| Al-Ahram
Hebdo : La médaille d’or obtenue aux JM d’Almeria pourra-t-elle
changer la situation du volley égyptien ?
Amr
Elwani : Je
l’espère. Nous avons réalisé cette grande performance tous seuls.
Ni le Comité olympique égyptien, ni le ministère de la Jeunesse
n’ont contribué à cette préparation. Car j’ai déclaré avant
les JM que nous ne promettons pas de réaliser un bon classement.
Ainsi, j’ai pris en charge la préparation de l’équipe nationale.
Avec ce bon résultat, le volley a réalisé de grands pas en avant.
Les responsables du sport égyptien commencent à accorder plus
d’intérêt à ce sport qui pourra réaliser d’autres exploits.
En commençant par les grandes primes accordées à l’équipe nationale.
Et je crois que dans le futur, notre mission sera beaucoup plus
facile et le ministère nous accordera un bon financement. Mais
le plus important pour moi est qu’à travers cette médaille d’or,
nous avons commencé à attirer l’attention des sponsors.
—
Cela signifie donc que les moyens financiers représentent le
problème le plus important de ce sport ...
—
Bien sûr. Car l’Egypte possède des joueurs talentueux. Avec
une moyenne d’âge de 22 ans, ils pourront appliquer les nouvelles
techniques de jeu et progresser. Le seul problème qui handicape
leur développement est le manque de fonds. Pour que le joueur
soit compétitif, il doit avoir les mêmes équipements que ses
adversaires. Mais le plus important est qu’il doit effectuer
une bonne préparation afin d’acquérir l’expérience nécessaire.
—
Quel est le budget consacré à la Fédération égyptienne de volley-ball
?
—
La Fédération reçoit 550 000 L.E. par an du ministère de la
Jeunesse. Une somme médiocre par rapport aux exigences de la
discipline. Car par exemple, pour préparer la sélection des
jeunes dames pour les Championnats du monde de Turquie ce mois-ci,
nous avons demandé au ministère de la Jeunesse la somme de 190
000 L.E. pour la préparation et les frais du voyage. Le ministère
nous a alloué 100 000 L.E., et n’a effectivement versé que la
moitié. Le reste le sera au retour. De plus, cette somme est
censée être dépensée pour la préparation des 6 équipes nationales
(seniors, juniors et cadets pour les hommes et les dames), pour
le versement des salaires des fonctionnaires de la Fédération
égyptienne et les frais de la Fédération.
—
Comment le volley égyptien est-il parvenu à ce niveau en étant
confronté à autant de problèmes ?
—
La lutte a été dure pour réaliser mes objectifs. Sans grand
financement, j’ai exploité mes relations en tant que vice-président
de la Fédération internationale de volley pour engager le moins
de dépenses possibles. Et cela en recevant des invitations de
la part de certains pays européens pour participer aux tournois
internationaux. Aujourd’hui, après notre exploit à Almeria,
ce sont les pays eux-mêmes qui nous demandent de les visiter
pour s’entraîner avec leurs équipes, telles la France et la
Russie.
—
L’année dernière, la moyenne d’âge de l’équipe nationale était
de 28 ans. Comment avez-vous réussi à la diminuer cette année
?
—
Nous avons entamé ce rajeunissement il y a 6 ans. A cette époque,
il était temps de changer le système de travail pour nous doter
d’une nouvelle génération capable de briller sur la scène internationale.
Donc, nous avons commencé par faire des découvertes dans les
différents gouvernorats égyptiens pour choisir en premier les
joueurs de grande taille. A travers ces athlètes, nous avons
effectué une autre sélection pour ceux dotés d’un mental d’acier
et âgés de moins de 15 ans. Ces cadets ont constitué le noyau
de la nouvelle génération du volley égyptien. Aujourd’hui, les
deux tiers de la sélection nationale sont de ces jeunes athlètes.
Ceux qui ont réalisé le premier exploit du volley égyptien,
en remportant la 4e place aux Championnats du monde cadets 2001.
—
Quel est l’objectif principal de la Fédération égyptienne ?
—
D’importants rendez-vous attendent cette année les sélections
nationales. Le plus important est la Coupe d’Afrique des Nations
(CAN), qui aura lieu en septembre, et les Championnats du monde
2006. Cependant, je tiens à travailler également sur un autre
axe : rendre ce sport populaire. A travers des contrats conclus
avec la télévision pour transmettre nos matchs et le journal
Al-Ahram. J’espère que ce sport, qui ne comporte aucune violence,
sera présent dans tous les foyers égyptiens.
—
Le championnat national de volley-ball se limite à la compétition
que se livrent chaque saison Ahli et Zamalek. Faut-il à votre
avis réformer le système ?
—
Depuis 6 ans, nous appliquons le système des finales à 6 afin
que le vainqueur ne soit connu qu’à la dernière minute. Il est
vrai qu’Ahli et Zamalek sont les seuls clubs égyptiens à avoir
les moyens financiers pour acheter les meilleurs joueurs, ce
qui provoque un déséquilibre au niveau du championnat. Mais
cette saison, j’ai décidé d’appliquer un nouveau système pour
accroître le nombre des matchs. Le champion doit disputer plus
de 42 matchs durant la saison. Nous avons divisé les 24 clubs
de la première division en 4 groupes. Les deux premiers de chaque
groupe seront qualifiés pour disputer le superchampionnat de
2 tours. Enfin, les 4 premiers participeront à la finale à 4
pour jouer 2 tours. Pour les autres clubs qui ont échoué à se
qualifier, ils joueront un championnat de 2 tours pour se classer.
Cette idée très nouvelle en championnat national s’inspire du
Championnat mondial. Ainsi, avec ce système, l’Egypte pourra
avoir un championnat national compétitif et spectaculaire.
—
Vous êtes également le président de la Fédération africaine
de volley-ball. Quel est votre plan de développement de ce sport
sur le continent ?
—
La Fédération africaine de volley-ball est très active et comprend
53 pays membres. Il y a là matière à beaucoup d’ambitions. Mais
avant de dévoiler mes plans, je dois d’abord résoudre les nombreux
problèmes qui existent aujourd’hui. Le volley-ball africain
doit être complètement réformé, à commencer par l’organisation
des compétitions, en particulier celle des clubs. Cela pour
améliorer le calendrier des équipes nationales et leur permettre
de progresser au niveau international. Si nous parvenons à fixer
et à respecter les dates des compétitions africaines, la Fédération
internationale nous permettra d’organiser des tournois internationaux
et apportera une aide matérielle non négligeable.
—
Cela suffira-t-il à faire évoluer le volley-ball en Afrique
?
—
Je veux également renouveler les statuts de la fédération et
inciter tous les pays membres à s’engager à nos côtés, sinon
nous allons droit au mur. Je prends l’exemple des manipulations
et falsifications de l’état civil. Nous savons que de nombreux
joueurs sont plus âgés que ce qui est inscrit sur les documents
officiels. Il faut mettre définitivement un terme à ces agissements
en revoyant les conditions d’enregistrement.
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