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Artisanat. The Building
Crafts of Cairo. A Living Tradition présente une alternance
d’images de l’artisanat ancien et contemporain.
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| Témoignage
vivant |
Esthétique
et tradition demeurent dans le vieux et moderne Caire.
Agnieszka Dobrowolska a traversé ses rues, pressant
le pas vers la foule. Elle est allée à la rencontre
de ces gens, les maîtres artisans, leur a parlé, ils
lui ont expliqué le secret de leurs métiers. Son ouvrage,
intitulé The Building Crafts of Cairo. A Living Tradition
nous montre le talent, l’ingéniosité et la dextérité
de l’Egyptien. C’est dans le Vieux-Caire que se trouvent
les ateliers d’artisanat, souvent groupés dans les cours
suroccupées des anciens caravansérails urbains, les
wékalas : dinandiers, avec leurs petits marteaux ronds
sonnant sur le cuivre, leurs ciseaux aigus le gravant,
ébéniste incrustant la nacre dans le bois. On voit un
artisanat sans âge, d’une confondante habileté. Maçon,
ouvrier de carrière, graveur, décorateur, orfèvre, souffleur
de verre, forgeron, boiseur ... La liste pourrait être
interminable. L’auteure, architecte spécialisée dans
le domaine de la conservation du patrimoine (Conservation
Architect), installée au Caire depuis 1992, a par ailleurs
travaillé sur plusieurs sites archéologiques en Egypte,
et dirigé nombre de projets architecturaux de la ville
du Caire, au Centre de recherches américain, dont notamment
le mausolée royal, dans la Cité des morts. Elle est
également co-auteure de Muhammad Ali Pasha and His Sabil
(AUC Press, 2004).
Le
livre en question est un vrai plaisir pour les sens,
chef-d’œuvre remarquable tant par la forme que par le
contenu. Le lecteur, voyageur imaginaire à travers le
temps réel, se rend compte à quel point la passion peut
nourrir une œuvre. Et le promeneur, arpentant les vieilles
rues du Caire, fait remarquer l’auteure, trouvera les
artisans, dans leurs magasins, affairés à leur tâche.
Tel a été le but d’A. Dobrowolska, saisir, comme dans
une caméra, le mouvement des hommes en action. « J’ai
voulu, dit-elle, continuer là où s’est arrêté Edmé-François
Jomard dans Description de l’Egypte, Etat moderne, Art
et métiers ». Les métiers traditionnels, constate-t-elle,
tels qu’ils étaient observés et décrits par les hommes
de la campagne bonapartienne, continuent de vivre parmi
nous, tout en s’adaptant à la nouvelle ère de la modernisation.
Et ce, depuis environ 200 ans. Ont été enregistrés également
la générosité des gens qui ont accueilli la chercheuse
et le sourire des enfants aux visages illuminés.
Dans les
dernières pages du livre, l’auteure s’interroge sur
les corporations de métiers au Caire, leur statut dans
la société, les différentes organisations, leur évolution,
etc. Elle essaie d’y répondre, retraçant ainsi le fil
historique, depuis le temps de la campagne française
jusqu’à nos jours. Une belle comparaison fort intéressante.
Le projet
de ce livre a été réalisé avec la collaboration de l’Institut
néerlandais au Caire et de la délégation égyptienne
de la Commission européenne, financé en grande partie
par cette dernière, ainsi que par l’ambassade des Pays-Bas.
Le livre, sorti cette année, est une édition de The
American University in Cairo. Une lecture vivement conseillée
.
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| Nihad
Al-Attar |
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The Building Crafts of Cairo. A Living
Tradition de Agnieszka Dobrowolska. AUC Press, 2005.
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