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Iran.
La Communauté internationale a une fois de plus demandé à Téhéran
de suspendre ses activités nucléaires. Mais Téhéran campe sur
ses positions. |
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Contre vents et marées |
| Bien que soumise
plus que jamais aux pressions et aux menaces étrangères, la
République islamique s’en tient à sa ligne dure. Le 3 septembre
prochain, le directeur général de l’Agence Internationale de
l’Energie Atomique (AIEA), Mohamad Al-Baradei, doit présenter
un rapport complet sur les activités nucléaires iraniennes à
Vienne, après une résolution de l’agence, le jeudi 11 août,
demandant à l’Iran de suspendre toutes ses activités liées à
l’enrichissement d’uranium, qui pourraient permettre à Téhéran
de se doter de l’arme nucléaire. Selon ce rapport, une nouvelle
réunion pourrait être convoquée en urgence afin d’examiner un
recours au Conseil de sécurité si l’Iran ne se conforme pas
aux exigences internationales.
Mais
sous la menace de sanctions internationales, la République islamique
ne semble pas tressaillir. Le lendemain de la réunion du Conseil
des gouverneurs de l’AIEA, Téhéran a rejeté la résolution onusienne
« adoptée sous la pression des Etats-Unis et de leurs alliés,
une résolution qui n’a pas de base juridique », selon le porte-parole
du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi.
L’un des plus hauts dirigeants iraniens, Akbar Hachémi Rafsandjani,
a ainsi déclaré vendredi que la reprise d’activités nucléaires
ultrasensibles était « irréversible » et mis en garde contre
les conditions nouvelles régionales créées par l’Occident qui
s’oppose aux projets de l’Iran. « Gardez à l’esprit que vous
ne traiterez pas l’Iran comme l’Iraq ou la Libye », a aussi
lancé l’ancien chef de l’Etat à l’adresse des Occidentaux lors
de son sermon à la prière à Téhéran. Les mots de celui qui dirige
le Conseil de discernement du régime, la plus haute instance
d’arbitrage du pouvoir, ont été salués dans la foule par « Mort
à l’Amérique », « Mort à Israël » et « Dieu est grand », alors
que plusieurs centaines de personnes ont manifesté après la
prière, revendiquant le droit au nucléaire. Dimanche matin,
environ 300 étudiants islamistes ont également manifesté et
bombardé de pierres et de tomates l’ambassade du Royaume-Uni
à Téhéran pour dénoncer l’opposition britannique aux activités
nucléaires ultrasensibles de la République islamique. « Il faut
occuper l’ambassade et mettre dehors l’espion anglais », chantaient
les manifestants sous le regard des forces de l’ordre. Les manifestants
ont réclamé un désengagement iranien du Traité de Non-Prolifération
(TNP) et la poursuite des activités nucléaires reprises le 8
août par la République islamique. « TNP, bientôt la sortie »,
« La technologie nucléaire est notre droit », « L’enrichissement
doit reprendre à Natanz », proclamaient les banderoles brandies
devant l’entrée principale de la mission diplomatique, gardée
par des policiers et une dizaine de membres des forces anti-émeutes.
Suite à ces manifestations,
Téhéran a indiqué, une fois de plus, qu’il ne reviendrait pas
sur la reprise d’activités nucléaires ultrasensibles et a mis
en garde l’Union européenne que son attitude prochaine serait
« déterminante » pour la décision iranienne d’aller encore plus
avant avec une reprise de l’enrichissement. Toutefois, pour
ne pas fermer toutes les portes au nez de l’Europe, Téhéran
a affirmé qu’il était prêt à poursuivre les négociations avec
les Européens à propos du dossier nucléaire en « toutes circonstances
». « Nous sommes prêts à négocier avec les Européens, mais si
notre dossier est envoyé devant le Conseil de sécurité, cela
nous créera des restrictions pour négocier », a ainsi déclaré
Kamal Kharazi, le ministre des Affaires étrangères. |
« Une fenêtre ouverte »
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De peur de se
trouver dans une impasse sans issue, la communauté internationale
était divisée cette semaine entre la menace et l’espoir. Vendredi,
Baradei a estimé qu’il faut toujours garder « la fenêtre ouverte
» pour rétablir le dialogue entre Iraniens et Européens. Un
porte-parole du Foreign Office a, de sa part, déclaré samedi
que « la porte de la négociation reste ouverte si l’Iran le
souhaite et renonce à la conversion », a-t-il déclaré. Quant
à la France, elle a déclaré attendre le 3 septembre pour décider
de la suite à donner à cette affaire : « Nous verrons sur les
faits. Nous pensons que les négociations sont encore possibles
à condition que les Iraniens suspendent leurs activités nucléaires
», a déclaré le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy.
En revanche, la
position américaine était beaucoup plus dure. Samedi, le président
américain, George W. Bush, a refusé d’exclure le recours à la
force contre l’Iran, ajoutant qu’il demandera une saisine du
Conseil de sécurité « le mois prochain » si l’Iran n’obtempère
pas. En guise de réponse, M. Assefi a déclaré : « Que M. Bush
sache que nos capacités sont plus vastes que celles des Etats-Unis
».
Selon les experts,
l’intransigeance iranienne peut être justifiée par le fait que
les Iraniens pensent être en position de force parce que le
monde s’inquiète de la hausse du prix du pétrole, dont l’Iran
est un des premiers exportateurs, et parce que les Etats-Unis
sont militairement enlisés dans l’Iraq voisin. D’une façon plus
générale, l’achoppement des négociations en cours sur les programmes
nucléaires de Téhéran et de Pyongyang a montré les limites du
pouvoir de l’Administration américaine, qui a souligné, à de
multiples reprises, ces derniers jours, sa volonté de coopérer
davantage avec ses alliés et sa décision de ne plus travailler
seule sur la scène internationale. Pour Anatol Lieven, au centre
d’études Independant New America : « Il y a un changement réel
de ton avec la deuxième Administration Bush, dans le sens où
la capacité des Etats-Unis à agir unilatéralement a été grandement
réduite par la guerre en Iraq », a conclu l’expert. |
Maha
Al-Cherbini |
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