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Bac. Le ministère de l'Education a fermé ce mardi la porte de la présentation des plaintes. La thanawiya amma ou bac continue de susciter des remous même plusieurs semaines après l'annonce des résultats. Des milliers de candidats ont dénoncé des erreurs de correction.
Zéro au correcteur
Ils ont été 25 000 à se plaindre cette année auprès du ministère de l'Education. Des candidats au bac demandant la vérification des résultats de leurs examens qu'ils estimaient injustes, comparés à leurs réponses. Il s'agit d'un système établi depuis 10 ans qui permet aux candidats jugeant que leurs résultats ne sont pas compatibles avec leur niveau, de présenter, dans un délai d'une semaine, une plainte auprès du ministère de l'Education. La révision de la copie coûte 100 L.E. par matière. Cette somme est rendue à l'étudiant qui aurait véritablement subi une injustice à cause d'une erreur de la part des correcteurs.
 

Selon les responsables du ministère, des mesures plus strictes sont prises d'une année à l'autre pour assurer la justice dans la correction. Pour le prouver, ces responsables affirment que le nombre de plaintes a connu une baisse, comparé à l'année dernière. En fait, 38 000 plaintes ont été présentées l'année passée, contre 25 000 seulement cette année. Ceci, bien que le délai imparti pour la présentation des plaintes ait été porté à 60 jours au lieu d'une semaine pour la première fois depuis le début de l'application de ce système. Mais 25 000 n'est-ce pas beaucoup comme nombre d'étudiants se jugeant lésés ? Les responsables du ministère de l'Education s'en défendent. Selon eux, ce chiffre ne représente que 2,7 % du nombre total de bacheliers, estimé cette année à 91 577 étudiants.

Toutefois, la colère règne parmi les bacheliers et leurs parents. « J'ai bien répondu dans toutes les matières. Pourtant, mes notes d'arabe sont très mauvaises. Après la vérification de ma copie, on m'a ajouté quatre points très précieux », révèle Mohamad Ahmad, bachelier. Ces quatre points ont effectivement permis à Mohamad de faire partie de la première phase d'admission aux universités qui regroupe toutes les facultés d'élite, alors qu'avant la révision de sa copie, il devait attendre la deuxième phase. Mohamad Ahmad a découvert que le correcteur n'avait pas corrigé la réponse à la deuxième question, car elle était à la fin du papier et non pas dans l'ordre normal des questions. « C'est normal au moment de l'examen que l'étudiant laisse les questions difficiles à la fin. Mais, les correcteurs ne se donnent pas la peine de s'assurer que toutes les réponses sont rédigées. Pourtant, c'est tout l'avenir de l'étudiant qui est mis en cause », dénonce-t-il. Il s'agit effectivement d'une question d'avenir qui peut mener à des catastrophes. En fait, à la suite de l'annonce des résultats du bac cette année, trois bacheliers ayant obtenu de mauvais résultats se sont suicidés.

« Les copies à corriger sont tellement nombreuses que tous les enseignants sont mobilisés pour la correction. Il se peut qu'un professeur du cycle primaire corrige les examens du bac ou qu'un enseignant de géographie corrige l'examen de physique », explique Chaïmaa Mohamad, correctrice. Selon elle, les correcteurs reçoivent une copie des réponses « modèles » pour chaque matière puisque beaucoup d'entre eux corrigent des matières loin de leur spécialisation. « Je suis sûre que des fois les étudiants donnent des réponses correctes, mais différentes de ce que nous avons devant les yeux. Mais comme nous ne sommes pas habilités à juger, nous ne pouvons dans ces cas-là que leur mettre un zéro ! », lâche Chaïmaa Mohamad. Et d'ajouter : « Même la présence des inspecteurs spécialisés en la matière n'empêche pas les erreurs car chacun de nous doit corriger 1 000 copies en 8 heures ». Pour Mohamad Al-Kararti, adjoint du ministre de l'Education pour les services, commettre une erreur pendant la correction est inévitable. « Toutefois, les correcteurs qui commettent ces erreurs sont punis », insiste Al-Kararti.

Des voix s'élèvent donc actuellement revendiquant l'amélioration du système de correction ou du moins le changement du système de la révision des copies. En fait, quand un étudiant présente une plainte, on s'assure seulement si toutes les questions ont été corrigées et on refait l'addition des notes. La révision n'inclut donc pas la vérification de la réponse, correcte ou pas ! « Je ne crois pas que dans ces conditions la correction sera meilleure. Il faut donc que le système des révisions change complètement, notamment que les doléances portent sur d'autres genres d'erreurs », estime Leïla Mamdouh, mère d'un bachelier.

Deux élèves ont effectivement affirmé que leurs noms ont été mis sur des copies de réponse de quelqu'un d'autre. Ola Ossama, qui a obtenu un pourcentage de 54 %, a présenté une plainte. A la vue de sa feuille d'examen, elle a affirmé qu'il ne s'agissait pas de son écriture tandis que l'étiquette portait son nom. La même plainte a été présentée par sa collègue Haïdi Abdel-Wahab. Les parents ont dressé des procès-verbaux au commissariat de police de Sayeda Zeinab, au Caire. « C'est la première fois qu'on assiste à ce genre de récriminations. Pourtant, pour éviter toute injustice, le ministre de l'Education, Ahmad Gamaleddine, a formé une commission d'enquête regroupant des experts en écriture. Je rassure tous les étudiants que le ministère n'a aucun intérêt à cacher les cas de corruption s'il y en a vraiment », affirme Mohamad Al-Kararti. Selon lui, la commission d'enquête vient d'annoncer que ces plaintes ne sont pas fondées et que ce sont les écritures des deux étudiantes concernées. « Si les parents ne sont toujours pas convaincus de cette décision, nous sommes prêts à accueillir une commission neutre pour qu'ils s'assurent de son objectivité. Nous ne manquerons pas de prendre toute mesure en faveur des étudiants », conclut-il. L'erreur dans la correction est un facteur prévisible, il reste que le ministère de l'Education trouve le moyen d'en réduire au maximum le nombre et aussi de pouvoir rétablir la situation .

Héba Nasreddine

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