Aucun
gardien de but en Egypte n’a fait parler de lui
autant que Essam Al-Hadari. Le dernier rempart
d’Ahli possède des qualités exceptionnelles, il
a toujours brillé en club. Par contre, en sélection,
l'homme n'a jamais convaincu. Jouer avec l'équipe
nationale n'est pas chose facile. Al-Hadari a
toujours été hanté par ses vieux démons. Le but
de « Mister George » lors des qualifications pour
la Coupe du monde de 1998, sa piètre performance
en Coupe des confédérations de 1999 (lourde défaite
contre l’Arabie saoudite, 1-5) et le souvenir
de la Coupe d’Afrique 2002 complètement ratée
resteront à jamais gravés dans sa mémoire.
On
ne sait pas trop si c’est la pression, le manque
de confiance ou bien le désir d’en faire un peu
trop qui ont fait que ce gardien de but, si impressionnant
avec Ahli, n'a jamais été persuasif avec les Pharaons.
C'est pour cela qu'il a évolué dans l'ombre de
Nader Al-Sayed. Les rapports entre les deux hommes
ont toujours été très tendus, à tel point qu'Al-Hadari
a annoncé sa retraite internationale après la
rencontre éliminatoire comptant pour la Coupe
du monde, contre le Cameroun (3-2), en juillet
2004. Le joueur absent de la liste des 18 joueurs
qui disputaient la rencontre n'a pas supporté
son statut. « Je vois que je n’ai pas de place
au sein de la sélection. Je préfère donc m’éloigner
calmement afin de ne pas perturber l'équipe dans
cette période critique. Je veux me concentrer
avec Ahli pour remporter davantage de trophées
», avait déclaré le numéro 1 d’Ahli à l’époque.
Mais
sa carrière avec le club phare du Caire a été
mise en danger et Al-Hadari a failli tout perdre.
En effet, après 9 ans de loyaux et bons services
pour les champions d’Egypte, Al-Hadari s'est querellé
en fin de saison dernière avec le directeur technique
de l’équipe, Manuel José Da Silva, qui l’avait
attaqué publiquement dans les médias et laissé
sur le banc de touche lors des dernières rencontres
de l’équipe en championnat, lui préférant Amir
Abdel-Hamid. L’affaire a pris beaucoup d’ampleur
lorsque Da Silva lui a retiré le brassard de capitaine
et a demandé le recrutement d’un gardien expérimenté.
L’arrivée de son éternel rival Nader Al-Sayed
aurait pu être la goutte d'eau qui fait déborder
le vase. Tous les observateurs étaient quasi unanimes
: l'affaire annonçait la fin de l'aventure d'Al-Hadari
avec Ahli.
Contre
toute attente, il a relevé le défi, a décidé de
rester au club et de s’imposer. Le gardien des
Rouges a mis toutes les chances de son côté, effectuant
une préparation remarquable. Il a perdu 12 kg.
Lors de la première rencontre officielle face
à Raja en Ligue des champions, Da Silva a choisi
Al-Hadari. Ce dernier n'a pas déçu et a enchaîné
sur les deux autres rencontres : face à Enyimba
et Ajax Cape Town. Et si Ahli a récolté un maximum
de 9 points, c’est bien grâce aux exploits d'Al-Hadari
qui n’a encaissé aucun but en trois matchs. Une
prestation qui ne pouvait pas passer inaperçue.
L'entraîneur des Pharaons, Hassan Chéhata, l’a
rappelé en sélection pour le tournoi amical en
Suisse qui aura lieu du 28 juillet au 1er août.
Après une longue période de 12 mois loin de l'équipe
nationale, le gardien titulaire d'Ahli a maintenant
son destin entre les mains. Il devra oublier ses
mauvais souvenirs et prouver à tous qu'il mérite
de garder les cages de l'Egypte à la CAN 2006
.