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Avec ou sans dialogue
Par Mohamed Sid-Ahmed
Nombreux sont ceux qui, animés de bonne foi, croient que les partis d’opposition ont manqué beaucoup en interrompant le dialogue avec le parti au pouvoir. Ainsi n’ont-ils pas participé à l’élaboration des amendements des lois sur la réforme politique. Dans le cadre de la même argumentation, on relève que si ces opposants avaient adopté une attitude positive, s’ils avaient présenté des suggestions et des alternatives, le gouvernement aurait pris leur avis en considération dans l’amendement des lois qui organisent la vie politique. Selon ces mêmes critiques, une telle attitude aurait été préférable au recours aux manifestations et slogans inefficaces.

Or, personne ne croit à ces justifications. Le bilan des lois amendées jusqu’à présent prouve que rien n’a changé indépendamment de l’existence ou de l’absence de ce dialogue. Malgré toutes les discussions, le problème majeur reste sans solution, celui de l’épuration des listes électorales et du regain de confiance de l’électeur pour qu’il aille de plein gré aux urnes, convaincu que sa voix aura un poids. Ceux qui ont formulé la loi de l’exercice des droits politiques pensent que l’imposition de sanctions et amendes aux abstentionnistes conduira l’électeur aux urnes. Et ce, alors que les députés du PND ont refusé, sans raison plausible, l’emploi des urnes transparentes en verre, ainsi que la formation d’un comité général pour les élections à l’écart de la domination du gouvernement qui serait présidé par une personnalité juridique autre que le ministre de la Justice. D’un autre côté, un article a été ajouté à cette loi interdisant la couverture médiatique des élections. Ce qui menace la liberté de la presse. Nombreux sont ceux qui s’abstiendront de participer aux élections, surtout s’il s’avère qu’il y a une fraude électorale.

Nous avons vu comment les élections se sont déroulées au Liban et en Iran. Les taux de participation y étaient élevés. Les citoyens se sont rendus aux urnes sans renfort sécuritaire ni accusations de fraude électorale. Le Liban a vécu une grave crise à la suite de l’assassinat de Hariri et l’évacuation des forces syriennes. Cependant, ces élections se sont déroulées en toute intégrité. Par ailleurs, l’Iran a réussi à préserver l’intégrité de ses élections, bien que Washington ait essayé de les ternir en affirmant qu’elles n’étaient pas démocratiques. Les Iraniens ont afflué aux urnes pour choisir leur président parmi sept candidats possédant chacun une large base populaire.

Les deux peuples, libanais et iranien, ont fait preuve d’une grande vivacité. Aucune force politique n’a boycotté les élections. Tous les partis ont pris part aux élections dans une bataille équitable.

Le peuple égyptien a le droit de bénéficier d’une conjoncture politique et législative garantissant des élections honnêtes et intègres, présidentielles ou parlementaires. Des élections où le citoyen exercera son devoir électoral sans crainte ni peur.

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