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Un retrait historique
Par Ibrahim Nafie

Alors que nous sommes en train d'assister à la première phase du retrait israélien de la bande de Gaza, les activités des groupes extrémistes juifs se multiplient dans l'objectif d'entraver cette évacuation. Dans ce cadre, les groupes extrémistes de droite invitent les soldats de l'armée à ne pas participer à l'évacuation des colons. Ils mènent une campagne d'incitation selon laquelle le retrait de Gaza est similaire aux nombreuses catastrophes qu'ont vécues les juifs de la part de la gentilité, avec la différence cette fois-ci que la catastrophe est l'œuvre des juifs eux-mêmes. Le résultat logique de toutes ces provocations a été le massacre de Shafamr perpétré par un soldat extrémiste qui a fait 4 morts parmi les Arabes de 1948 et plus de 10 autres blessés.

Certains en Israël ont refusé bizarrement de qualifier ce massacre d'action terroriste. Un autre camp est parti à la recherche de justifications et d'excuses pour le terroriste, auteur de cet attentat. Il semble que les groupes d'analystes et de politiciens qui s'emploient à rechercher des justifications et des prétextes à toutes les opérations terroristes commises existent bel et bien dans toutes les sociétés, même si leur nombre varie d'un pays à l' autre.

Mais en réalité, parallèlement à cette tendance, nous trouvons en Israël même des écrivains et des politiciens qui ont le courage de dire la vérité et de faire face aux campagnes de justifications hystériques qui s'emparent d'une grande partie de leurs collègues. Dans ce contexte, Yossi Sarid, le politicien de gauche qui présidait Meretz, a écrit un article dans le numéro du 5 août dernier du Yediot Aharonot : « Les meurtriers émergent de la droite ». Il a mis l'accent dans cet article sur la nécessité d'appeler les choses par leurs noms. Il a ajouté que ce qui a eu lieu à Shafamr était un acte terroriste et n'avait pas d'autres appellations. Il a noté également qu'il n'était pas du tout clair pourquoi certains dirigeants de la police et certains journalistes ont tenté de maquiller les faits. « Il leur est toujours difficile d'assimiler la réalité selon laquelle il existe des terroristes juifs qui commettent des actes que l'on ne peut qualifier que de terroristes », a-t-il argumenté. Sarid a alors mentionné un nombre d'attentats terroristes perpétrés par des extrémistes juifs à l'exemple d'Ami Poper en mai 1990, de Baruch Goldestein auteur du massacre de Hébron de février 1994. Sarid a conclu que de nombreuses personnes vivant « parmi nous ont été incitées à suivre la voie du fanatisme et de la haine et que ces personnes planifiaient les prochains attentats ».

A mon avis, les propos de Yossi Sarid représentent la réponse idéale à ceux qui essayent d'attribuer le terrorisme aux Arabes et aux musulmans. Le terrorisme prospère dans n'importe quel environnement favorable indépendamment de la religion, de la langue ou de l'ethnie. Le terrorisme se développe là où se trouve l'extrémisme, les excès et le mépris de l'autre considéré comme faisant partie des gentils, des non croyants.

 

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