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Palestine. L'évacuation de la bande de Gaza et de deux colonies de Cisjordanie est entrée dans sa dernière phase.

La Cisjordanie, prochaine bataille

Les forces israéliennes ont évacué lundi Netzarim, la dernière des 21 colonies de la bande de Gaza. Mais avant le transfert de la région au contrôle de l'Autorité palestinienne, la bande de Gaza doit être d'abord confiée à l'armée israélienne. Celle-ci doit déménager les biens laissés par les colons, superviser la destruction de leurs maisons et coordonner les efforts en vue du transfert de contrôle. Dans le même temps, Israël doit démanteler pour la première fois des implantations du nord de la Cisjordanie, où des incidents ont éclaté dimanche en fin de journée. En Cisjordanie, l'évacuation ne concerne que quatre colonies sur plus de 120 et le territoire évacué autour de ces colonies ne sera pas entièrement sous autorité palestinienne, Israël en gardant le contrôle sécuritaire. Deux des quatre implantations de cette région, Ganim et Kadim, ont été évacuées la semaine dernière. L'évacuation des deux autres, Homesh et Sanour, où se sont retranchés plus de 1 500 activistes de droite opposés au retrait, a quant à elle débuté mardi. En prévision à toute violence, les forces de sécurité palestiniennes ont érigé des barrages dans le nord de la Cisjordanie.

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbass a, à cette occasion, appelé les groupes armés palestiniens à s'abstenir de toute opération susceptible d'entraver, de retarder ou d'empêcher l'application du plan de retrait israélien. Un appel qui risque de ne pas être entendu par les activistes du Hamas et du Djihad islamique. Ce dernier, qui a revendiqué l'attentat suicide commis dans la ville côtière israélienne de Netanya en juillet ayant fait cinq morts, a en effet déclaré qu'il allait poursuivre ses attaques contre Israël. « Les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne ne donneront pas à la résistance la possibilité d'attaquer Israël, mais nous ferons ce qui est bon pour la nation », estime le mouvement.

L'Autorité palestinienne aura donc la dure tâche de contrôler les groupes armés, et en même temps œuvrer pour une relance véritable du processus de paix, avec à terme la création d'un Etat palestinien. Si Mahmoud Abbass a estimé que le retrait israélien était le fruit des « sacrifices » du peuple palestinien, lors d'un rassemblement vendredi à Rafah pour célébrer l'évacuation de la bande de Gaza, il sait parfaitement que ce retrait est loin de signifier qu'il s'agit d'un pas vers la création de l'Etat palestinien. « Nous vivons ces jours-ci une joie historique, une joie extraordinaire avec la sortie des colons de Gaza », a-t-il lancsé devant des centaines de partisans de son mouvement, le Fatah, rassemblés à Rafah.


Sharon promet une poursuite de la colonisation

Mais la joie des Palestiniens reste incomplète. En effet, le retrait ne met pas un terme à la politique de colonisation qui a toujours été partie intégrante des politiques israéliennes depuis 1967. Au contraire, le premier ministre israélien Ariel Sharon a assuré que « la colonisation a été un programme sérieux qui va se poursuivre et se développer ».

Des propos aussitôt qualifiés d'inacceptables par l'Autorité palestinienne. « S'ils veulent la paix, ils doivent démanteler les colonies de Cisjordanie et dans la région de Jérusalem comme ils ont décidé de le faire dans la bande de Gaza », a déclaré le principal négociateur palestinien, Saëb Eraqat. De même, Washington a pressé Israël de « ne pas se limiter » au retrait de Gaza, laissant présager de difficiles échanges avec le premier ministre israélien, qui avait assuré la veille que la colonisation allait désormais se développer en Cisjordanie .

Inès Eissa
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