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Ls indonésien Susilo
Bambang Yudhoyono a déclaré que la signature ce lundi de cet
accord était un « événement de grande portée » dont les Indonésiens
pouvaient être « fiers ». « C’est un bon début, c’est un nouveau
départ », a dit M. Yudhoyono. « Nous ferons de notre mieux pour
réussir ce processus de paix ».
En effet,
l’accord signé était un protocole d’accord conclu le 17 juillet
dernier destiné à trouver une solution pacifique au conflit
qui a fait une quinzaine de milliers de morts depuis 1976. Cet
accord, dont le contenu n’a pas été dévoilé, est notamment censé
régler la question de la participation politique des rebelles
aux structures gouvernementales à Aceh, leur réintégration à
la société et la question de la sécurité dans la province. Les
rebelles indépendantistes du Mouvement Aceh libre (GAM) ont
promis lundi de respecter le protocole d’accord de paix avec
le gouvernement de Jakarta qui a été signé ce même jour à Helsinki.
Pour leur part, les rebelles indépendantistes « sont d’accord
avec tous les articles de l’accord de paix ».
« Nous respecterons
et nous obéirons aux décisions de nos leaders qui les ont négociés
à Helsinki », a déclaré Sofyan Daud, porte-parole du GAM. Le
commandant Daud a indiqué s’être entretenu, également par téléphone,
avec les leaders politiques du GAM, exilés en Scandinavie. «
Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de changement (sur le terrain)
et que les TNI (les forces armées indonésiennes) occupaient
toujours leurs positions dans les villages », a relaté le porte-parole.
Pour maintenir
la situation, l’Union Européenne (UE) va conduire une mission
inédite pour superviser la mise en œuvre de l’accord de paix
signé. Cette mission civile, qui ne sera formellement lancée
que le 15 septembre, mais dont des éléments précurseurs ont
déjà été déployés dans la province, comprendra l’envoi de quelque
200 à 250 experts européens, mais aussi de cinq pays d’Asie
du sud-est (Thaïlande, Singapour, Bruneï, Malaisie et les Philippines),
selon son chef désigné, le Néerlandais Pieter Feith. Objectif
: vérifier le désarmement des rebelles du GAM et leur démobilisation,
ainsi que le retrait du gros des forces indonésiennes de la
province.
La mission des
observateurs européens et de l’Asean est prévue pour durer six
mois — le temps imparti pour réussir, « si tout va bien », le
désarmement des rebelles — éventuellement renouvelables. Les
responsables européens ont plaidé auprès des autorités de Jakarta
la « destruction » des armes récupérées, afin d’envoyer « un
signal clair à la population d’Aceh que les choses changent
réellement », a-t-il souligné. « Il y aura certes des trouble-fêtes
», a reconnu Pieter Feith, tout en se disant « raisonnablement
optimiste que les parties respecteront leurs engagements ».
A partir de la
signature de l’accord, une cinquantaine d’experts ont été déployés
à Aceh afin d’éviter tout « vide » sur place entre la signature
de l’accord et l’entrée officielle en fonction de la mission
d’observation en septembre prochain. La mission n’aura pas de
pouvoirs « exécutifs » propres, ne participera à aucune négociation
ni n’enquêtera sur les abus des droits de l’homme commis par
le passé. Il s’agit pour l’UE d’une étape significative dans
la mise en œuvre de sa politique européenne de sécurité et de
défense, encore naissante, après des missions en Afrique et
dans les Balkans. La quasi-totalité des pays de l’UE y participent,
la Suède finançant à elle seule l’ensemble des aspects logistiques
de l’opération . |