Al-Ahram
Hebdo : Votre projet d’alphabétisation a commencé dès le début
des années 1990. Pourquoi a-t-il tardé à porter ses fruits
?
Abdel-Hamid
Maréï : Le
projet a vraiment commencé au début des années 1990, mais
ce n’est qu’en août 2004, date de la nomination du nouveau
gouverneur, Mohamad Fathi Al-Baradei, qu’on a commencé à avancer
sérieusement. Nous avons mobilisé tous les secteurs concernés
au gouvernorat après avoir étudié les raisons pour lesquelles
le projet n’avançait pas. Nous avons découvert que le problème
résidait dans le manque de motivation des gens. Nous avons
donc décidé de récompenser les étudiants et les professeurs
qui arrivent au résultat voulu. Par exemple, nous offrons
aux étudiants des pèlerinages et des petits pèlerinages et
nous embauchons les jeunes étudiants ayant terminé avec succès
le programme d’alphabétisation. De même, les étudiants plus
âgés ayant accompli ce programme ont le droit d’inscrire gratuitement
leurs enfants dans les écoles et d’obtenir tous les services
sans payer les frais, mais aussi, pour eux et leur famille,
ont le droit à des services médicaux gratuits dans les hôpitaux
publics du gouvernorat. Et pour motiver les professeurs, nous
avons décidé d’embaucher dans le secteur gouvernemental toute
personne ayant alphabétisé 25 étudiants.
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Quelle est la tranche d’âge ciblée par ce projet ?
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Nous avons commencé par les 15-45 ans qui représentent 37
000 habitants. A notre grande surprise et contrairement aux
autres gouvernorats, 80 % des analphabètes étaient des hommes.
Damiette est effectivement un gouvernorat connu par ses ateliers
de meubles. Les familles préfèrent donc envoyer leurs garçons
y travailler. Ce sont donc les filles qui vont à l’école,
et non pas le contraire comme dans les autres gouvernorats.
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Comment avez-vous financé ce projet ?
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Le mufti avait auparavant affirmé qu’une partie de la zakat
(aumône) pouvait aller dans les projets d’alphabétisation.
L’argent de la zakat est donc une partie du financement de
ce grand projet national. Par ailleurs, les ONG et les partis
politiques nous ont aidés. Certains nous ont donné de l’argent
et d’autres comme le PND ont financé les voyages que l’on
offrait à nos étudiants.
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Quels sont vos plans d’avenir ?
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La deuxième phase de notre projet consiste à aider nos étudiants
à poursuivre leurs études préparatoires et secondaires puis
à apprendre l’usage de l’ordinateur. Nous commencerons cette
deuxième phase début septembre.