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Gaza. L’Egypte, qui a administré la bande de Gaza au lendemain de la guerre de 1948, s’apprête à y jouer un rôle-clef.
Retour à la frontière Est

Officiers, soldats et experts, l’Egypte se prépare pour sa mission dans la bande de Gaza après le retrait israélien. La semaine dernière, 34 officiers égyptiens sont déjà arrivés à Gaza pour épauler et réhabiliter les forces de sécurité palestiniennes. Ces officiers seront suivis par un autre groupe de 150 à 200 officiers et experts que Le Caire s’est déclaré prêt à dépêcher pour maintenir l’ordre pendant six mois et pour organiser et entraîner une force palestinienne d’environ 30 000 hommes. En fait, le rôle de l’Egypte ne se limitera pas, comme l’affirme Emad Gad, rédacteur en chef du mensuel Israel Digest publié par le Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, à la formation des policiers palestiniens, mais il aura une dimension plus étendue. « L’Egypte est chargée en premier lieu de sécuriser ses frontières avec Gaza pour empêcher la contrebande des armes via ses territoires. Les Egyptiens tenteront ainsi d’exercer leur plein contrôle sur la frontière en collaboration avec les Palestiniens ». En effet, vers le début septembre, 750 garde-frontières égyptiens doivent être déployés à la frontière nord-est avec le territoire palestinien, voire de l’autre côté du couloir de sécurité, dit de Philadelphie, créé par les Israéliens en bordure du territoire palestinien. Cette bande de 13 km de long sur 100 mètres de large visait à lutter, selon Tel-Aviv, contre le creusement sous la frontière de tunnels à travers lesquels les activistes palestiniens faisaient transiter des armes du Sinaï vers la bande de Gaza.

Il s’agira du premier déploiement de militaires égyptiens à cette frontière depuis les accords de paix égypto-israéliens qui, en 1979, ont mis un terme à trente années d’hostilité et stipulent la démilitarisation de la péninsule du Sinaï. Selon ce traité, seuls des policiers égyptiens à l’arme légère peuvent stationner dans le Sinaï. Aujourd’hui, un échange de lettres entre l’Egypte et Israël doit autoriser officiellement le déploiement de paramilitaires. Récupérer ce couloir de Philadelphie fut pendant longtemps un sujet suspendu dans les négociations égypto-israéliennes. L’Egypte l’a lié cette fois-ci à un rôle sécuritaire dans la bande de Gaza parce que selon Le Caire, si Israël conserve le contrôle de ce passage, il en fera un prétexte pour intervenir à tout moment à Gaza. Si la question de la présence armée égyptienne est réglée, des discussions se poursuivent sur le futur rôle de la Force Multinationale et Observateurs (FMO) déployée depuis 1982 pour surveiller l’application des accords de paix. Les garde-frontières égyptiens, eux, ne disposeront cependant pas d’armement lourd. Ils patrouilleront à bord de petits blindés à chenille dans cette zone désertique et pourront utiliser des jumelles à infrarouges pour la surveillance nocturne.

Une mission sécuritaire ? Celle de gendarme pour Israël, comme l’affirment les opposants à cette démarche. Parce qu’étant sur place, les Egyptiens vont empêcher toute attaque contre Israël.

Gad estime que Le Caire s’efforce en outre de jouer un rôle diplomatique. « Le Caire servira de médiateur entre les factions palestiniennes et l’Autorité palestinienne, pour garantir une stabilité dans les territoires et éviter que l’Etat hébreu n’exploite la situation pour occuper de nouveau la bande de Gaza », précise Gad. Les responsables égyptiens serviront d’ailleurs de médiateur entre les factions palestiniennes ; plusieurs réunions et négociations ont eu lieu sous la houlette du Caire que ce soit en Egypte ou encore dans les territoires occupés. Les analystes estiment que l’intervention égyptienne a permis de maintenir pendant un bon moment l’accalmie dans les opérations palestiniennes contre Israël. Qadri Saïd, directeur du département des études militaires au CEPS, estime que ni Palestiniens ni Israéliens ne peuvent passer outre les offices du Caire. L’Egypte sera au service des deux côtés, mais cette prochaine mission est également dans son intérêt. Mettre fin à l’occupation israélienne des territoires palestiniens passe au premier plan. Le retrait de Gaza est une première étape vers un Etat palestinien, comme le voit Le Caire. Mais, l’Egypte a d’autres préoccupations, comme l’affirme Qadri Saïd. « L’anarchie dans la bande de Gaza et dans les territoires palestiniens de façon générale, ont pendant longtemps affecté la stabilité de la région », dit-il. Saïd avance comme cause du recul de l’investissement et des activités touristiques ce qu’il nomme « les opérations terroristes continuelles », d’où la nécessité pour l’Egypte de jouer un rôle sécuritaire à Gaza. L’Egypte compte ainsi sur une stabilité et une sécurité à ses frontières pour stabiliser ses propres territoires, voire éviter des attaques à l’instar de celles de Taba et Charm Al-Cheikh. Saïd pense que « si la question de Gaza avait été résolue depuis longtemps, l’Egypte aurait pu avoir d’énormes investissements ». Mais une indépendance de la bande de Gaza permettra-t-elle à l’Egypte de voir la vie en rose ? Reste à dire que c’est une mission délicate qui attend Le Caire..

Aliaa Al-Korachi
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Les dispositions de l’évacuation de Gaza
Principales dispositions du « plan de désengagement », adopté unilatéralement par Israël le 6 juin 2004.

Le principe de base

L’idée est clairement énoncée : renoncer à Gaza, ingérable, en échange du maintien des principales zones peuplées par des Israéliens en Cisjordanie, via la construction de la « barrière de sécurité » et avec des « garanties » américaines.

Les quatre groupes de colonies

Le groupe A comprend les villages juifs de Morag, Netzarim et Kfar Darom dans la bande de Gaza. Ces communautés isolées dans le centre du territoire sont considérées comme parmi les plus extrémistes.

Le groupe B rassemble les quatre petites colonies isolées dans le nord de la Cisjordanie (Samarie septentrionale) : Ganim et Kadim (proches de Jénine), Sanour et Tulkarem (entre Tulkarem et Naplouse).

Le groupe C correspond au Goush Katif, la principale concentration de localités juives de la bande de Gaza, avec notamment Neve Dekalim, la plus vaste, ou Gan Or, proche du camp de Khan Younès.

Le groupe D est celui qui rassemble les petites localités tout au nord de la bande de Gaza : Alei Sinaï, Dugit et Nissanit. Les plus proches de l’Etat hébreu, elles sont plus laïques, et posent le moins de problèmes.

Gaza

Toute la bande de Gaza sera évacuée, tant les zones de peuplement juif que les installations militaires qui seront démantelées et évacuées. « Il ne restera aucune habitation ou bâtiments sensibles, y compris synagogues » dans les implantations.

La Cisjordanie

Le nord de la Samarie sera évacué, et tous les postes militaires de la zone redéployés à l’extérieur. Ce qui « rendra possible une continuité territoriale dans le nord de la Samarie ». Dans le même temps, « l’Etat d’Israël poursuivra la construction de la clôture de sécurité ».

Les frontières

Tous les arrangements préalables demeurent. Sauf pour le point de passage d’Erez, principale frontière entre Gaza et Israël, qui sera transféré par la suite à l’intérieur de l’Etat d’Israël.

Israël « contrôlera et préservera l’enveloppe terrestre extérieure, dominera de façon exclusive l’espace aérien de Gaza et continuera son activité militaire dans le territoire maritime de la bande de Gaza ».

 

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