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Athlétisme.
En réalisant le doublé 1 500 m-800 m des
Mondiaux d'Helsinki, le Bahreïni d'origine marocaine
Rachid Ramzi devient la fierté de son pays d'adoption.
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La
montée de Ramzi |
Rachid
Ramzi a réalisé un doublé inédit aux Mondiaux
d’athlétisme, en remportant dimanche à Helsinki
le 800 m, quelques jours après sa victoire sur
le 1 500 m. Seul le Néo-Zélandais Peter Snell,
aux Jeux Olympiques (JO) de 1964 à Tokyo, avait
fait aussi bien que Ramzi sur les deux distances
du demi-fond. Toujours aux avant-postes, Ramzi
(25 ans) a résisté au retour du Russe Yuriy Borzakovskiy,
champion olympique à Athènes, ralenti dans sa
progression par le Français Mehdi Baala et obligé
de courir en troisième épaisseur dans le dernier
virage. D’origine marocaine, Ramzi a battu son
record personnel (1:44.24). Sur le fil, Borzakovskiy
(1:44.51), médaille d’argent comme à Paris en
2003, a remonté le vétéran kényan William Yiampoy,
troisième (1:44.55). « J’ai tiré les leçons de
mes erreurs d’Athènes. Ces résultats sont simplement
ceux d’une préparation fantastique que j’ai entreprise
pour ces championnats », déclare Ramzi, vainqueur
sur le double tour de piste.
En
remportant le 1 500 m, le Bahreïni Rachid Ramzi
a ainsi offert un premier titre au Bahreïn. En
3 min 37 sec 88/100, il a devancé son ex-compatriote,
le Marocain Adil Kaouch (3:38.00) et le Portugais
Rui Silva (3:38.02), déjà médaillé de bronze aux
Jeux Olympiques (JO) d'Athènes. « Je travaille
en ce moment, depuis mon élimination en demi-finales
des JO d'Athènes. J'espérais une météo plus favorable
pour que je puisse courir plus rapidement. Mais
la course n'était pas rapide jusqu'au démarrage
de Webb (l'Américain). Cela m'a aidé parce que
je comptais sur ma vitesse en finale », souligne
Ramzi.
Comme
l'avait prédit l'ex-athlète marocain Saïd Aouita,
le sprint final a été déterminant dans la désignation
du vainqueur de cette course rudement disputée
et dont le rythme était lent, ce qui explique
le faible chrono signé par le vainqueur (3 mn
37 sec 88/100e) et la différence de 2 centièmes
qui sépare les 2e et 3e places.
Rachid
Ramzi était très impressionnant lors des séries
et des demi-finales. Mais la finale était une
course très tactique. « Exactement le schéma que
je souhaitais, même si j'ai dû attendre le dernier
tour pour me lancer vraiment », souligne le champion
du monde qui était le grand favori de cette course.
Car le 2 juillet dernier, lors du Meeting de Rome
comptant pour la Golden League, Ramzi a surpris
le monde sportif en battant le Marocain Hicham
El Guerrouj. Ce dernier avait subi sa première
défaite depuis la finale olympique de Sydney,
en 2000, sur 1 500 m, en se classant huitième
du Meeting de Rome. Le quadruple champion du monde
restait sur 29 succès consécutifs et n'avait plus
été battu en Meeting depuis 1995. Mais Rachid
Ramzi avait remporté cette course. Le coureur
de Bahreïn avait amélioré la meilleure performance
mondiale de l'année en s'imposant en 3 min 30
sec 25/100e.
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Du
Maroc au Bahreïn
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Le
premier titre de Ramzi, encadré par l'ex-athlète
marocain Khalid Boulami, remonte à 1999 lorsqu'il
avait décroché la médaille d'argent du 1 500 m aux
Championnats d'Afrique juniors en tant que Marocain.
Deux ans plus tard, il choisit de s'exiler et acquiert
en 2001 la nationalité bahreïnie. « Venir au Bahreïn
a été uniquement motivé par des considérations économiques.
Il n'y a pas eu d'approche de la part du gouvernement
du Bahreïn », affirme le champion du monde. Ainsi,
le Bahreïn ne peut que se féliciter de cette naturalisation
puisqu'en 2002, Ramzi réalisait le doublé 800 m
- 1 500 m aux Jeux asiatiques. Aujourd'hui, sergent
dans la Garde royale de son pays d'adoption, il
ne reste là-bas que trois mois par an et s'entraîne
la plupart du temps à Rabat et à Ifrane, le camp
de base de Hicham El Guerrouj.
Ce
dernier, grand absent de cette édition, aurait souhaité,
pour sa part, qu'El Kaouch monte sur la plus haute
marche du podium pour que « l'hymne national retentisse
dans le stade olympique d'Helsinki, d'autant plus
que je procéderai à la remise des médailles aux
vainqueurs et que si c'était le cas, je ne me sentirais
pas absent de la course car le titre serait resté
marocain », déclare le champion olympique de la
discipline. En tout cas, les performances de Rachid
Ramzi et d'Adil El Kaouch confirment la qualité
d'une école marocaine de demi-fond. |
Doublé
arabe
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Rachid
Ramzi et le Marocain Adil El Kaouch, respectivement
champion et vice-champion du monde du 1 500 m, ont
confirmé, mercredi à Helsinki, la place de l'athlétisme
arabe dans cette discipline.
Après
Hicham El Guerrouj (1997 à Athènes, 1999 à Séville,
2001 à Edmonton et 2003 à Paris), l'Algérien Noureddine
Morceli (1991 à Tokyo, 1993 à Stuttgart et 1995
à Göteborg ) et le Somalien Abdi Bile (1987
à Rome), Rachid Ramzi, natif de Safi (1980), offre
au sport arabe le neuvième sacre mondial sur un
total de dix, sachant que le titre de la première
édition (Helsinki 1983) était revenu au Britannique
Steve Cram. C'est aussi la deuxième fois que deux
athlètes arabes occupent les deux premières places
de cette discipline, après l'édition de 1995 à Göteborg,
où Morceli et El Guerrouj sont entrés, respectivement,
premier et deuxième.
L’exploit
de Ramzi a suscité beaucoup d’interrogations. Les
journaux internationaux ont accusé le champion du
monde d’être dopé car aucun sportif n’est capable
de réaliser une telle performance. Mais de son côté,
Ramzi précise qu’il est régulièrement contrôlé.
« Depuis que je suis ici, j’ai subi trois contrôles
antidopage en quatre jours. Et j’en avais effectué
deux autres le mois dernier ». |
Doaa
Badr |
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Bahreïn
fait son sprint |
Avec
deux médailles d'or et deux athlètes qualifiés pour
les finales de leur discipline, Bahreïn peut s'enorgueillir
de son accession au titre des grandes nations de
la discipline. |
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Rachid
Ramzi, Maryam Jamal et Belal Ali ont donné au Bahreïn
des ailes. Ces 3 athlètes ont réalisé un grand exploit
pour leur pays, en remportant 2 médailles d'or et
2 bons classements.
Le
champion du monde 1 500 m-800 m, Rachid Ramzi,
est un employé au ministère de la Défense. En 2002,
les Bahreïnis l’ont fait venir du Maroc. Nouveau
passeport, nouvelle situation financière, un exemple
de plus de la « fuite des orteils » qui secoue l’athlétisme
depuis quelques années. Au Bahreïn, l’athlétisme
est même devenu une cause nationale parce que le
roi, cheikh Hamad bin Issa Al Khalifa, est un passionné
de la discipline. Il met le prix pour attirer les
meilleurs du monde. Résultat : 2 médailles d'or
et plusieurs athlètes d'un bon niveau. « Dans sa
jeunesse, notre roi était un spécialiste du 800
mètres », explique fièrement Khalid Aldosani, chef
d’équipe de Bahreïn. Le souverain n’hésite donc
pas à payer pour attirer les athlètes. « Il ne faut
pas nous confondre avec le Qatar, qui est un très
gros producteur de pétrole. Notre budget pour l’athlétisme
n’est que de 500 000 dollars annuels. Et puis, nous,
nous formons de jeunes athlètes à la base. Nous
avons un vrai programme de développement de l’athlétisme
dans notre pays. Nous ne prenons pas de mercenaires
», assure Fawaz bin Mohammad Al Khalifa, le ministre
bahreïni des Sports. Des propos confirmés par Khalid
Boulami, ancien athlète marocain devenu entraîneur
au Qatar : « Bahreïn est capable de former des athlètes
sur les épreuves techniques et sur le sprint. Nous
avons des jeunes qui arrivent, mais ça demande du
temps. Je suis actuellement à la recherche de grands
entraîneurs de sprint. D’ici quatre ans, Bahreïn
sera doté d'une grande équipe ». En charge de l’athlétisme
de la « perle du Golfe arabe » depuis 2002, Boulami
mesure le chemin parcouru : « Les moyens mis à notre
disposition ont considérablement augmenté. Quand
je suis arrivé, nous n’avions qu’un budget de 60
000 dollars. Maintenant, le train est sur les rails
».
Transfuge
de l’Ethiopie, réfugiée politique en Suisse, la
fondeuse Zenebech Tola a failli devenir française
avant d’adopter la nationalité bahreïnie, sous laquelle
elle court le 1 500 m à Helsinki, où elle a terminé
5e. Devenue désormais Maryam Jamal, elle a choqué
une partie du Parlement de Bahreïn, d’obédience
islamique, en courant en short et bras nus lors
des récents meetings européens. Une polémique que
veut aussi dégonfler le ministre des Sports : «
Nous avons aussi des chrétiens chez nous. Notre
pays est peuplé de diversités (Ndlr : un tiers d’étrangers
pour une population de 670 000 habitants). Il n’y
a pas de problème avec Maryam Jamal ».
Pour
Belal Ali, il a réalisé une grande performance en
terminant 7e du 800 m et devenir du coup, le plus
jeune athlète de la course. A 15 ans, ce garçon
représente un futur extraordinaire pour son pays.
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