| |
|
Présidentielles.
La bataille électorale bat son plein, les dix candidats en lice
n’ayant que trois semaines pour convaincre de leurs programmes.
Une tournée dans les
principales villes du pays semble la meilleure façon de séduire
l’électorat. Reportage. |
| Au
pas de course |
Il est 20h. On
est en plein centre du Caire, dans l’enceinte de la ville
fatimide. Le cortège franchit la grille du parc d’Al-Azhar.
Moubarak apparaît entouré de quelques hauts responsables.
Il ne s’agit pas d’une visite officielle cette fois-ci. Ce
tout nouveau parc lui servira de créneau pour lancer sa campagne
électorale loin des protocoles des palais présidentiels. La
verdure vient rejoindre la couleur qu’il a choisie pour sa
campagne et même pour son slogan, le croissant vert. Un symbole
qui est celui d’un avenir prospère, telle est l’image que
veut
donner ce candidat à sa propre succession, du moins c’est
ce que dit cette grandiose pancarte placée en arrière-fond.
« Leadership et traversée vers l’avenir ». Un avenir de jeunes
même si Moubarak brigue son cinquième mandat à 77 ans et d’où
d’ailleurs sa photo sur la pancarte : chemise et cravate,
le traditionnel costume disparaît, et pour ce premier meeting
inaugural de la campagne électorale, il abandonne la cravate
se contentant d’une chemisette et d’une veste simple. Le chef
de l’Etat cherche sans doute la simplicité dans le contact
avec le citoyen. Il passe devant les quelques centaines de
partisans et monte au créneau pour demander aux électeurs
de le soutenir « afin de continuer à bâtir la nation » même
s’il semble assuré d’emporter ce scrutin du 7 septembre. «
Je vous promets un doublement des salaires et la création
de quatre millions d’emplois ». Un programme social pyramidal.
« On va construire en six ans près de 500 000 logements ou
encore 3 500 nouvelles écoles », lance-t-il devant la foule
sans oublier de soulever la fameuse question des réformes
politiques et de démocratie. Il renouvelle son intention d’abroger
l’état d’urgence, instauré en 1981 après l’assassinat du président
Sadate, mais une fois une nouvelle loi antiterroriste adoptée.
Le raïs se prononce aussi pour la révision du système de la
garde à vue qui permet actuellement une détention prolongée
jusqu’à six mois sans inculpation. A chaque phrase lue de
son discours écrit, ses partisans l’interrompent avec des
cris « Oui à Moubarak ». C’est le fameux gardien de but d’Ahli,
Ahmad Chobeir, qui anime la foule au rythme d’une musique
légère. Entouré des jeunes portant des t-shirts sur lesquels
est imprimé le visage du raïs, Chobeir les appelle à répéter
des slogans en faveur du président. La traditionnelle tente
électorale et les classiques banderoles disparaissent ; n’est-il
pas l’homme de l’avenir ? Derrière lui quelques Egyptiens
: hommes, femmes, modernes ou en djellaba traditionnelle,
sont installés.
Une campagne à l’américaine même s’il rejette
toute contrainte de Washington. « Je n’accepterai aucune pression
», affirme-t-il comme pour signaler son attachement aux discours
d’hier. Le fond reste le même mais la forme, elle, a beaucoup
changé. Le président achève son discours. Il descend de la
tribune pour saluer les ministres et hauts responsables au
moment où deux écrans grand format diffusent un documentaire
de dix minutes sur la vie militaire et familiale de Moubarak.
Les slogans se poursuivent : « Ô Gamal, dis à ton père, les
habitants de Bab Al-Cheariya vont l’élire », en allusion à
la circonscription électorale de son rival Aymane Nour.
|
La bête noire du régime
|
A environ 150
km de là, sur le Canal de Suez, le candidat le plus médiatisé
poursuit sa campagne présidentielle. Aymane Nour, qui avait
donné le coup d’envoi de la campagne presque à la même heure
que Moubarak, a choisi Ismaïliya pour son premier déplacement
en dehors de la capitale. Un vendredi, juste après la prière
de midi, les fidèles sortent de la mosquée d’Al-Kheir wal
baraka, se dispersent avant de se rassembler de nouveau à
une dizaine de mètres de ce lieu de culte. Facile à repérer
les lieux, des banderoles orange, la couleur de Nour, même
si juste en face les adeptes du PND ont obscurci le ciel par
leurs pancartes. Une traditionnelle tente multicolore est
élevée juste en face d’un café où la clientèle est surtout
pro-Moubarak. Un meeting moins somptueux que son rival au
parc d’Al-Azhar. Les partisans du président du parti Al-Ghad
distribuent
des tracts avec son programme et se précipitent pour installer
les chaises pour leur meeting électoral. Ils veulent éviter
tout accrochage à ce moment. Des coups de fil leur annoncent
l’arrivée imminente de leur chef, le deuxième candidat en
lice pour la présidentielle, mais l’adversaire numéro un de
Moubarak. Les haut-parleurs installés à l’intérieur de la
tente annoncent son arrivée au moment où il apparaît au bout
de la rue entouré surtout de jeunes. « Oui Aymane ... Nous
t’aimons », scande la foule. On se bouscule, quelques coups
de coudes ne manquent pas ... chacun tente de se procurer
une place. Pas de chance pour la plupart. Le tout commence
par un récital de Coran, le cheikh semble avoir bien choisi
les versets ... Il les achève par Nour ou lumière en arabe
!! Puis c’est l’heure des discours, d’abord un représentant
de Kéfaya, ce mouvement qui était le premier à réclamer le
départ de Moubarak. Un membre du parti Tagammoe prend la parole
avant de la céder à Aymane. Discours en dialectel. Il commence
par des petites histoires qui tracent les difficiles conditions
de vie des Egyptiens. « Un jeune diplômé de sciences politiques
se suicide car en l’absence de piston il perd un emploi au
ministère de l’Economie ». L’ambiance est à l’effervescence.
Il sait trouver les mots justes pour convaincre, il critique
Moubarak, sans le désigner. Un véritable challenger. « Trois
dignes repas pour chaque citoyen », tel est l’objectif qu’il
se fixe mais aussi « 150 L.E. de RMI pour les chômeurs ».
Connu pour son habileté politique, Nour souligne que l’Egypte
« a fortement besoin de changement ». Et pour ce, il reconnaît
n’être pas « le meilleur Egyptien pour la présidence, mais
je sais que je suis le meilleur des dix candidats ». Un partisan
du PND tente de lui couper la parole, Nour refuse. Les échanges
se poursuivent pendant quelques minutes. La tension monte
laissant prévoir d’éventuelles frictions. Le chef d’Al-Ghad
demande à ses fidèles de se calmer. « Il est venu ici en mission
et il l’a achevée, laissez-le partir » et il reprend son discours.
Il s’engage, en cas de victoire, à organiser une période de
transition et de libéralisation politique de deux ans, avant
une nouvelle élection en 2007. Le meeting s’achève sur « Où
sont les journalistes, le président est là ». Entouré d’une
foule, Nour monte dans une Mercedes noire, suivi de taxis
orange, de la couleur de la ville. Une petite tournée en ville
avant d’entamer la deuxième étape à Port-Saïd.
C’est justement
dans cette ville commerciale du Canal que Noamane Gomaa a
commencé sa tournée électorale. Ce candidat du parti néo-Wafd
a choisi un lieu qui n’est autre que symbolique : le jardin
de Saad Zaghloul. Un choix pertinent, le nom du jardin étant
celui du leader qui a posé les principes du parti de « La
délégation » (Al-Wafd) en 1919. Un jardin situé dans le quartier
d’Al-Arab, considéré comme étant le quartier le plus peuplé
de la ville. Un endroit qui laissait prévoir des manifestations
chaleureuses pour Gomaa dans toute la ville. Mais le paysage
était plus que choquant pour le néo-Wafdiste. Dès l’entrée
de la ville, et juste à côté de l’affiche « Bienvenue à Port-Saïd
! » s’élève une grande pancarte où on pouvait lire : « Oui
à Moubarak ... pour la prospérité et le développement ». Ce
n’est que la première dans une grande série de pancartes multicolores,
d’énormes ballons et des ponts à hydrogène en faveur du PND
... partout et tout au long de la route qui mène au meeting
dudit véritable concurrent de Moubarak. « Les habitants de
Port-Saïd disent oui à l’aigle de la guerre d’Octobre. Les
membres de la municipalité disent oui à Moubarak ». Mais où
est le « oui » à Gomaa ? Les banderoles de celui-ci sont à
peine percevables. Elles semblent faire défaut au milieu de
ce festival d’afPND. Une simple pancarte « Noamane Gomaa,
candidat du néo-Wafd ... Sois avec moi, ô peuple, pour un
changement sérieux », en bas de la flamme qui lui sert d’emblème.
Une
fois sur les lieux de la rencontre, les affiches de Gomaa
deviennent plus nombreuses. Ses partisans sont là, ils scandent
: « Ô Noamane, ô humain, fais revenir l’Egypte d’autrefois
», « Wafdistes, Wafdistes, nous sommes pour Nahhas (premier
ministre wafdiste d’avant la Révolution) jusqu’à la fin du
monde ». La foule est en pleine effervescence. Des jeunes
habillés de t-shirts avec l’image de Gomaa sont partout ;
ils brandissent de grands drapeaux sur lesquels on pouvait
voir le croissant et la croix. Comme un retour en 1919 lors
des manifestations de Nahhas et de Saad Zaghloul. Mais à l’entrée,
l’écran qui diffuse des publicités de Gomaa rappelle qu’on
est en 2005. « On étouffe ... Si on veut vraiment changer,
on n’aura besoin de l’aide de personne ... Demandez-moi des
comptes », dit la publicité et un jeune s’adresse à la foule
: « Vous entendez ... il dit demandez-moi des comptes, c’est
là le véritable changement ». Il est 21h, la tente est archi-pleine,
le candidat portant un élégant costume noir fait son apparition
avec un grand sourire et sous les applaudissements de ses
partisans. Le discours commence. « De la ville héroïque de
Port-Saïd, citadelle des Wafdistes, Noamane Gomaa, chef du
néo-Wafd, candidat aux présidentielles, s’adresse à vous pour
vous dire le vrai synonyme du changement ». Et Gomaa se met
à détailler son programme électoral, jouant sur le point sensible
de la zone franche de la ville. « Port-Saïd est une ville
marginalisée par le régime qui enviait la prospérité économique
engendrée par la zone libre et c’est pourquoi il l’a annulée
en 2002. Cette annulation n’était pas une décision politique
ni économique, mais simplement une décision aléatoire. Faire
renaître la zone libre est ma priorité. Donnez-moi seulement
votre soutien ».
Comme sa flamme,
il veut brûler le régime actuel. A chaque phrase lue de son
discours, les partisans l’interrompent toujours avec des cris
et des slogans très longs. « Vive Noamane, le président !
». « Nous avons choisi le difficile. Lui c’est le gouvernement,
mais toi c’est le peuple ». Un partisan du PND essaye de couper
la parole à Gomaa. La foule se met en colère en criant : «
Espion ... Espion ... Dehors, dehors ! ». Gomaa lui-même n’hésite
pas à prendre à partie l’intrus avant d’énumérer toutes les
« décisions aléatoires du régime : Tochka, le tunnel d’Al-Azhar,
la dette extérieure de l’Egypte ». Il est 22h30, le discours
approche de sa fin. Gomaa, sur un ton révolutionnaire, annonce
tout comme Aymane Nour que s’il est élu président de la République,
il procédera à la libération de tous les détenus politiques.
Il veut s’identifier à Moustapha Al-Nahhas en 1950, dit-il.
|
Avec fanfare et tambour |
On descend un
peu plus vers le sud, dans le Delta. « Al-Oqsori, Al-Oqsori
… l’homme des réformes, Al-Oqsori, Al-Oqsori l’homme juste et
intègre … Al-Oqsori, Al-Oqsori, etc. », scande une voix dans
des haut-parleurs attachés sur le toit d’une voiture. De taille
moyenne et de forte corpulence, le candidat aux présidentielles,
Wahid Fakhri Al-Oqsori, est arrivé à 21h rue Gamie Al-Salam
à Mansoura pour donner le coup d’envoi de sa campagne présidentielle.
Aussitôt descendu
de sa voiture au début de la grande rue, l’homme au visage affable
et souriant, a embrassé quelques sympathisants qui se précipitaient
vers lui. Alors qu’une troupe de musiciens munis de tambours
et de trompettes, vêtu de la galabiya traditionnelle, ouvrait
la marche du petit cortège qui s’est formé autour du candidat.
Ce petit attroupement d’une trentaine de personnes s’est ensuite
dirigé vers la tente où Al-Oqsori devait prononcer son discours.
La tente vide jusqu’alors s’est vite remplie d’hommes, de femmes
et d’enfants, des sympathisants du parti venus des villages
alentour. Et là, les slogans criés par les haut-parleurs ont
vite été remplacés par un poème élogieux sur l’homme et ses
exploits. On pouvait entendre « Tu n’as pas besoin de te fatiguer,
tu es né pour être à Qasr Al-Qobba (palais présidentiel) ».
Plus
d’une centaine de personnes assises sous la tente et très peu
de curieux se sont arrêtés pour l’écouter. Pour les propriétaires
des nombreux magasins et les habitants du quartier, cette première
apparition publique d’Al-Oqsori a eu lieu sans grand émoi. Ces
derniers, jusqu’à l’arrivée du candidat, ignoraient tout de
lui mis à part bien sûr son nom et le poste auquel il aspire,
ainsi que le soleil, symbole de sa campagne. Le tout étant calligraphié
sur les trois ou quatre banderoles, qui décoraient la tente.
« Pour nous c’est un illustre inconnu », disent les jeunes propriétaires
d’un magasin.
« Si c’était un
politicien connu, j’aurais été curieux d’écouter ce qu’il a
de nouveau à présenter. Mais celui-là qui est-il ? Je ne peux
pas croire un inconnu même s’il est très bien », dit le plus
jeune des deux. Alors que l’autre ajoute : « Où a-t-il fait
ses preuves ? Quelles expériences a-t-il, surtout en politique
extérieure ? C’est le plus difficile pour un président. La gestion
interne, n’importe qui peut la réussir », conclut-il. Alors
qu’une femme au foyer, la cinquantaine, qui loge dans le coin,
se défile en disant qu’elle doit rendre visite à un malade,
mais elle prend le temps de dire que le chef de l’Etat et sa
femme font du bon travail.
Al-Oqsori n’a pas
de responsable de campagne électorale, ce sont tous des membres
du parti, surtout des jeunes cadres qui y travaillent. Pas donc
de professionnels mais ils s’affairent, vêtus tous de chemise
identique beige achetée dans le commerce, sans aucun rapport
avec le parti. Ce petit groupe distribue le programme électoral
d’Al-Oqsori, ainsi qu’un aperçu sur son historique, ses exploits
et ses ambitions. On pouvait y lire aussi qu’il est apparenté
en ligne directe avec le prophète Mohamed. Chef du parti Misr
al-arabi al-échteraki (socialiste) depuis 2004, Al-Oqsori est
né en 1953. C’est en 1995 qu’il a été désigné secrétaire général
du parti.
Ce militaire de
carrière, diplômé de l’Ecole militaire en 1974, qui est également
détenant d’une licence de droit, annonce d’une voix forte, à
résonance révolutionnaire, le ton de sa campagne. Celle-ci est
axée sur plusieurs points parmi lesquels sa volonté d’œuvrer
pour reconstruire l’homme dans son intégrité et ses valeurs.
« Nous ne pouvons plus laisser des valeurs laïques nous gouverner,
des valeurs qui ne sont pas les nôtres et qui pourtant nous
envahissent », a-t-il dit à plusieurs reprises. Des paroles
fortement applaudies. Ce sont les rares moments où l’assistance
réagit à son discours. |
Sous le signe d’Ahmosis |
Maintenant, c’est
la descente vers la Haute-Egypte. « Saluons Ahmosis, vainqueur
des Hyksos, et Narmer, l’unificateur de l’Egypte. Saluons le
fils de la Haute-Egypte qui va être élu président de la République
grâce à votre soutien ». C’est avec ces références historiques
que Mamdouh Qénawi, président du Parti constitutionnel social
et candidat aux élections présidentielles, est accueilli lors
de son premier meeting électoral organisé jeudi dernier, dans
le gouvernorat de Sohag, sa ville natale. Etabli au Caire depuis
une quarantaine d’années, Qénawi a choisi la Haute-Egypte pour
lancer sa campagne. « A l’instar du président Moubarak qui a
déclaré sa candidature depuis Ménoufiya où il est né, j’ai décidé
moi aussi de démarrer ma campagne à partir du gouvernorat de
Sohag », souligne Qénawi. Il est 7h40, Qénawi, accompagné d’une
dizaine de membres et de dirigeants de son parti, prend le train
pour Sohag. Il ne veut pas profiter de ce trajet de 7 heures
pour convaincre les passagers de son programme électoral, se
contentant seulement de se faire prendre en photo, notamment
avec les enfants. Seuls les passagers de la première classe
bénéficient d’un contact direct avec le « concurrent de Moubarak
» qui les invite à assister à son meeting, le soir, pour connaître
son programme dont il n’a pas de copie sur lui ! Ni même de
cartes de visite ou encore son emblème électoral ! Pour toute
publicité, Qénawi a sur lui un seul exemplaire d’un livre préseson
Parti « constitutionnel et social » dont beaucoup de passagers
ignorent l’existence. A 14h, le train arrive à la gare de Sohag.
Des centaines de Saïdis sont à l’accueil de Qénawi. Dès qu’il
franchit la marche du train, ses supporters se précipitent vers
lui et le portent sur les épaules. « Que Dieu donne la victoire
à Qénawi », « Par l’âme, par le sang, nous nous sacrifions pour
toi Qénawi », « Le peuple de Sohag soutient celui qui représente
la transparence et l’honnêteté », « Vive Qénawi, le soutien
des pauvres », scandent-ils. « Je suis là aujourd’hui avec mes
amis pour soutenir le fils de notre ville dans sa campagne.
Qénawi est le seul candidat saïdi, nous n’allons jamais l’abandonner
», souligne Mohamad Darwich, fonctionnaire.
Le rassemblement
se dirige vers la rue. Le nombre des supporters se multiplie.
Ils sont déjà plusieurs milliers à brandir des pancartes louant
Mamdouh Qénawi. Les slogans se mêlent aux rythmes des tambours
et des flûtes et aux youyous des femmes. Et le candidat à la
présidence de danser avec ses supporters enthousiasmés, sous
les yeux étonnés des membres de son parti.
Il paraît que Mamdouh
bénéfice de l’appui des habitants de son village natal, Al-Kharfa,
et des autres villages voisins qui sont venus pour le saluer.
Bien que beaucoup d’entre eux soient illettrés et ignorent même
l’enjeu des élections, ils ont tous l’intention de donner leur
voix à Mamdouh, le fils de la Haute-Egypte. Juste par « tradition
qui oblige tous les Saïdis à soutenir le candidat issu de la
Haute-Egypte quelles que soient ses tendances et idées », affirme
Mazhar Mohamad, maire d’Al-Kharfa, ce village qui compte 15
000 personnes dont 5 500 électeurs.
Qénawi, lui, estime
que ce ne sont pas seulement les traditions qui poussent les
habitants à voter pour lui. A 21h, sur la place Al-Aref Bellah,
deux milliers de personnes sont réunies sous une tente dressée
où le candidat a tenu son meeting électoral. Dans son discours,
Qénawi fustige la politique du régime actuel tout en promettant
aux Egyptiens une nouvelle Constitution basée sur une vraie
démocratie. La conférence achevée, le calme règne à nouveau
dans la ville de Sohag. Seules les banderoles resteront accrochées
pour rappeler les promesses du candidat . |
|
| Retour
au sommaire |
|
|