Alors
que nous sommes en train d'assister à la première phase du
retrait israélien de la bande de Gaza, les activités des groupes
extrémistes juifs se multiplient dans l'objectif d'entraver
cette évacuation. Dans ce cadre, les groupes extrémistes de
droite invitent les soldats de l'armée à ne pas participer
à l'évacuation des colons. Ils mènent une campagne d'incitation
selon laquelle le retrait de Gaza est similaire aux nombreuses
catastrophes qu'ont vécues les juifs de la part de la gentilité,
avec la différence cette fois-ci que la catastrophe est l'œuvre
des juifs eux-mêmes. Le résultat logique de toutes ces provocations
a été le massacre de Shafamr perpétré par un soldat extrémiste
qui a fait 4 morts parmi les Arabes de 1948 et plus de 10
autres blessés.
Certains en Israël
ont refusé bizarrement de qualifier ce massacre d'action terroriste.
Un autre camp est parti à la recherche de justifications et
d'excuses pour le terroriste, auteur de cet attentat. Il semble
que les groupes d'analystes et de politiciens qui s'emploient
à rechercher des justifications et des prétextes à toutes
les opérations terroristes commises existent bel et bien dans
toutes les sociétés, même si leur nombre varie d'un pays à
l' autre.
Mais en réalité,
parallèlement à cette tendance, nous trouvons en Israël même
des écrivains et des politiciens qui ont le courage de dire
la vérité et de faire face aux campagnes de justifications
hystériques qui s'emparent d'une grande partie de leurs collègues.
Dans ce contexte, Yossi Sarid, le politicien de gauche qui
présidait Meretz, a écrit un article dans le numéro du 5 août
dernier du Yediot Aharonot : « Les meurtriers émergent de
la droite ». Il a mis l'accent dans cet article sur la nécessité
d'appeler les choses par leurs noms. Il a ajouté que ce qui
a eu lieu à Shafamr était un acte terroriste et n'avait pas
d'autres appellations. Il a noté également qu'il n'était pas
du tout clair pourquoi certains dirigeants de la police et
certains journalistes ont tenté de maquiller les faits. «
Il leur est toujours difficile d'assimiler la réalité selon
laquelle il existe des terroristes juifs qui commettent des
actes que l'on ne peut qualifier que de terroristes », a-t-il
argumenté. Sarid a alors mentionné un nombre d'attentats terroristes
perpétrés par des extrémistes juifs à l'exemple d'Ami Poper
en mai 1990, de Baruch Goldestein auteur du massacre de Hébron
de février 1994. Sarid a conclu que de nombreuses personnes
vivant « parmi nous ont été incitées à suivre la voie du fanatisme
et de la haine et que ces personnes planifiaient les prochains
attentats ».
A mon avis, les
propos de Yossi Sarid représentent la réponse idéale à ceux
qui essayent d'attribuer le terrorisme aux Arabes et aux musulmans.
Le terrorisme prospère dans n'importe quel environnement favorable
indépendamment de la religion, de la langue ou de l'ethnie.
Le terrorisme se développe là où se trouve l'extrémisme, les
excès et le mépris de l'autre considéré comme faisant partie
des gentils, des non croyants.