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Théâtre . Des 47 compagnies qui se sont présentées pour la sélection, un premier jury en a retenu six pour la troisième édition du Festival de théâtre au centre culturel Al-Sawi, du 17 au 22 août. De belles surprises. Suivi.

Des perles dans l’océan

En cette période de l’année où la saison théâtrale est officiellement terminée, on constate qu’une agitation inattendue se déroule dans les théâtres de l’Etat et qu’une pléthore de festivals regroupant essentiellement des troupes indépendantes pullulent aussi bien au Caire que dans quelques villes de province. Leur nombre et leur présence continue s’imposent à nous comme si un réel mouvement existait, même si les arcanes d’un tel phénomène restent floues et que ses caractéristiques ne sont pas jusqu’ici définies. D’ailleurs, c’est peut-être dans la diversité de ce qu’elles présentent — tant au niveau du texte que de la théâtralité du spectacle — que réside l’originalité de ces troupes, sans vouloir annoncer des principes de travail ou rédiger un manifeste pour déclarer leurs intentions. Mais il faudrait tout de même se méfier des intentions car, entre le désir de créer une œuvre artistique et le produit fini présenté au public, se situe le problème de base concernant la créativité même de ces jeunes artistes : ils veulent dire quelque chose, mais n’ont pas les moyens appropriés pour l’exprimer, le mettre en forme ou le représenter. C’est pourquoi nous avons tout le temps l’impression de voir non pas des spectacles bâclés, mais plutôt faits au hasard de l’instant. Expliquons-nous : dans une même pièce peuvent s’entremêler kitsch, baroque, réalisme, jeu distancié, déclamation, tendance brechtienne, chant, danse, etc., sans que ceci ne soit le résultat d’un parti pris dramatique ou d’un point de vue scénique qui, en tentant de faire cohabiter des styles et des genres hétéroclites, cherche à construire résolument une image (et non pas une autre). Il résulte de cette incohérence cacophonique et du manque de rigueur une inconsistance générale, une dégradation de la mise en scène, une interprétation bafouée, des scènes diffuses et un discours prolixe.

De manière générale, nous remarquons que les jeunes artistes, s’ils ne rejettent pas les textes d’auteurs dans leur intégralité, s’en inspirent pour une nouvelle écriture. Mais cette dernière ne reflète à aucun moment une relecture contextuelle du texte original qui pourrait éclairer une situation, rendre plus dense une relation, mettre en relation les faits du passé avec le présent, transférer le comique en tragique, donner une portée politique à ce qui se voulait purement social, fournir une analyse psychologique pour approfondir les traits d’un banal personnage, accentuer le poétique pour échapper à la platitude rhétorique, etc. Le choix d’un texte existant n’est alors qu’un alibi, un prétexte pour mettre en place un enfilement de scènes disparates que les spectateurs, chacun à sa manière, devront — à la demande de l’auteur « inspiré » — ajuster comme les pièces d’un puzzle pour en tirer « la morale ». Cette attitude perverse qui ne désire témoigner de rien rend le public responsable de son incompréhension. Et c’est ainsi que ces jeunes artistes n’avoueront jamais — plus par ignorance que par satisfaction — que leur « performance » manque de logique et de cohésion.

D’autre part, s’ils refusent les textes publiés tant par la littérature arabe qu’étrangère, avec l’idée qu’ils ne s’y retrouvent pas et qu’ils ne correspondent pas à leurs aspirations dans l’état actuel de leur vie, nous ne distinguons pas, à l’inverse, des textes sortis de leur vécu, de leur propre expérience. Mais pour leur rendre ce qui est de droit, on dira qu’ils excellent dans la création de saynètes où le quotidien pris en dérision atteint une ampleur remarquable. Mais cette attitude d’aborder tout et rien par le risible peut être néfaste car plus rien n’a de valeur à leurs yeux.

Il y a cependant des exceptions. Fort heureusement. De belles surprises qui vous réconcilient avec ce vaste petit monde. Au Festival de théâtre organisé par le centre culturel Al-Sawi, six compagnies, comme des perles dans l’océan, se distinguent par leur intelligence, leur maturité et leur savoir-faire : Troupe Question avec Noir et Blanc, adaptation de Othello ; troupe Al-Masrawiya avec Liberté de la ville de l’Irlandais Brian Friel (mise en scène Khaled Al-Essawi) ; troupe Moments avec L’Eléphant ! Sa Majesté de tous les temps (mise en scène de Mohamad Schuman) ; troupe de l’Université d’Aïn-Chams avec Caligula (mise en scène Mohamad Gabr) ; troupe Carisma avec Antigone, où es-tu ? (mise en scène Ahmad Seif). Il est presque certain que d’avoir présenté des textes originaux dans leur intégralité, ou de les avoir adaptés ou égyptianisés selon des règles dramaturgiques conséquentes, ils ont su respecter la structure initiale.

Othello, c’est l’autre face de Iago, c’est-à-dire que le personnage et son double ne font qu’une seule personne, mais dans ce dédoublement, ils ne se ressemblent pas exactement. Tout un jeu conflictuel où la raison se perd et la réalité devient rêve. Aussi perturbant que cela paraisse, il y a justement une dimension théâtrale qui vient s’ajouter aux scènes shakespeariennes tant connues. Tandis que dans Liberté dans la ville, il a suffi de transposer l’action de Belfast au Caire avec tous les remaniements adéquats pour que la pièce ait un impact ponctuel et une portée régionale. Dans L’Eléphant, qui fut celui du Syrien Wannous, il en reste la trame même si la troupe a décidé presque brillamment d’adopter la forme de théâtre dans le théâtre pour garder une certaine distanciation que très vite elle annule afin de nous rendre à l’évidence (et du théâtre et de la réalité !).

Le plaisir que nous ont offert ces compagnies durant une semaine rachète tout l’ennui que nous avons subi pendant la saison qui se termine.

Menha el Batraoui
Craig David à Charm Al-Cheikh

Pour faire face aux impacts des attentats terroristes qui ont frappé Charm Al-Cheikh le mois passé, un concert musical aura lieu jeudi 26 août dans cette ville sous le signe du refus du terrorisme. Ce concert regroupera un nombre de chanteurs européens et arabes, avec en tête de liste le chanteur britannique Craig David et le chanteur libanais Ragheb Alama, le groupe musical Wama et les jeunes chanteurs Hossam Habib, Hatem Fahmi, Iwan et May Sélim.

C’est la première visite de Craig David en Egypte, jeune chanteur star de la scène musicale britannique.

Talentueux, Craig David a, en un temps record, secoué le monde de la chanson et de la musique dite R’n’B, et les ventes de ses tubes ont dépassé les 13 millions d’exemplaires, ce qui lui a valu le titre de meilleur chanteur britannique en 2005.

 
 
 
 
 
 
 

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