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Kiosque. La bataille électorale bat son plein en Egypte. La presse a mis l’accent sur l’aspect propagande de cette campagne.
Des promesses tous azimuts

Les titres de la presse cette semaine illustrent l’image d’une scène politique en effervescence : « Les élections présidentielles entre réalité et espoirs », « Les fardeaux du citoyen dans l’agenda de Moubarak », « Les élections présidentielles ... et les queues des candidats », « Une vision de l’avenir et un pari sur l’avenir », « Moubarak et un nouveau contrat social », « La propagande noire », « La télévision, premier partenaire dans les élections présidentielles », etc.

Sous le titre « Moubarak ... un nouveau contrat social », l’éditorial d’Al-Ahram a indiqué que « le programme électoral de Moubarak pour la présidentielle stipule la transformation des réformes politiques, économiques et sociales, en une réalité constituant une réforme globale pour le régime politique, et une évolution économique moderne. Tout ceci permettra d’établir un nouveau contrat social entre le gouvernement et le peuple, et mettra l’Egypte sur le chemin du progrès ».

Al-Ahram toujours envisage un autre aspect des présidentielles : « Quel que soit le vainqueur aux prochaines élections présidentielles, il doit dès maintenant porter tout son intérêt sur les priorités de la vie du citoyen, dont la poursuite de la réforme démocratique, l’emploi, améliorer le niveau de vie et la réforme de l’enseignement. Ce sont là des objectifs qui ne doivent nullement être ignorés, ni reportés. Tout candidat doit réfléchir comment mettre en application ces réformes afin qu’elles ne deviennent pas de simples slogans ».

Certains analystes doutent de la capacité du président de mettre en œuvre tous les points de son programme. Ce « nouveau contrat social » dont il est question suscite d’ailleurs une multitude d’interrogations.

« Mais pourquoi n’entend-on parler de ces nouvelles réformes que maintenant ? Quelles sont les garanties de mettre en application le programme du PND si son candidat l’emporte ? Où le gouvernement trouvera-t-il l’argent nécessaire pour la création de 700 000 emplois, la construction en six ans de près de 500 000 logements ou encore de 3 500 nouvelles écoles ? Et pourquoi tout ceci n’a-t-il pas été fait avant ? », s’interroge Karam Gabr dans le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef.

Sur un ton très ironique, Waguih Awad, dans le quotidien Al-Ahrar, compare : « Les queues des candidats aux présidentielles aux queues devant les boulangeries pour le pain ».

Concernant la participation des citoyens, Mohamad Abdellah souligne, dans Akhbar Al-Yom, que « tout citoyen ayant le droit de vote se doit de participer avec sérieux à ces élections, et doit se convaincre que sa voix est une partie intégrante de la volonté de la société ».

Sur l’absence de certains partis d’opposition, Ragab Al-Banna, dans Al-Ahram, pense que « les partis qui ont eu le courage de descendre dans la rue pour tenter cette expérience historique gagneront même si les résultats ne sont pas en leur faveur. Et les partis qui se sont abstenus pour se contenter du rôle de spectateur ont raté l’occasion de communiquer avec le public pour présenter le programme politique et social de la gauche égyptienne. Je pense qu’en exposant ce programme à l’opinion publique, ils auraient pu influencer le dialogue autour des problèmes prioritaires et leurs problèmes ».

Des analystes plus pessimistes, à l’instar de Mohamad Hammad, dans l’hebdomadaire Al-Arabi, estiment qu’il n’y a aucun changement de prévu. « Le peuple égyptien souhaite le changement, et nous savons que les élections présidentielles ne seront pas cette porte ouverte sur le changement, alors ce peuple égyptien n’a qu’à espérer qu’il vienne de tout en haut ».

Hoda Ghali

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Impasse

A trois semaines du sommet mondial de New York qui doit adopter une ambitieuse réforme de l’Onu, son projet phare, l’élargissement du Conseil de sécurité, apparaît très compromis.

C’est au point que le secrétaire général de l’organisation internationale, Kofi Annan, pourtant chaud partisan d’un tel élargissement, a évoqué récemment pour la première fois la possibilité que le sommet passe sans qu’un accord ne soit trouvé sur cette question qui déchaîne les passions. Les dirigeants mondiaux doivent se réunir du 14 au 16 septembre, avant la session annuelle de l’Assemblée générale de l’Onu qui marquera le 60e anniversaire de la création de l’organisation internationale.

Actuellement, le projet d’élargissement du Conseil de sécurité est dans l’impasse, avec trois propositions concurrentes sur la table et un manque d’enthousiasme évident de la part de trois des cinq membres permanents actuels du Conseil, les Etats-Unis, la Chine et même la Russie, pour sortir du statu quo.

La proposition du G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) vise à faire passer le Conseil de sécurité de 15 à 25 membres, avec six nouveaux sièges permanents sans droit de veto et quatre non permanents. Celle de l’Union Africaine (UA) prévoit un Conseil de sécurité de 26 membres, avec six nouveaux sièges permanents dotés du veto, dont deux attribués à des pays africains, et cinq sièges non permanents, dont deux reviendraient également à des pays africains. Comme l’adoption d’un tel projet par l’Assemblée générale exige un vote à la majorité des deux tiers, soit 128 voix sur 191, le G4 a courtisé le groupe africain, fort de 54 membres, pour qu’il se rallie à sa proposition, sans succès jusqu’à présent. Un troisième projet a été déposé par le groupe dit « Unis pour le consensus » mené par des rivaux régionaux du G4 (Italie, Argentine, Mexique, Pakistan, Corée du Sud) et par le Canada, prévoyant l’élargissement du Conseil à dix nouveaux membres non permanents, élus pour deux ans comme c’est actuellement la règle, mais avec la possibilité d’être réélus immédiatement à la fin de leur mandat.

Pour l’instant, les Africains sont soumis à d’intenses pressions des adversaires du G4, notamment des Etats-Unis et de la Chine, alliés de facto dans cette affaire. Washington ne souhaite pas élargir le Conseil de sécurité à plus de 20 membres et veut que son principal allié asiatique, le Japon, obtienne un siège permanent sans droit de veto. Mais Pékin s’oppose à la candidature de Tokyo, à qui il reproche de s’être insuffisamment repenti de son passé militaro-colonialiste, et prône un consensus qu’il sait impossible à atteindre.

 

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