 317 employés
de la première ont présenté leur démission avant même
que la fusion n’ait été effective. Ces anciens employés
— ayant 20 ans d’expérience — ont préféré partir en retraite
avant l’exécution de la transaction de peur de perdre
des avantages accordés par la MIBank, notamment celui
du Fonds d’assurance privé qu’ils avaient eux-mêmes créé.
Le Fonds a cumulé depuis sa création 480 millions de L.E.
Mais cette somme, si énorme semble-t-elle, ne couvre pas
toutes les retraites et les récompenses dues au grand
nombre de démissionnaires. Par ailleurs, ce Fonds d’assurance
privé accorde également des services médicaux pour les
employés et leurs familles.
La colère des employés de la MIBank a
mené la Banque Centrale d’Egypte (BCE) à envoyer un comité
formé du vice-gouverneur de la BCE, Tareq Amer, membre
au conseil d’administration de la BCE, Mona Zolfouqar,
et le PDG de la banque Misr, Mohamad Barakat, afin de
négocier avec les employés démissionnaires. Barakat a
assuré que « la direction de la NSGB tient à donner les
mêmes privilèges qu’elle donne à ses propres employés
à ceux de la MIBank ». Le comité a finalement réussi à
en convaincre une centaine — les plus jeunes — de changer
d’avis, en leur présentant l’alternative d’adhérer au
fonds privé de la NSGB. « Les pensions et les services
médicaux qu’offrent le fonds de la NSGB sont beaucoup
plus inférieurs aux nôtres, mais que puis-je faire, je
n’ai aucune autre alternative ? », s’insurge un des jeunes
fonctionnaires de la MIBank.
Désormais, les 200 restants demeurent
dans le flou. « Après 20 ans d’expérience, si j’accepte
de faire comme eux, je recevrai à ma retraite, un an plus
tard, 250 000 L.E. au lieu d’un million », rétorque un
directeur à la banque qui a gardé l’anonymat. Selon lui,
il faut revendiquer ses droits aujourd’hui et démissionner
avant la fusion.
La NSGB, en réaction aux démissions en
masse qui ont eu lieu la semaine dernière, a refusé de
payer les pensions des anciens employés de la banque qu’elle
a achetée. Et pour cause. Si 200 employés sur un total
de 317 ont démissionné, le Fonds de la MIBank risque alors
d’être déficitaire de 200 à 250 millions de L.E. Mohamad
Madbouli, PDG de la NSGB, se défend : « Depuis le début
des négociations, nous nous sommes mis d’accord avec la
BCE pour liquider ce Fonds. Par ailleurs, l’accord exclut
les arriérés d’impôts de la MIBank et les créances douteuses
».
Les démissionnaires, eux, ne voient que
deux issues à cette crise. La première est que NSGB remplisse
tous ses engagements envers « ses employés » en payant
leurs droits. La deuxième est de consacrer une somme du
total de la valeur de la transaction pour couvrir leurs
droits.