22
médailles, dont 6 en or, tel a été le bilan africain pour
ces Mondiaux d’athlétisme. Une performance satisfaisante
mais pas au niveau de la précédente édition, Paris 2003,
où les Africains avaient réalisé leurs meilleurs chiffres
dans l’histoire des championnats du monde en remportant
22 médailles également mais avec 11 en or, soit le quart
des médailles d’or. De plus, 8 pays africains avaient
figuré au tableau final. Pour cette édition, seuls 5 pays
y sont présents.
Mais,
malgré ce recul on relève que de nouveaux pays africains
ont figuré dans le palmarès, à l’exemple de l’Ouganda
et du Ghana, qui n’y avaient pas figuré en 2003. Ces deux
pays sont venus s’ajouter aux habitués : l’Ethiopie, le
Kenya et le Maroc.
D’ailleurs,
l’Ethiopie a conservé à Helsinki sa 3e place au classement
final. Avec 9 médailles, dont 3 d’or, elle a fait mieux
qu’en 2003, où elle avait raflé 7 médailles, dont 3 en
or. Une progression logique pour ce pays qui en 2001 a
été 6e. A Helsinki, ce sont les grands athlètes éthiopiens
qui ont récolté les médailles. Kenenisa Bekele a conservé
son titre du 10 000. Bekele, 23 ans, très croyant et attentif
aux signes du destin, a finalement renoncé au doublé 10
000 - 5 000 m qu’il n’avait pu réussir ni aux Mondiaux
2003 à Paris ni aux Jeux Olympiques (JO) de 2004. « Je
préfère le 10 000 m et je ne courrai pas le 5 000 m »,
précise le nouveau roi des rois, que beaucoup considèrent
comme le meilleur coureur de demi-fond de l’histoire.
Huit fois champion du monde de cross-country, Bekele souhaite
brûler les étapes et jeter son dévolu sur le marathon
après les Jeux de Pékin de 2008 pour rejoindre l’irremplaçable
dans le cœur des Ethiopiens, le mythique Abebe Bekila,
vainqueur aux JO de Rome (1960) et de Tokyo (1964). La
jeune Tirunesh Dibaba, 20 ans, elle, a été sacrée reine
des reines en réalisant le doublé, 5 000 m et 10 000 m.
En effet, toutes les médailles de l’Ethiopie ont été obtenues
dans 4 disciplines seulement, 5 000 m et 10 000 m hommes
et dames. Une chasse gardée si l’on peut dire.
Si
l’Ethiopie a conservé sa place aux côtés des grandes nations
de l’athlétisme, le Kenya, lui, n’a pas démérité. Il a
terminé à la 10e place, avec 7 médailles, dont une en
or, contre 2 lors des Mondiaux de Paris. C’est Benjamin
Limo, vainqueur du 5 000 m messieurs, qui a sauvé l’honneur
en offrant à son pays sa première et unique médaille d’or
des Mondiaux à la dernière journée de la compétition.
Limo, un vétéran (31 ans), avait été médaillé d’argent
sur la distance aux championnats du monde 1999 à Séville.
Avec
3 médailles, dont une en or, le Maroc a réalisé une bonne
performance. En l’absence de la supervedette Hicham El
Guerrouj, quadruple champion du monde du 1 500 m, les
Marocains ont envisagé les choses avec pessimisme. Mais
ils ont quand même été classés 11e grâce à Jaouad Gharib,
qui a conservé son titre mondial du marathon. Viennent
enfin l’Ouganda et le Ghana, qui occupent respectivement
les 20e et 24e places. La plus belle des surprises vient
de l’Ougandaise Dorcus Inzikuru, devenue la première championne
du monde de l’histoire du 3 000 m steeple dames. Inzikuru,
âgée de 23 ans, avait remporté les trois courses qu’elle
avait disputées cette saison, établissant au passage les
deux meilleures performances de la saison. Le 1er juin,
à Milan, elle avait également réalisé la meilleure performance
mondiale sur 2 000 m steeple, en 6min 04sec 46/100. Jusqu’à
lundi, l’Ouganda désespérait de voir même une lueur de
médaille, dans une compétition internationale d’athlétisme
depuis celle en or de John Akii-Bua au 400 m haies aux
JO de Munich, en 1972. Donc, la jeune Inzikuru a réalisé
un grand exploit pour son pays.
Au
moment où l’Ouganda faisait sa première apparition au
tableau final, d’autres pays africains s’étaient éclipsés.
La plus grande absence vient de l’Afrique du Sud. Ce pays,
qui a fait bonne figure durant les dernières éditions,
notamment en 2003 lorsqu’il a terminé 7e avec 4 médailles,
dont 2 en or, a échoué cette fois-ci en ne récoltant aucune
médaille. Ces dernières années, l’Afrique du Sud a investi
un nouveau champ. Les Sud-Africains se sont départis des
épreuves de demi-fond et de fond, spécialités africaines,
pour se mettre à d’autres disciplines. En 2003, ils ont
remporté 2 médailles d’or en saut en hauteur hommes et
dames. Mais à Helsinki, Jacques Freitag, champion du monde
en titre, a été éliminé lors des qualifications de la
hauteur, juste une demi-surprise après les performances
médiocres enregistrées ces dernières semaines. Freitag,
23 ans et le plus grand (2,07 m) des spécialistes mondiaux,
avait bien établi la meilleure performance mondiale de
l’année (2,38 m), également record d’Afrique, mais c’était
début mars et la fin de la saison estivale dans l’hémisphère
sud. Le Sud-Africain avait été moins performant lors des
trois réunions de la Golden League en juillet dernier
(Paris, Rome, Oslo), avec comme meilleure place la troisième
en Norvège (2,25 m).
Ainsi,
ces championnats du monde se sont distingués par l’apparition
de nouvelles figures et aussi par l’évolution prometteuse
de certains pays telle l’Ethiopie. En tout cas, les résultats
des athlètes africains étaient satisfaisants même avec
un petit recul en nombre de médailles.