Nombreux
sont ceux qui, animés de bonne foi, croient que
les partis d’opposition ont manqué beaucoup en
interrompant le dialogue avec le parti au pouvoir.
Ainsi n’ont-ils pas participé à l’élaboration
des amendements des lois sur la réforme politique.
Dans le cadre de la même argumentation, on relève
que si ces opposants avaient adopté une attitude
positive, s’ils avaient présenté des suggestions
et des alternatives, le gouvernement aurait pris
leur avis en considération dans l’amendement des
lois qui organisent la vie politique. Selon ces
mêmes critiques, une telle attitude aurait été
préférable au recours aux manifestations et slogans
inefficaces.
Or,
personne ne croit à ces justifications. Le bilan
des lois amendées jusqu’à présent prouve que
rien n’a changé indépendamment de l’existence
ou de l’absence de ce dialogue. Malgré toutes
les discussions, le problème majeur reste sans
solution, celui de l’épuration des listes électorales
et du regain de confiance de l’électeur pour
qu’il aille de plein gré aux urnes, convaincu
que sa voix aura un poids. Ceux qui ont formulé
la loi de l’exercice des droits politiques pensent
que l’imposition de sanctions et amendes aux
abstentionnistes conduira l’électeur aux urnes.
Et ce, alors que les députés du PND ont refusé,
sans raison plausible, l’emploi des urnes transparentes
en verre, ainsi que la formation d’un comité
général pour les élections à l’écart de la domination
du gouvernement qui serait présidé par une personnalité
juridique autre que le ministre de la Justice.
D’un autre côté, un article a été ajouté à cette
loi interdisant la couverture médiatique des
élections. Ce qui menace la liberté de la presse.
Nombreux sont ceux qui s’abstiendront de participer
aux élections, surtout s’il s’avère qu’il y
a une fraude électorale.
Nous
avons vu comment les élections se sont déroulées
au Liban et en Iran. Les taux de participation
y étaient élevés. Les citoyens se sont rendus
aux urnes sans renfort sécuritaire ni accusations
de fraude électorale. Le Liban a vécu une grave
crise à la suite de l’assassinat de Hariri et
l’évacuation des forces syriennes. Cependant,
ces élections se sont déroulées en toute intégrité.
Par ailleurs, l’Iran a réussi à préserver l’intégrité
de ses élections, bien que Washington ait essayé
de les ternir en affirmant qu’elles n’étaient
pas démocratiques. Les Iraniens ont afflué aux
urnes pour choisir leur président parmi sept
candidats possédant chacun une large base populaire.
Les
deux peuples, libanais et iranien, ont fait
preuve d’une grande vivacité. Aucune force politique
n’a boycotté les élections. Tous les partis
ont pris part aux élections dans une bataille
équitable.
Le
peuple égyptien a le droit de bénéficier d’une
conjoncture politique et législative garantissant
des élections honnêtes et intègres, présidentielles
ou parlementaires. Des élections où le citoyen
exercera son devoir électoral sans crainte ni
peur.