Sensibilisation.
L’artiste Salma Kamal Ahmad a créé et dessiné des livres
écologiques destinés aux enfants. Portrait. |
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L’art
au service de l’écologie |
Une
discrétion qui cache une personnalité audacieuse et
énergique. Son objectif est clair et son itinéraire
est bien tracé malgré les nombreuses difficultés qu’elle
rencontre. Il s’agit de la jeune Salma Kamal Ahmad qui,
à l’âge de 22 ans, a publié son premier livre illustré,
Le Carnaval des animaux. Un conte pour enfants, disponible
dans toutes les bibliothèques nationales. Fille d’une
écologiste qui travaille au sein de l’Agence Egyptienne
pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), Salma accompagnait
toujours sa mère aux ateliers de sensibilisation organisés
par cette agence. Cela dit, sa mère, qui est une ancienne
étudiante de la faculté des beaux-arts, laquelle est
également la faculté de Salma, utilisait les marionnettes
dans ses activités de sensibilisation. Dès lors, la
jeune artiste a pensé à consacrer son art à sensibiliser
les enfants. D’où les nombreuses illustrations qui mettent
en évidence la valeur de la propreté. Celles-ci ont
été réunies par l’éditeur Nazih Guirguis permettant
la sortie de son premier conte. « J’étais ravie lorsque
les écologistes ont apprécié mon travail, à l’instar
du professeur Al-Qassas et de la ministre de l’Environnement
à cette époque, Nadia Makram Ebeid ». Encouragée, la
jeune créatrice a senti qu’elle était sur la bonne voie.
En effet, Le Carnaval des animaux critique à travers
les animaux les comportements anti-écologiques des hommes
lors de leur visite au zoo, qui devient alors un lieu
sale : papiers jetés partout, fleurs arrachées, gouttelettes
d’eau qui coulent sans cesse des robinets. Les animaux
réagissent et nettoient leur forêt pour lui rendre sa
beauté et organisent enfin un carnaval. « Lorsque les
enfants regardent les illustrations qui expriment les
réactions des animaux, leur comportement envers leur
environnement se modifie obligatoirement », estime-t-elle.
Salma a vécu en fait une expérience pareille pendant
qu’elle préparait son deuxième livre publié à l’occasion
de la célébration de la Journée mondiale de l’eau et
dont le titre est Noqtet maya ismaha Mima (Une goutte
d’eau appelée Mima). Voulant témoigner du gaspillage
de l’eau, Salma a visité beaucoup de quartiers populaires
dans plusieurs villes. L’expérience d’Al-Max, quartier
populaire à Alexandrie, était la plus touchante. « Les
enfants des pêcheurs, épiciers, boulangers, n’acceptaient
aucun conseil. Tout en aimant leur zone, ils lui portaient
atteinte sans s’en rendre compte », se rappelle-t-elle.
C’est par l’intermédiaire des dessins qu’elle a pu les
influencer. Au bout de quatre jours, « les enfants ont
complètement modifié leur comportement non seulement
envers leur environnement, mais aussi envers leurs parents
», explique-t-elle. Suite à ces deux expériences, Salma
s’est rendu compte que les illustrations qui reflètent
la vie égyptienne touchent plus les enfants. Ce qui
les incite à modifier de comportement. Elle pense d’ailleurs
faire connaître les différents paysages de la nature
en Egypte : maritime, désertique, rural ou montagneux.
Chacune a ses habitants, avec leurs coutumes et leurs
cultures ainsi que leur faune et flore qu’il faut préserver.
Les rêves de la jeune dessinatrice dépassent même les
frontières de l’Egypte. Elle cherche en fait à diffuser
« nos valeurs culturelles et écologiques parmi les enfants
du monde », commente-t-elle.
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| Repères
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2000 : Prix d’Estime au
concours de littérature enfantine pour Le Carnaval des
animaux.
2002 : Licence de la faculté
des beaux-arts, section graphique.
2005 : Publication de
Noqtet maya ismaha Mima, à l’occasion de la célébration
de la Journée mondiale de l’eau.
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