Après
plusieurs semaines d’interrogatoire, la police a libéré cette
semaine Magdi Al-Nachar, ce citoyen égyptien résidant à Leeds
et soupçonné d’implication dans les attentats qui ont secoué,
le 7 juillet dernier, la capitale britannique. A l’issue de
sa libération, Al-Nachar a voulu réaffirmer son innocence.
« Je n’ai rien à voir avec les attentats de Londres. Le 14
juillet, c’est-à-dire une semaine après les attentats, alors
que je faisais ma prière dans une mosquée à côté de ma maison,
dans le quartier de Bassatine au Caire, un policier est venu
me demander de l’accompagner », explique Al-Nachar. C’est
alors qu’il apprend qu’il est accusé dans les attentats de
Londres. C’est le journal anglais The Sun qui avait révélé
le premier la personnalité d’Al-Nachar, en citant des sources
de la police anglaise. Cet étudiant en biochimie vivait depuis
quelques années à Londres où il préparait un doctorat.
« Quand j’ai
été arrêté, la police égyptienne m’a montré une émission diffusée
sur la chaîne américaine CNN qui m’accusait clairement d’implication
dans les attentats », assure Al-Nachar.
Et de revenir
brièvement sur les faits. « J’ai fait la connaissance dans
une mosquée de Londres, que j’avais l’habitude de fréquenter,
du Jamaïcain Gamal, âgé de 19 ans. Je crois qu’il porte la
nationalité britannique (L’un des auteurs présumés des attentats).
Il m’a demandé de lui trouver un appartement pour lui et son
épouse », explique Al-Nachar. « J’ai alors contacté le propriétaire
de l’immeuble où je résidais pour lui trouver cet appartement.
Ensuite, il m’a fait faire la connaissance d’un autre jeune,
de nationalité pakistanaise, et m’a dit qu’il allait résider
avec lui dans l’appartement. Il m’a demandé de contacter ce
Pakistanais au cas où je trouverais l’appartement », raconte
Al-Nachar. Il ajoute que le propriétaire de l’immeuble lui
a laissé une enveloppe où se trouvait l’adresse d’un nouvel
appartement. « J’étais occupé à ce moment-là à Londres, et
quand je suis retourné à Leeds j’ai trouvé cette enveloppe
», dit-il. Il pense que lorsque la police anglaise a perquisitionné
l’appartement de Gamal et du Pakistanais, ils ont trouvé ses
contacts. Magdi qui a travaillé au Conseil national des recherches
était arrivé à Londres en octobre 2000. C’est un chercheur
dans le domaine des médicaments et de la nutrition et non
pas un expert en explosifs comme a été publié dans la presse
anglaise. En avril 2005, Al-Nachar a obtenu son doctorat et
il a aussi obtenu une bourse pour poursuivre ses études à
Londres. Ensuite, il a décidé de passer ses vacances avec
ses parents en Egypte où il est arrivé deux semaines avant
les attentats. Il a de même laissé toutes ses affaires à Londres.
Les investigations ont prouvé qu’Al-Nachar est une personnalité
aimée par son entourage qu’ils soient musulmans, chrétiens
ou même juifs. Concernant les investigations accomplies avec
lui en Egypte, il ajoute : « Scotland Yard a envoyé des
questions par fax que la police égyptienne m’a posées et lui
a envoyé les réponses ». Al-Nachar a de même affirmé qu’il
a été très bien traité par la police égyptienne et qu’il était
logé durant les 26 jours d’interrogatoire dans une chambre
climatisée avec une salle de bain. « Je pense que ma libération
a été remise à cause des attentats du 21 juillet à Londres
et ceux de Charm Al-Cheikh ». Al-Nachar a décidé de remettre
son retour à Londres pour le moment à cause des accusations
adressées aux Arabes et surtout aux musulmans à l’étranger.
« J’ai demandé à rencontrer le consul britannique au
Caire. Je veux que les autorités britanniques publient un
communiqué officiel déclarant mon innocence. Surtout que je
ne suis pas sûr que tous les Anglais ont appris que j’étais
innocent. Je vais engager un procès contre les médias qui
ont déformé mon image », conclut-il .