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Privatisation . La cession de l’entreprise égyptienne Trenco au géant des pneumatiques français Michelin a échoué malgré l’existence d’un accord de vente préliminaire.

Michelin ne placera pas ses billes

Après le grand bruit qui a accompagné son implantation sur le marché égyptien, le géant français du pneu Michelin s’est retiré du marché national au dernier moment, au grand dam du gouvernement. L’entreprise française a surpris tout le monde en refusant de conclure la vente de l’entreprise publique pour le transport et l’ingénierie Trenco, malgré l’existence d’un accord préliminaire entre Michelin et le gouvernement égyptien depuis février dernier. Le ministère de l’Investissement avait déjà compté Michelin parmi les privatisations de l’année et avait additionné le coût de sa vente au revenu de la privatisation au cours de l’année.

Michelin s’est présenté pour acheter Trenco l’année dernière, mais l’assemblée générale du Holding des produits chimiques n’a accepté l’offre qu’en février 2005. C’est le ministre de l’Investissement, Mahmoud Mohieddine, qui a accéléré les choses. Cependant, les négociations qui ont duré presque 6 mois pour régler la question des employés et des actifs que Michelin ne voulait pas acheter ont mené à l’échec de la transaction. Selon le ministre, les questions relatives à la main-d’œuvre, le terrain dont Michelin ne voulait pas, etc. ont été réglées au cours des négociations mais la transaction n’a pas été effectuée à cause de questions environnementales. Une source du ministère de l’Investissement a ajouté que le retrait de l’entreprise française est dû au changement de son administration. « Le nouveau directeur de Michelin s’est rendu en Egypte spécialement pour expliquer aux responsables égyptiens que la nouvelle direction préfère construire un nouveau projet à capacité de production plus grande que Trenco », explique une source au ministère de l’Investissement.

L’importance de cette transaction ne réside pas dans son coût puisque celui-ci ne dépasse pas les 10 millions de dollars. Le ministère avait en effet accepté de vendre Trenco à un prix bien plus inférieur à celui de son évaluation, pour se débarrasser de ce fardeau. Les pertes annuelles de l’entreprise s’élèvent à 100 millions de L.E. et ses dettes avoisinent 1 milliard de L.E.

Après l’échec de la vente, le ministre s’est trouvé obligé de déclarer la restructuration de Trenco nécessaire à sa survie. Selon Adel Al-Mozi, président du Holding des produits chimiques, Trenco a besoin de 200 millions de L.E. d’investissements. Une partie de cette somme sera utilisée pour la restructuration de la main-d’œuvre, un terme utilisé pour dire mettre une partie des ouvriers à la retraite anticipée. Le reste de la somme servira à transférer l’entreprise de son emplacement actuel devant la gare d’Alexandrie vers un autre lieu en raison de la grande pollution qu’elle génère.

Cependant, pour certains experts, la somme de 200 millions de L.E. est insuffisante. « Restructurer cette entreprise est une mission impossible. Elle nécessite des fonds plus importants que le ministère ne possède pas. C’est le ministre qui l’a lui-même déclaré. Pourquoi nous trompe-t-il maintenant ? », se demande un responsable du Holding des produits chimiques. Ce que le ministre lui-même reconnaît : « Nous allons effectuer une restructuration partielle de l’entreprise, pas comme celle qu’allait effectuer Michelin. Il s’agira juste d’un coup de pouce pour qu’elle puisse continuer à produire ». Mohieddine reste pourtant optimiste, il croit en une privatisation future de Trenco grâce à Michelin. Pour l’instant, le Holding des produits chimiques a jusqu’à nouvel ordre donné 15 jours de congé à ses employés.

Marwa Hussein
Névine Kamel

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