Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Points de vue

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

La diversité culturelle à l'heure de la mondialisation
Awatef Abdel-Rahmane
Professeur à la faculté de communication

Il va sans dire que le mécanisme économique de la mondialisation vise à unifier le monde sous l'emblème du « pouvoir des marchés ». Il est de même indubitable que ses pratiques focalisent essentiellement sur la libéralisation du commerce de toutes les contraintes tout en facilitant la liberté de circulation des capitaux à travers les frontières et en stimulant les investissements étrangers.

Cependant, ces pratiques saturées de la culture de leur origine ne peuvent jamais être neutres. En effet, les forces contrôlant la mondialisation veulent non seulement faire circuler les marchandises, mais également diffuser une gamme de valeurs politiques, économiques, sociales et culturelles. De telles valeurs ont pour objectif de renforcer l'idéologie du marché accordant la priorité à l'individualisme, à l'intérêt personnel, aux valeurs consuméristes et à l'instauration des conceptions occidentales de la démocratie et des droits de l'homme. Il est vrai que l'énorme progrès technologique survenu dans le domaine des communications a pu accroître l'interaction culturelle mondiale. Toutefois, un problème de taille a surgi : la fluidité des messages médiatiques et culturels provenant des centres capitalistes du Nord à destination des pays du Sud. Ces derniers se transforment en fin de compte en un simple destinataire de ces messages partiaux et de valeurs contradictoires à celles de ces sociétés. Bref, il s'agit là d'une menace d'une invasion culturelle à même de porter atteinte aux particularités de ces sociétés. Pire encore, les « maîtres du marché » visent à imposer leur hégémonie culturelle à travers des élites œuvrant à réduire les mœurs et coutumes, les cultures et les divers modes de vie à un modèle unique.

Ainsi, les différentes libertés se transformeront en « la liberté d'expression commerciale », et les droits des citoyens en « droit de la souveraineté du consommateur ». Ceci aura lieu en diffusant et répétant que l'histoire a pris fin et qu'il n'existe aucune option politique ni sociale sauf le modèle de la mondialisation et du capitalisme en place.

A vrai dire, les partisans des idéologies du marché ont pleinement profité de la crise idéologique et de l'échec des programmes de libération nationale et sociale ayant suscité des sentiments de déception chez les peuples du Sud. Ils ont de même profité de l'échec des projets de développement du Sud et tiré un énorme profit de la technologie des communications accordant la priorité à la culture du visuel aux dépens de l'écrit. En effet, la télévision est devenue la source essentielle de connaissance et les conceptions médiatiques relatives à la culture ont été complètement bouleversées. Et compte tenu de la suprématie des Etats-Unis dans le domaine audiovisuel, les peuples affrontent aujourd'hui le risque de l'instauration d'un espace mondial à l'américaine consacré à servir les demandes du marché mondial.

Or, ceci a suscité diverses réactions de par le monde. Des voix fondamentalistes religieuses et nationalistes se sont fait entendre ainsi que des appels à se barricader et à s'armer par les identités nationales. Sans oublier les protestations officielles et populaires appelant à l'adoption du principe de l'exception culturelle prôné par la France et le Canada. D'autres formes de luttes sociales et culturelles contre la mondialisation ont pris naissance mais elles diffèrent d'un pays à l'autre et d'une classe sociale à l'autre. Cependant, elles reflètent globalement un nouveau dynamisme historique à travers lequel les forces d'opposition expriment leur refus de la mondialisation et de ses répercussions culturelles et économiques.

A vrai dire, si la mondialisation culturelle jouit de certains avantages comme la défense de l'environnement, des droits de l'homme et des libertés essentielles des individus et des groupes, elle se heurte violemment aux droits des classes socialement marginalisées. D'où l'importance de la question des droits culturels et de leur protection à l'ombre de l'inégalité des chances et du fossé séparant le Nord, monopolisant les capacités technologiques, et entre les habitants défavorisés du Sud.

Haut de page
Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631