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Gaza.
Le premier ministre israélien est arrivé jusqu’à présent
à déjouer les manœuvres des opposants pour mener à bien
le désengagement. Mais la partie est loin d’être finie.
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Sharon
mène la danse |
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dit qu’il s’agit de l’opposition la plus virulente qu’il
ait eu à subir depuis le début de sa carrière. Depuis
qu’il a lancé son plan de retrait de la bande de Gaza,
le premier ministre israélien Ariel Sharon fait face à
des attaques de tous bords : de la part du mouvement des
colons, des politiciens extrémistes, et au sein de son
propre parti, le Likoud, son principal rival Benyamin
Netanyahu en tête. Ils l’accusent d’avoir cédé à la «
violence » palestinienne et d’ignorer le lien biblique
entre les juifs et cette terre, principalement en Cisjordanie.
Des critiques qui ont poussé certains observateurs à prévoir
une éventuelle chute du gouvernement Sharon. En effet,
ce gouvernement composé d’une vaste coalition de partis
ne tient aujourd’hui que grâce à l’appui des Travaillistes
qui soutiennent le plan de désengagement de Gaza. Une
fois celui-ci achevé, on pourrait s’attendre à des élections
législatives anticipées. Et alors, Benyamin Netanyahu
serait en piste pour devenir premier ministre. Pour l’instant,
Ariel Sharon paraît plus déterminé que jamais à évacuer
la bande de Gaza sans se laisser impressionner par la
démission de Netanyahu, et a réussi jusqu’à présent à
imposer la première phase de ce retrait. Une épreuve de
force dit-on.
Selon
Saïd Okacha, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et
Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, Ariel Sharon a « réussi
à la suite de la démission de son rival Netanyahu à prouver
qu’il est capable de maîtriser son gouvernement et convaincre
de sa puissance devant ses ennemis. Bien qu’il y ait des
opposants au plan de retrait de Gaza, il a su imposer
le calme et empêcher toute détérioration sécuritaire de
se produire », dit Okacha. Preuve en est qu’une majorité
d’Israéliens continue à soutenir le retrait de la bande
de Gaza et l’évacuation des 8 000 colons qui s’y sont
installés. Ils croient toujours au raisonnement de leur
chef de gouvernement qui leur promet que plus de sécurité
pour eux est tributaire de la mise en application de ce
plan. Cependant, d’après les récents sondages, Netanyahu
évincerait nettement Sharon de la direction du Likoud
dans des élections primaires. Un sondage de la Chaîne
10 privée de télévision israélienne précise que Netanyahu
l’emporterait avec 42 % des voix des 152 000 membres du
Likoud, contre 27 % à Sharon. La décision de Netanyahu
de rendre les clés de son ministère une semaine exactement
avant que la bande de Gaza ne soit décrétée zone illégale
pour tous les Israéliens, a ainsi été minutieusement calculée
même si elle n’a pas d’influence, dans l’immédiat du moins,
sur le plan de retrait de Gaza. L’éternel rival d’Ariel
Sharon a même ménagé le suspense durant la réunion hebdomadaire
du gouvernement, et ce n’est que lorsque la première phase
du retrait a été soumise au vote qu’il a déposé sans rien
dire sa lettre de démission. Dans sa lettre, Netanyahu
pose certaines questions essentielles : « Qu’obtiendrons-nous
en échange du retrait ? Que recevrons-nous après avoir
déraciné des familles entières avec leurs enfants, leur
maison et leurs tombes ? Nous aurons à la place une base
terroriste islamique ». Et de poursuivre : « L’heure de
vérité approche et je ne veux pas être associé à une telle
démarche mettant l’Etat d’Israël en danger ». Cela dit,
beaucoup d’Israéliens s’interrogent sur les raisons réelles
de la démission de Netanyahu, qui avait initialement approuvé
à la Knesset le plan de désengagement. L’idée de ses intérêts
politiques personnels est avancée plutôt que celle de
son opposition au retrait. Pour le commentateur politique
Yossi Verter, les chances de Netanyahu de ravir à Sharon
la direction du Likoud ne seront confortées que si « le
retrait est accompagné d’événements tragiques aboutissant
à une vague de terrorisme ». |
Des
manœuvres politiques |
Saïd
Okacha, quant à lui, suppose que la démission de Netanyahu
est le prélude à sa prochaine candidature aux élections.
Même s’il ne l’a pas formellement annoncé, il n’a laissé
aucun doute sur ses ambitions de retourner au pouvoir,
et « essayera de gagner dans son camp tous ceux qui s’opposeront
à Sharon ». En effet, l’extrême droite et les représentants
des colons ont aussitôt adressé leurs félicitations au
ministre démissionnaire. Toutefois, quatre autres ministres
appartenant au Likoud, opposés eux aussi au retrait, n’ont
pas démissionné, limitant les conséquences de la décision
de Netanyahu déstabilisatrices pour le gouvernement. Longtemps
champion de la colonisation et flatté par la droite nationaliste
israélienne, Sharon est devenu la bête noire de sa frange
extrémiste, qui s’oppose à grands cris au retrait de Gaza.
Mais ce général à la retraite reste de glace face à leurs
critiques. Il n’a même pas réagi à l’annonce d’une malédiction
religieuse proférée contre lui récemment par des rabbins
farouchement opposés à l’évacuation des 8 000 colons de
Gaza, au point de souhaiter ardemment la mort de l’initiateur
de ce projet. « Je n’ai jamais eu peur et les menaces,
quelles qu’elles soient, n’ont jamais modifié mon emploi
du temps », affirme-t-il fréquemment.
Ariel
Sharon ne semble pas prêt à jeter l’éponge. Selon un de
ses proches, il envisage de dissoudre la Chambre après
la fin du retrait, sans attendre le vote du budget fin
décembre, pour couper l’herbe sous le pied des Travaillistes
qui pourraient prétexter du « caractère antisocial » du
budget pour quitter la coalition gouvernementale après
la fin du retrait de Gaza.
Mais
dans ce cas de figure, Sharon ne se heurterait-il pas
très vite à Netanyahu lors d’élections primaires du Likoud
? En attendant, il ne peut que poursuivre son plan de
retrait de Gaza et jouer son nouveau rôle d’homme de paix.
Selon Okacha, Sharon parie sur une erreur des Palestiniens.
Un prétexte qui donnerait à Israël la possibilité d’arrêter
le plan de retrait. Personne n’a encore oublié le mot
de Sharon : « Le désengagement de Gaza pourrait, je dis
bien pourrait, ouvrir la voie à la Feuille de route, à
condition évidemment que les Palestiniens commencent à
s’occuper du terrorisme (...) Sinon, nous n’avancerons
pas » . |
Chaïmaa
Abdel-Hamid |
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Gaza
: Chiffres et Histoire |
—
La bande de Gaza faisait partie de l’empire ottoman
jusqu’en 1917, de la Palestine du mandat britannique
jusqu’en 1948.
—
Après la première guerre israélo-arabe de 1948-49, elle
avait été placée sous administration égyptienne.
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Pendant la campagne de Suez en 1956, elle avait été
occupée par l’armée israélienne puis évacuée avant de
l’occuper de nouveau au terme de la guerre de juin 1967.
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Elle est située au sud-ouest d’Israël et limitrophe
de l’Egypte.
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C’est une région côtière de 362 km2, longue de 45 km
et large de 6 à 10 km.
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Gaza abrite environ 8 000 colons juifs installés dans
21 colonies, pour la plupart dans le bloc du Goush Katif
dans le sud du territoire.
—
Quelque 900 000 des habitants de la bande de Gaza sont
des réfugiés ou des descendants de réfugiés, chassés
de chez eux par les juifs durant la première guerre
israélo-arabe de 1948.
—
Elle est dépourvue de ressources naturelles, souffrant
d’une pénurie d’eau, et presque sans industrie.
—
Plus de la moitié des habitants de la bande de Gaza
vivent sous le seuil de la pauvreté et 45 % de la population
active est au chômage.
—
L’Autorité palestinienne exerce depuis 1994 sa souveraineté
sur 67 % du territoire, les 33 % restants étant occupés
par les implantations juives sous haute protection et
les zones militaires.
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Depuis le début de l’Intifada, fin septembre 2000, l’armée
israélienne a détruit plus de 1 000 maisons.
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